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Adobe Lightroom et Camera Raw : encore des mises à jour

15/02/2019 | LAURENT KATZ

Une louche d’intelligence artificielle pour améliorer le décodage des Raw, la prise en charge de nouveaux modèles d’appareils photo, du rattrapage fonctionnel pour LR CC, du partage de photos à la volée avec Lightroom Mobile pour iOS et des améliorations concernant la prise de vue connectée avec les hybrides Nikon de la série Z pour LR Classic CC. Il y en a pour tout le monde !

Deux mois après des mises à jour des différents Lightroom, Adobe récidive avec des évolutions au chapitre desquelles, Sensei – l’intelligence artificielle à la sauce Adobe – frappe encore. Après s’être posée sur la reconnaissance des visages, la recherche du contenu d’une photo ou encore la correction tonale, elle s’attaque ici au décodage des Raw.
À ce jour, seul le capteur Foveon de Sigma capture les données RVB de chaque pixel. Avec les imageurs à matrice de Bayer de la quasi-majorité des modèles, Fujifilm exceptée qui utilise un capteur X-Trans de son cru avec une structure plus complexe de la répétition des filtres RVB, il faut réinventer des données. En effet, ces capteurs sont structurellement monochromes. C’est justement grâce au filtre qui, pour chaque photosite, coiffe la photodiode qui avale la lumière, que l’on obtient la couleur.

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Les capteurs à matrice de filtres colorés.
(doc. Adobe)

Pour un pixel, c’est juste du rouge, du vert et du bleu, un algorithme se chargeant, par interpolation, à partir des points environnants, de recalculer ce qu’il estime être les composantes manquantes. Par exemple le rouge et le vert, pour les photosites couverts d’un filtre bleu. Ce qui ne va pas sans jouer sur le rendu des couleurs et des détails les plus fins, surtout dans les zones aux structures complexes, alors que les aplats de couleurs, même avec des variations comme dans le ciel, sont plus faciles à gérer. Adobe Sensei a injecté de l’intelligence artificielle, et donc de l’apprentissage, pour améliorer le rendu des détails les plus fins. Mais pas seulement, car on se rend compte que les couleurs gagnent aussi en saturation. Pas spectaculairement, mais visiblement quand même.

La fonction est gourmande en ressources. Il faut un système d’exploitation récent, Windows 10/1809 ou macOS 10.13, avec Apple Core ML ou Microsoft Windows ML (Machine Learning), plus de la puissance. Une carte graphique de pointe, comme celle employée par les amateurs de jeux vidéo 3D, est recommandée. Ceux qui trouvent longuette la technique de réduction de bruit Prime de DxO s’arracheront les cheveux, car avec un ordinateur ancien, cela peut durer quelques minutes ! Pour un résultat appréciable, je l’ai expérimenté sur des Raf sortis d’un Fujifilm X-T20, et qui sont transcrits en DNG. En l’état actuel, ce n’est pas une fonction qui s’intègre au flux de travail pour traiter des dizaines ou centaines de Raw.

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A gauche, le développement standard, à droite celui qui emploie l’amélioration des détails fondée sur l’IA. En 1, on voit que les points sont plus réguliers avec le nouvel algorithme. En 2, on constate plus de saturation et de discrimination dans les couleurs. La photo émane du capteur X-Trans de 24 Mpxl du Fujifilm X-T20 (cliquer pour agrandir).
(photo LK)

La procédure est accessible depuis LR CC (version classique ou non), par exemple par le menu Photo > Accentuation des détails… ou depuis Camera Raw par le menu contextuel d’une vignette dans le film fixe.

Au chapitre des nouveaux Raw pris en charge figurent les Nikon A1000,Olympus OM-D E-M1X et Sony A6400.

Du côté de LR Classic CC, si l’on met de côté la modification du traitement des Raw, l’évolution la plus notable concerne la prise de vue connectée avec les appareils Nikon, plus rapide et stable aux dires d’Adobe. Les réglages d’exposition (vitesse, ouverture, sensibilité) et de balance des blancs sont assurés.

Du côté de LR CC, Adobe introduit les modes de fusion panoramique, HDR ou panoramique plus HDR combinés. Avec des ajustements minimalistes.

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Arrivée des modes de fusion dans LR CC (cliquer pour agrandir).
(photo LK)
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Les réglages de la fusion HDR (cliquer pour agrandir).
(photo LK)

En matière de réglages, on voit que petit à petit, l’écart avec la version Classic se comble, même si la différence reste importante. Ainsi, est-il possible de mettre en valeur, depuis l’histogramme, les pixels écrêtés, dans les hautes et basses lumières. Et les réglages ciblés (on clique dans l’image avant de faire glisser le pointeur horizontalement dans un sens ou l’autre pour que l’ajustement s’applique sur l’ensemble en tenant compte de la zone choisie) arrivent, pour la courbe de niveau, les couleurs en mode Teinte, Luminosité et Saturation. Autre modification, dans les Préférences, la vue Personnes est désactivable, pour que la recherche des visages soit mise au repos.

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Des triangles, dans l’histogramme, activent les indicateurs de pixels écrêtés, ici en bleu et en rouge (cliquer pour agrandir).
(photo LK)
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Les réglages ciblés dans LR CC.
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Ici, le réglage ciblé concerne la courbe de niveaux et plus précisément les zones sombres, car c’est là que le clic est intervenu dans la photo (cliquer pour agrandir).
(photo LK)

Les applications mobiles bougent aussi, mais à des degrés divers. Du côté d’Android, c’est le service minimum, c’est-à-dire rien ou quasiment. Ce qui se trame est caché, avec des modifications préparatoires, en vue de l’introduction de nouvelles fonctions, comme dans la version sous ChromeOS. Seule LR Mobile pour iOS bénéficie d’une nouveauté bien pratique : celle de publier des photos à la volée sur le Web, sans avoir à les placer au préalable dans un album et publier ce dernier. En autorisant ou pas l’affichage des métadonnées et la faculté de télécharger les images.

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Une succession d’écrans, sous LR Mobile iOS, sert à créer une galerie à la volée, sans passer par la publication d’un album. On y choisit les photos et Partage sur le Web, puis les options de partage, suivies des options d’affichage, avant de lancer la création et l’envoi du lien de consultation aux personnes concernées (cliquer pour agrandir).

- Le site d’Adobe

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