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Appel au soutien pour Joao Silva, photojournaliste

08/12/2010 | Benjamin Favier

Joao Silva a perdu ses deux jambes lors de l’explosion d’une mine en Afghanistan, en octobre dernier. Des proches du photojournaliste ont créé un site Internet pour réunir des fonds et le soutenir dans sa terrible épreuve.


« I’m good. I’m good baby. » En substance, tout va bien. Ce sont les mots adressés au téléphone à Michele McNally, directrice photo du New York Times, par Joao Silva, relate un article du Los Angeles Times daté du 26 octobre. Le photographe, en reportage en Afghanistan pour le quotidien américain, vient de sauter sur une mine, le 23 octobre, près d’Arghandab, au sud du pays. Carlotta Gall, la rédactrice qui l’accompagnait, s’en sort indemne. Ils étaient tous les deux « embedded » (embarqués) au sein de la quatrième division d’infanterie de l’armée américaine. Le photographe sud africain a « toujours eu un penchant pour le danger et le risque, mais il n’est pas inconscient », écrit à son sujet le photographe Greg Marinovitch sur son blog. Ce dernier, est à l’origine de la création du site, avec sa femme Leonie. Très proche de Silva, il faisait aussi partie du Bang Bang Club (groupe de photographes sud africains né lors de la couverture des conflits ethniques en Afrique du Sud avant les premières élections démocratiques de 1994, autour duquel gravitèrent des photographes comme James Nachtwey). Un film éponyme a d’ailleurs été réalisé cette année. Silva a collaboré sur le tournage.
Actuellement hospitalisé à Washington, Joao Silva a quitté l’unité de soins intensifs le 2 décembre. Il a perdu ses deux jambes. Dans une courte vidéo sur Lens, blog du New York Times dédié au photojournalisme, on le voit, entouré de sa femme et de Michele McNally, consulter les images qu’il a prises avant et après l’explosion. Il s’exprime difficilement.
L’association Support Joao Silva Photojournalist a pour but de soutenir le photographe et sa famille dans leur épreuve. Elle est gérée par l’ONG Hekaya Digital Storytelling. Le New York Times se charge de régler toutes les factures médicales. On peut ainsi faire un don, acheter des tirages, ou écrire un message.
Une initiative qui mérite d’être saluée. Le site de Joao Silva permet de mesurer le courage dont il a fait preuve dans toutes les zones de conflits où il s’est rendu.

- Le site de l’association Support Joao Silva Photojournalist
- Lens, blog du New York Times dédié au photojournalisme
- Le site de Joao Silva

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  • Il faudrait arrêter ce corporatisme. Ce serait un ouvrier, un plombier, etc. tout le monde s’en moquerait. Parce que c’est un JOURNALISTE, il serait au dessus des autres. Certes, c’est regrettable. Mais c’est un accident du travail. Ce type a fait le choix d’aller là-bas, il est payé pour...
    Je trouve assez pathétique ces journalistes qui PRÉTENDENT "dénoncer" la pauvreté ou autre et qui font des expositions au retour dans de belles Galeries Parisiennes. Que font-ils de cet argent bien gagné ? En reversent-ils une part à ceux grâce à qui ils gagnent de l’argent !!!
    Que l’on ne nous parle pas non plus de la liberté de la Presse. On nous raconte ce que l’on veut bien nous raconter, ce que l’on veut bien entendre...
    Aujourd’hui, la presse ne raconte plus un fait, elle commente, elle politise. On ne vous demande pas votre avis. On vous demande juste de rapporter un événement.
    On le voit aussi avec les différentes affaires en France. Je n’aime pas Sarkozy mais je n’aime pas non plus l’attitude de la Presse. Exemple : le "cambriolage" chez Royal. La Presse et Ségolène ont tout d’abord sous entendu que c’était un fait de Sarkozy... Aujourd’hui, on découvre que c’est une gamine de 14 ans qui a commis le cambriolage. Même chose avec la Rue 89...

