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Canon EOS M : doublement hybride

23/07/2012 | LAURENT KATZ

On ne dira plus s’il n’en reste qu’un à propos de Canon. Son engagement, inéluctable, dans l’hybride est clairement affirmé avec un modèle qui n’est pas donné et qui manifeste de franches similitudes techniques avec l’EOS 650D.

Présentation

En préambule de cette présentation, il faut préciser pourquoi, contrairement à nos habitudes, il n’y a ni photos personnelles du boitier ni descriptif illustré de l’interface. Canon n’a pas souhaité que nous prenions et publiions des clichés autres que ceux qu’elle nous a fournis.


Tous y étaient venus, sauf Canon qui, au fil des ans, restait la seule à ignorer, en apparence, la nouvelle catégorie d’appareils photo située entre les reflex et les compacts. À la sortie du compact expert à grand capteur, leG1 X, beaucoup se sont demandés, moi inclus, si l’appareil n’était pas le prélude annonciateur d’une gamme d’hybrides. Eh bien pas du tout. Peut-être est-il l’initiateur d’une nouvelle gamme destinée à prolonger la série G actuelle, qui montre ses limites en raison d’un petit capteur de 1/1,7 de pouce (profondeur de champ, hautes sensibilités, format d’image 4 /3). Pas de quoi satisfaire pleinement celui qui cherche l’alter ego quotidien de son reflex ou celui qui au contraire, ayant un compact, souhaite accéder à un niveau qualitatif franchement supérieur, la souplesse et l’évolutivité en plus.

Tenant compte de ces arguments, constatant le succès des Nikon 1, visant une clientèle aisée qui recherche « la belle photo sans être photographe », Canon a élaboré son premier hybride. Confortée par une enquête menée en Europe qui montre l’attachement des consommateurs à une marque. 35 % d’utilisateurs de compacts, toutes marques confondues, disaient envisager l’hybride si s’était un Canon. Fort de cela, Canon a joué à fond la carte notoriété en baptisant le nouveau-né EOS M, persévérant avec la nouvelle monture qui s’appelle tout naturellement EF-M. Au lancement, la panoplie d’optiques devrait, sauf annonce-surprise, se résumer à un duo. Un pancake 22 mm f/2 (35 mm, éq. 24 x 36) et un zoom stabilisé 18-55 mm f/3,5-5,6 (29-82,5 mm, éq. 24 x 36), tous les deux dotés de la nouvelle et silencieuse motorisation STM.

Mon cousin l’EOS 650

Sur ces bases markéting ainsi posées, il est logique que le premier modèle présente des atouts appréciables et des omissions contestables. Une première ébauche de son portrait serait de le considérer comme un EOS 650D dénué de visée reflex et de LCD orientable. Ce que montre l’analyse de sa fiche technique. Le capteur Cmos de 18 Mpxl est de type hybride, assurant en visée sur LCD (photo et vidéo) une mise au point grossière par détection de phase et un réglage fin par détection de contraste. Comme Nikon, qui emploie pour ses hybrides un capteur avec des photosites particuliers, dédiés à la détection de phase, Canon ne communique pour l’instant pas sur les détails technologiques de cet imageur. La visée se pratique exclusivement sur l’afficheur tactile multipoint (comme celui du 650D), coiffé d’un verre endurci. Il n’y a pas de connecteur pour un viseur électronique, ce qui risque de déplaire à certains. Canon n’a pas rendu le LCD orientable, arguant que l’épaisseur du boitier en aurait pâti. Un argument peu crédible, car l’EOS M, sans être énorme, n’est pas non plus fluet. Deux ou trois millimètres en plus n’auraient pas gâché la fête. Sa fabrication repose sur du polycarbonate armé de fibre de verre pour la partie externe, mais à l’intérieur, c’est acier et alliage de magnésium. Canon propose plusieurs finitions : noir, blanc, rouge et argent. Et pour le système de dépoussiérage du capteur, c’est un système à vague d’ultrasons, comme sur le reflex pro EOS-1 DX, qui est mis en œuvre. Traitement d’image, correction du vignetage et des aberrations chromatiques, tout est orchestré par un processeur Digic 5.

