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Canon EOS 5D : j’ai dix ans…

22/08/2015 | Franck Mée

Le 22 août 2005, Canon annonçait un nouveau reflex : l’EOS 5D. Ce premier reflex numérique 24 x 36 mm proposé à un tarif « abordable » est resté sans concurrence pendant trois ans : retour sur un moment historique.

Souvenez-vous. Nous sommes en 2005. Le standard universel des appareils reflex, c’est le capteur APS-C : ce format équipe la quasi-totalité des modèles, du Pentax *ist DS au Canon EOS 20D en passant par le Minolta Dynax 7D, le Nikon D200, le Fujifilm S3 Pro… et même le télémétrique Epson R-D1. Seul Olympus fait bande à part avec le 4/3" du E-1 et du très original E-300, mais ils restent dans la même catégorie.

Pour avoir un capteur plus grand sans passer au moyen-format, vous n’avez pas moult solutions : vous allez chez Canon, qui vous offre le choix entre un EOS-1D Mk II, avec un capteur de 19 x 27 mm et de 8 Mpx pour environ 4 500 €, et le très convoité EOS-1Ds Mk II, avec un capteur « plein format » de 24 x 36 mm et 16 Mpxl pour la bagatelle de 8 000 €.

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Canon EOS-1Ds Mk II : le presque unique numérique 24 x 36 mm du marché début 2005 – les seuls autres étant les rares Kodak DCS Pro SLR. Crédit : Rama, licence CC-BY-SA.

Pis, personne ne se bouscule pour remettre en question le quasi-monopole de Canon : Pentax ne semble pas avancer sur son MZ-D, Contax a arrêté le N Digital il y a deux ans, les Kodak DSC Pro SLR peinent à trouver leur place, Minolta n’a pas annoncé d’appareil professionnel, et Nikon vous explique que le format « DX » de ses D2H et D2X est le meilleur compromis, le 24 x 36 mm « argentique » n’ayant guère d’intérêt en numérique.

Coup de tonnerre dans un ciel d’azur

Dans ces conditions, Canon pourrait se contenter de capitaliser sur ses acquis. C’est donc un moment marquant quand la marque décide, sans pression extérieure, de démocratiser le full frame : le 22 août, elle annonce l’EOS 5D, lancé à moins de 3 500 €.

Logiquement, l’appareil n’a que peu en commun avec l’EOS-1Ds Mk II. Le châssis rappelle beaucoup celui du modèle expert APS-C, l’EOS 20D, la principale différence étant le viseur proéminent (qui a supprimé le flash intégré) ; l’EOS 5D emprunte également à son petit frère un autofocus assez basique à 9 points, contre 45 sur les modèles professionnels. Le mode Rafale se contente de 3 im/s et le boîtier n’a pas protection particulière contre les intempéries, autant de grosses différences qui éviteront que les professionnels se détournent du modèle deux fois plus cher.

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Capteurs Canon APS-C (à gauche) et full frame (à droite).

Cependant, l’EOS 5D a marqué son époque. Seul reflex plein format presque abordable jusqu’à l’arrivée coup sur coup, en 2008, du Nikon D700, du Sony α900 et du… Canon EOS 5D Mk II, il a tout au long de sa carrière proposé une qualité d’image unique dans sa gamme de prix : à 1 600 Iso, il délivrait même des images légèrement moins bruitées que l’EOS-1Ds Mk II et écrasait tous les appareils à petit capteur. La gestion de la profondeur de champ en faisait une arme de choix en portrait et son capteur supportait particulièrement bien les hautes lumières – pour l’époque, et à condition d’enregistrer en Raw.

Bien entendu, aujourd’hui, nombre d’appareils APS et 4/3" proposent une meilleure sensibilité, une meilleure dynamique, une meilleure colorimétrie, un autofocus plus performant et une protection tout-temps… Quant aux modèles 24 x 36 mm, il s’en trouve désormais pour presque trois fois moins cher (Sony Alpha 7, désormais à 1300 € au catalogue) et ils proposent des qualités dont l’EOS 5D n’a jamais rêvé.

Mais dix ans plus tard, si vous vous demandiez quel appareil faisait rêver la presse hi-tech à la fin de l’été 2005, c’était bien lui.

- Le site de Canon

- Crédit photo d’ouverture : Charles Lanteigne, licence CC-BY-SA

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Messages

  • Sur un forum photo il est encore diablement d’actualité et régulièrement dans les 2 premières pages :)

  • 3500 euros au départ, aujourd’hui, on les trouve à 500 euros, mazette, ça dévalue plus qu’une voiture !

  • Quelques remarques par rapport à cet article :

    - En 2005, la plupart des concurrents de Canon avaient fait le pari du CCD et commençaient seulement à se
    réorienter en catastrophe vers le CMOS (Nikon D2X, 2004 ).

    - Le seul CCD 24x36 disponible sur le marché était totalement dépassé par les CMOS 24x36 de Canon voire
    les CCD APSC de Sony. L’échec commercial du Contax N Digital était donc assez logique et Pentax avait
    renoncé depuis longtemps à son projet de MZ-D équipé de ce même capteur .

    - Nikon avait étudié une alternative aux CCD Sony et CMOS avec son JFET LBCAST mais cette option n’a jamais tenu ses promesses (Nikon D2 H, 2003 ) ; en fait, Nikon s’était déjà orienté vers le CMOS 24x36 dès
    2003 mais tenait un discours de "langue de bois" en attendant l’arrivée du D3 (2007)

    - Kodak avait bien un capteur 24x36 CMOS mais celui-ci était loin d’être aussi performant que celui de Canon.

    La concurrence était donc en pleine mutation et Canon en a profité pour accentuer son avance pour avoir fait un meilleur choix technologique au tournant du siècle (premier reflex CMOS dès 2000 avec le D30).

  • Sniff... Une petite larme pour le mien que j’ai revendu il y a 6 mois.
    C’est marrant, en lisant l’article, j’ai vraiment l’impression que le 5D etait un appareil "au rabais" sur enormement de points. Pourtant, en regard de sa construction et de sa qualite d’images (a bas ISO surtout), c’est mon 6D qui fait "jouet"maintenant. Comme quoi les temps changent...

  • @ Sebas_

    Boîtier au rabais, c’est un peu exagéré.
    Certes, ses caractéristiques techniques étaient dégradées par rapport au 1 Ds II...mais celà n’a pas empêché de nombreux photographes professionnels de l’adopter !!!
    Son plus gros défaut à mes yeux était son module AF "famélique" et souvent mal réglé ; Canon n’avait même pas prévu
    de vrai système de calage (défaut corrigé sur le 5 D Mk II) permettant de limiter le back focus (ou front focus) et les possibilités de réglages des techniciens du SAV étaient limitées.
    Pour le reste, le 5D avait l’avantage d’être totalement compatible avec l’immense gamme optique EF ainsi qu’une partie des objectifs compatibles...ce qui m’a permis de conserver mes objectifs de l’ère argentique...