    • Cher monsieur,
      vous portez un jugement personnel sur la profession. Vous en avez le droit. Ce forum est un espace de discussion et de débats. Chacun est libre de s’exprimer ici, tant qu’il le fait de manière saine. J’aimerais cependant apporter quelques précisions par rapport à vos griefs. Corporatistes ? Au-dessus des autres, les journalistes ? Rien de tout cela ici. Il s’agit simplement de souligner une belle initiative sur le plan humain, qui va bien au-delà des questions de corporations. Il se trouve que nous sommes un media spécialisé dans la photo. Cela ne vous aura pas échappé. L’intitulé est on ne peut plus clair et ne peut flouer le lecteur sur le contenu proposé sur ce site. On parle de matériel, de technique, mais aussi des acteurs, professionnels ou amateurs qui animent cet univers qui nous passionne. L’exemple que vous citez (le cambriolage de Ségolène Royal) concerne plutôt la presse généraliste.
      « Aujourd’hui, la presse ne raconte plus un fait, elle commente, elle politise (…) On vous demande juste de rapporter un événement. » Difficile de vous donner tort sur le fond. Mais gare aux généralités ! Cette dérive, on la constate de plus en plus sur les chaînes d’informations en continu et de grandes antennes de radio. Mais Joao Silva et ses collègues, habitués à couvrir les zones de conflits, ne sont pas dans le commentaire. Loin de là. L’utilisation qui est faite de leurs images dépend des éditeurs. Si une grande responsabilité leur incombe, ils ont rarement la main mise totale sur leur travail. Ainsi, la publication de livres ou d’expositions leur permet d’aller plus en profondeur. Et oui, la plupart ont lieu dans des galeries parisiennes. Qu’y a-t-il de « pathétique » là-dedans ?
      Ne mélangeons pas tout. La presse n’est pas exempte de défauts. Vous et de nombreux Internautes sont là pour le rappeler. Mais il ne faudrait pas taper systématiquement sur les médias. Dans le cas de Joao Silva, c’est injuste. Lui n’a jamais parlé de complots visant Ségolène Royal ou donné son avis sur la neige qui tombe, les roues qui patinent et les piétons qui glissent…

      Cordialement,

      Benjamin

    • C’est trop facile de déclarer les photographes comme "Non Coupable".
      Rappelez-vous ces photographes et cameramen qui manipulaient les enfants dans les camps pendant la guerre entre les Hutu et les Tutsi pour faire des photos sensationnelles. Ce n’est pas le seul cas d’espèce.
      Vous me faites penser à ces scientifiques comme Einstein et Oppenheimer qui déclaraient ne pas se "rendre compte" de ce qu’ils créaient... Ils ont créé la bombe. Je vous invite à écouter le sketch sur ce sujet de Pierre Desproges.
      À qui allez vous faire croire que le photographe ne sait pas ce qui va être fait de ses photos !!! Il les vend que je sache, il perçoit des Droits sur les utilisations présentes et à venir. Un journaliste qui va en Irak ou autre pays À RISQUE connait les risques qu’il prend. Il doit les assumer. Il n’est pas parti là-bas en vacances.
      Je n’ai JAMAIS vu, lu, entendu un photographe protester de l’usage fait de ses photos. Sinon, une seule fois pour une photographie utilisée par le Front National.
      Vous vous apitoyez sur un photographe blessé alors que vous n’en avez cure des dizaines d’enfants, de femmes et d’hommes qui MEURENT dans ce même pays TOUS les jours..
      Le même Pierre Desproges disait qu’il est facile d’être contre un Dictateur quand on est à... 1 000 kilomètres de lui...
      Les journalistes, OUI, sont des corporatistes et qui aiment le sensationnel. Pendant des années, ils se sont soucié de Ingrid Bétancourt en Colombie pendant sa "détention" parce que c’était VENDEUR. Pendant cette même période, un homme du sud-ouest de la France était prisonnier LUI AUSSI des mêmes FARC. Seule sa famille s’est mobilisée pour lui. Quand il est revenu en France, après de longues années de captivité ; qui s’est soucié de LUI ???
      Parlez-nous de Photo, là vous êtes EXCELLENT...
      NOUS SOMMES TOUS RESPONSABLE DE NOS ACTES.
      Il faut cesser cet angélisme à la "Française"...

    • Vous maîtrisez à merveille l’art du raccourci et de l’amalgame !

