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Agnès Varda : décès de la photographe et réalisatrice

29/03/2019 | Sandrine Dippa

Agnès Varda est décédée vendredi 29 mars à 90 ans. Pionnière de la Nouvelle Vague, la réalisatrice était aussi une figure de la photographie.

La photographe, réalisatrice et plasticienne, Agnès Varda, née Arlette Varda le 30 mai 1928 à Ixelles en Belgique, est décédée dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 mars. « La réalisatrice et artiste Agnès Varda est décédée chez elle dans la nuit des suites d’un cancer. Sa famille et ses proches l’entouraient », a annoncé sa famille dans un communiqué relayé par l’AFP. Elle avait 90 ans. La carrière de la matriarche de la Nouvelle Vague - notamment cinématographique - fût récompensée par de nombreux prix : César d’honneur (2001), prix René-Clair de l’Académie française (2002), Palme d’honneur au Festival de Cannes (2015) et un Oscar d’honneur il y a deux ans.

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Varba/Cuba
Relié, toilé
21 x 28,5 cm, 171 pages, 164 photographies N&B et documents d’archives.
Textes : Entretien avec Agnès Varda par Karolina Ziebinska-Lewandowska,
Éditions du Centre et Xavier Barral

Les trois vies d’une artiste engagée

C’est en 1954 que celle qui partagea la vie de Jacques Demy débute sa carrière de réalisatrice, sans formation ni assistant, en créant la coopérative Ciné-Tamaris. « J’étais très indépendante, je n’ai pas fait d’études… enfin j’ai fait des études moi-même en allant à des cours formidables. Je voulais apprendre mais, je ne voulais pas être étudiante, je ne voulais pas avoir d’examen. Je n’ai pas plus que le bac, mais j’ai beaucoup appris », avait d’ailleurs confié la « Mamita Punk », comme la surnommaient ses petits-enfants, sur Radio Nova dans le cadre de l’émission « Dans les yeux de… ». Autodidacte, celle qui est devenue photographe et cinéaste en pratiquant (elle confira : « Quand je suis devenue photographe, j’ai commencé à regarder des photographies, quand je suis devenue cinéaste, j’ai commencé à regarder des films. » ), réalisera une trentaine de films dont Cléo de 5 à 7 (1967), La pointe courte (1955), Sans toit ni loi (1982) et plus récemment le documentaire Villages Visages (2017), coréalisé avec JR. Dans sa vie il eut aussi les installations mêlant le plus souvent la vidéo et l’objet, à l’image de Patatutopia (2003), une installation visuelle et sonore sur trois grands écrans rendant hommage « aux patates abandonnées, ratatinées et germant à nouveau ». Elle commence à les monter en 2003 lors de la cinquantième Biennale de Venise avec Utopia Station. Il eut aussi Le Passage du Gois, présenté lors de l’exposition, L’île et Elle à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain, en 2006, ou encore Le Triptyque de Noirmoutier (2005), trois films 35 mm réalisés sur trois écrans en bois pliables.

C’est cependant avec la photographie que tout a débuté lorsque l’artiste, reconnaissable à sa légendaire coupe au bol bicolore, commence à l’étudier en auditrice libre à Paris. En 1948, à tout juste 20 ans, lors la deuxième édition du festival d’Avignon, Jean Vilar, lui propose de documenter la célèbre manifestation sous les conseils du photographe Mario Atzinger. Quatre ans plus tard, elle deviendra la photographe officielle de l’évènement ainsi que celle du Théâtre National Populaire de Chaillot. Une trentaine de portraits de stars et d’inconnus réalisés dans ce cadre, entre les années 50 et 60, ont été présentés lors de l’exposition Une barrière ouverte à l’Institut Lumière de Lyon, en 2016.

La carrière photographique de celle qui laissait « une barrière ouverte entre la photographie et le cinéma » fût aussi marquée par des sujets réalisés à travers le monde (Chine, Portugal, Allemagne…) et notamment à Cuba. Pour cette série, réalisée à La Havane quelques mois après la crise des missiles au début des années 60, elle photographie le quotidien des Cubains, les discours de Castro face aux foules conquises, les danses de rue ou encore la coupe de la canne à sucre. Ce travail, intitulé Vada/Cuba, sera notamment exposé au Centre Pompidou en 2016 et fera l’objet d’un film d’une trentaine de minutes (réalisé en 1964) et d’un livre paru aux éditions Xavier Barral. En dehors de cette riche vie artistique, de l’artiste, on retiendra aussi l’engagement. Féministe, en 1971 elle était, entre autres, signataire du « Manifeste des 343 » appelant à la légalisation de l’avortement.

Agnès Varda laisse derrière elle une œuvre fertile, dont une grande partie est entrée dans les collections de nombreuses institutions (Centre d’Art de Chamarande (France), Fondation Cartier pour l’Art Contemporain (France), RAC Alsace (France), MoMA (USA)…). Depuis l’annonce de sa disparition, les personnalités du monde de la culture lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux.

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