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1.La retouche en questions

01/02/2010 | Benjamin Favier
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Wiebke Broecker, pour le magazine Brigitte
Dans le cadre de la décision prise par le magazine féminin allemand de ne plus travailler avec des mannequins professionnels, depuis le début de l’année.

L’annonce fait grand bruit, à l’automne dernier. La députée UMP Valérie Boyer, connue pour ses engagements contre l’anorexie et l’obésité, dépose un projet de loi pour imposer la mention « Photographie retouchée afin de modifier l’apparence corporelle d’une personne » sur les images modifiées. Par ce biais, elle vise principalement la presse féminine et les affiches publicitaires. Mais pas seulement, puisque la photographie d’art est également citée. L’article sera soumis à la ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot, dans le cadre de la révision de la loi sur la santé publique, au second semestre 2010. Ce projet suscite de nombreuses réactions au sein des photographes et des métiers de l’image. À tel point qu’il dépasse le cadre de la santé. En l’état, un tel projet de loi s’avère impossible à mettre en œuvre, tant sur le plan philosophique que juridique (lire chapitre 6). Mais il a le mérite de ramener des questions essentielles sur le devant de la scène. À partir de quel moment considère-t-on qu’une photo est retouchée ? La presse féminine est-elle un cas isolé ? La manipulation n’existe-t-elle pas à travers d’autres procédés que la retouche ? Les réponses sont pour le moins ouvertes.

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  • Bravo pour cette enquête complète et très intéressante.

    Bruno

    • je suis sidéré de voir à quoi peut s’ intéresser un ministre, alors qu’il y a une multitude de choses qui choquent le monde ( les guerres, la faim , les maladies, les viols, les attentats, les suicides, etc...etc...etc....)

      Certains ministres feraient bien de balayer devant leur porte, alors qu’ils ont toutes latitudes pour jeter l’argent par les fenêtres ( vaccins contre la grippe par exemple).

      Toucher à la retouche photographique mais où va-t-on ??? pourquoi ne pas interdire de vendre des cerises rouges ou des oranges rondes.....

      J"arrête là,....... j’ai peur que mon taux de cholestérol ne grimpe trop vite et finisse par exploser....

      Paco.

  • Avec cette loi le surréalisme n’aurait jamais existé. La problématique est : pourquoi les créateurs en arrivent ils a vouloir des mannequins à l’aspect anorexiques ?

  • Un grand bravo pour cet article assez complet qui nous montre une partie de la complexité du problème.

    je retiens particulièrement la dernière partie invitant à plus d’éducation.

    merci pour votre travail.

    • Génial !! ainsi nous aurons Sarko avec des bourrelets, et puis sur les photos de mode nous pourrons voir : ATTENTION en vérité la fille est moche, on a tout refait elle a des poches sous les yeux et 10 kgs de cellulite comme vous , la robe est horrible , elle est mal taillée, la qualité est nulle et ça ne vous ira pas !!

      je pense que ce genre de mention fera rêver beaucoup de monde, les femmes se sentiront mieux sans doutes et les créateurs de mode seront fou de joie,

      je crois que c est n importe quoi, il y a des photos qui sont faites pour faire rêvées et dont la retouche est acceptable, et d autres pour témoigner, le reportage par exemple et qui ne nécessite pas de retouches,

      le problème ne viens pas des images de mode ou des photos de mannequins mais de la société , ne faisons nous pas la chasse aux obèses ?? à la mal bouffe ?? aux calories ??? l’apparence compte plus que l intelligence dans notre société, c est une question d’éducation, la mode les photos ne sont que le reflets de notre mal être, le problème est ailleurs !!

      cette loi est débile, encore un politique qui veut laisser son nom dans l histoire, qui veut s e faire connaitre, il vaudrait mieux concentrer notre énergie sur l éducation et l’information, surtout aux jeunes générations !

    • Cette loi est pensé à la base pour contrer l’effet malsain sur la santé et la psychologie de certains publiques. Malheureusement, je trouve qu’elle n’arrangera rien et qu’elle polluera surtout le travail de beaucoup d’artistes.

      Une retouche reste une retouche quelle soit colorimétrique ou physique. Je ne vois pas l’intérêt d’interdire ou de contrôler l’aspect d’une image travaillé dans un but précis.

      Plus ca va, et plus les libertés disparaissent. La France perd son identité à trop vouloir faire les choses.

      Au lieu d’interdire les retouches, les politiciens devraient peut être supprimé tous simplement les logiciels de retouche, la liberté à l’information, et pourquoi pas aussi notre droit à nous exprimer.

  • Beau boulot de synthèse.

    Je vous invite également à consulter le blog Culture Visuelle qui fournis des éclairages scientifiques et intéressants sur ces questions là.

    Voir notamment :
    http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2009/09/25/1058-la-retouche-ne-tue-pas
    http://culturevisuelle.org/icones/143

    Ou encore :
    André Gunthert, « “Sans retouche” », Études photographiques, 22 | septembre 2008, [En ligne], mis en ligne le 18 septembre 2008. URL : http://etudesphotographiques.revues.org/index1004.html. Consulté le 03 février 2010.

  • Article vraiment intéressant. Je me demande comment se fera l’application de ce futur projet de Loi. Je suis partagé. Montrer des corps de femmes à la maigreur anormale me semble dangereux quand des ados veulent imiter leurs idoles. Une photo "forte" sur quelqu’un de fragile peut faire des dégats.

    A part les cas pouvant porter atteinte à la santé par "imitation", je ne vois pas comment interdire ou réglementer la retouche. Je pense qu’il faudrait faire l’inverse. Créer un label "photo non retouchée" et seules des images aux pixels volontairement inchangés pourraient porter ce label.

    Comme ça, plus besoin de se poser de question. Pas de label, c’est retouché. Le consommateur est informé et la photo peut continuer à faire rèver.

    • En effet, je pense que passer par l’info inverse, c’est-à-dire un label "photo non retouchée" sera bien plus efficace et agréé par les différents milieux (d’autant plus que n’importe quel labo grand public rétablit automatiquement les niveaux de couleurs de toutes les photos)

      En plus, il est très difficile de dire ce qu’est une retouche ? car un rendu dramatique fait à partir de corrections simples de niveaux peut autant, voire plus, transformer l’information (comme les images du dernier volcan) que de retirer le bouton d’achné sur le visage d’un modèle qu’elle n’aurait de toute manière pas eu 2-3 jours plus tôt ou plus tard

  • Je suis tout à fait d’accord en ce qui concerne les photos dans les magazines mais selon moi on ne devrait pas appliquer cette mention sur une photo d’art