    • C’est bien parce que nous sommes tous responsables de nos actes, qu’il serait bon de ne pas oublier de temps en temps certaines lapalissades... Si le sensationnel se vend, c’est parce qu’il s’achète. Vous citez Desproges, je citerais Coluche... Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne les achètent plus pour que ça s’vende pas. Il y a une offre, il y a une demande, quel est l’oeuf, quelle est la poule, peu importe, il y a une rencontre. Si cette rencontre avilie l’humanité, alors travaillons sur l’offre et sur la demande pour que la rencontre ne se fasse plus. C’est nettement moins facile que de taper sur telle ou telle corporation, mais c’est pourtant ainsi qu’on change les choses. Interdire ici ne changerait rien, on commence à le savoir tout de même sur notre petite planète, non ?

      Quant au corporatisme des journalistes... oui, peut-être... mais n’est-ce pas aussi nous-mêmes, encore une fois, qui donnons "un peu" trop d’importance à ce qui est médiatisé et pas assez à ce qui ne l’est pas ? A-t-on vraiment besoin du logo "vu à la télé" ou "entendu à la radio" ou "twitté 150fois en 3mn"... pour penser que telle information est vraiment importante, que tel évènement est vraiment utile, que telle personne est vraiment sympathique ?

      A attendre passivement l’information, seule la plus générique, la moins fouillée nous parvient.

      Oui, nous sommes tous responsables de nos actes, écrits et lectures.

      PS : Desproges préférait être à 10 000km de Santiago pour critiquer... parce qu’on ne sait jamais... de nos jours, les rues de Paris ne sont plus sures...

    • "Pierre Desproges disait qu’il est facile d’être contre un Dictateur quand on est à... 1 000 kilomètres de lui" ...de même que dans nos démocraties, il est facile et de bon ton, pour certains dont vous me semblez être, de s’indigner de tout et son contraire (question : les dictateurs, allez-vous leur dire leurs quatre vérités en face ?). Vos propos -dans les circonstances évoquées- sont d’une indécence rare et ne vous honorent pas.

    • "Il faudrait arrêter ce corporatisme. Ce serait un ouvrier, un plombier, etc. tout le monde s’en moquerait. Parce que c’est un JOURNALISTE, il serait au dessus des autres".

      Un peu de corporatisme (ce n’est pas un gros mot) fait du bien dans une profession aussi individualiste que celle de photographe (dont je fait partie). Si les photographes étaient un peu plus soudés, ils auraient moins de mal à faire entendre leurs revendications et à faire voter des lois qui protègent leur profession.
      Si nous étions sur un site de sports extrême et qu’un surfer pro se soit fait bouffer les jambes par un requin, je pense que la communauté aurait pu tout aussi bien se mobiliser. Et pourtant, ces types là savent aussi ce qu’ils risquent. Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant.

      Les reporters de guerre sont des types exceptionnels, qui se shootent à l’adrénaline et pour qui informer est une vocation au risque de perdre la vie. Les photos qu’ils produisent sont faites dans des conditions où 99% des gens "normaux" seraient paralysés par la peur. Maîtriser l’aspect technique, voire sortir des clichés artistiques dans de telles conditions, moi ça me scotche ! Alors je respecte cet engagement tout autant que j’apprécie l’information que ces images transmettent. Même si je n’ai pas la naïveté de croire que nous sommes à l’abri des manipulations.

      "Pierre Desproges disait qu’il est facile d’être contre un Dictateur quand on est à... 1 000 kilomètres de lui..."
      Là, nous sommes d’accord sur le mérite des reporters de guerre qui travaillent au coeur des conflits

      Vous dites enfin :" Vous vous apitoyez sur un photographe blessé alors que vous n’en avez cure des dizaines d’enfants, de femmes et d’hommes qui MEURENT dans ce même pays TOUS les jours."

      Mais qu’est-ce qui peut bien vous faire croire ça ? Au contraire, le meilleur moyen d’avoir ces atrocités en tête et d’avoir envie d’agir, c’est de se les prendre en pleine poire, et pourquoi pas en galerie si c’est un moyen de sensibiliser. Quant à l’argent gagné avec de telles photos, je vous souhaite d’en gagner plus dans votre job, certainement plus pépère.

      Ben