Ambivalence

Même si la cible n’est pas l’expert affirmé, le parcours des menus, dotés d’une structure à onglets, montre un niveau d’ajustement digne d’un reflex évolué comme l’EOS 650D. Mais pas avec le niveau de personnalisation d’un EOS 7D. C’est simple, lors de la rapide prise de contact initiale avec le boitier, je n’ai pas vu de touches programmables ou de configuration utilisateur. D’ailleurs, s’il y a bien une roue codeuse à l’arrière, nulle molette ne vient saillir à l’avant et nul sélecteur de mode ne pointe le bout de son nez. Juste un commutateur à trois positions : l’automatisme intelligent, les modes Photo et Vidéo. C’est par la position intermédiaire que l’on accède aux modes PASM et Scènes. Et une fois la touche Q activée, on entre dans un affichage montrant les réglages opérationnels, ajustables in situ.

La vidéo est naturellement de type Full HD, bénéficiant d’une entrée micro et d’une paire de vumètres, non visualisables en temps réel pendant le filmage. Canon a reporté de l’EOS 650D le mode HDR et la photo de nuit par empilement de plusieurs vues prises en séquence. Les effets habituels sont là, mais le mode Panorama par balayage est toujours absent.

Un prix médaille d’or

Le flash n’est pas intégré, mais, contrairement à Nikon qui facture scandaleusement cher un petit flash optionnel, Canon fournit le nouveau et modeste Speedlite 90EX. Maintenant, au prix auquel est vendu l’EOS M avec le zoom 18-55 mm STM, ce n’est que justice. Car il faudra débourser 899 € pour le kit de base. Et attendre octobre pour le double kit comportant en plus le pancake de 22 mm, prévu pour environ 1 100 €. Tout cela parait bien onéreux quand un 650D et son 18-55 mm ne valent qu’une cinquantaine d’euros supplémentaires.

Aujourd’hui, un NEX-5N coute 699 € en kit et franchement, si l’on considère que cet hybride APS-C de 16 Mpxl bénéficie du mode Panorama, de rafales et d’un HDR plus performants, d’un LCD inclinable, on se dit que Canon a placé la barre un peu haut. Sans parler du NEX-F3 à 599 € ou de l’hybride Micro 4/3 Panasonic DMC-G5 à visée électronique et LCD multidirectionnel, vendu en kit pour 750 €. On frémit d’avance si Canon sortait un hybride expert avec visée incorporée. Mais d’ici là, la distribution aura sans doute vite fait de raboter le tarif officiel.

La disponibilité est annoncée pour début octobre. Et comme Canon indique qu’il s’agit « du premier représentant d’un nouveau système », on est impatient de connaître le prochain opus.

Fiche technique

  • Capteur : Cmos 22,3 x 14,9 mm 18,5 Mpxl
  • Définitions maxi. : [3/2] 5 184 x 3 456 [4/3] 4 608 x 3 456 [16/9] 5 184 x 2 912 [3/2] 3 456 x 3 456 pixels
  • Vidéo maxi : 1 920 x 1 080 (24, 25 et 30 im/s, H.264)
  • Protection du boiter : -
  • Stabilisateur : Sur certaines optiques
  • Wi-Fi : -
  • GPS : Opt.
  • LiveView : Oui
  • Nettoyage du capteur : Oui
  • Sensibilité : 100 à 25 600 Iso
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raw, Mov
  • Espace de couleurs : AdobeRGB, sRVB
  • Monture : Canon EF-M
  • Coefficient multiplicateur : 1,6x
  • Mise au point auto. : Hybride par détection de phase et détection de contraste sur le capteur
  • Zones de mise au point : 31 (détection auto ou manuelle), reconnaissance de visage (LiveView)
  • Illuminateur AF : Led
  • Mise au point  : Automatique au déclenchement ou avec suivi, continue, manuelle
  • Mode d’exposition : PASM, Intelligent Auto, Creative Auto, modes Scènes, filtres créatifs, HDR
  • Mesure de l’exposition : TTL
  • Plage d’exposition : IL 1-20
  • Type de mesure : Évaluative multizone, pondérée centrale, sélective, ponctuelle
  • Histogramme : Prise de vue et consultation (luminance ou RVB)
  • Compensation d’exposition : +/-3 IL par 0,3 ou 0,5 IL
  • Bracketing d’exposition : 3 vues vues (+/-2 IL par 0,3 ou 0,5 IL)
  • Vitesse : 1/4 000 à 30 s
  • Vitesse de synchro X : 1/200 s
  • Rafales : 4,3 im/s (6 Raw, 17 Jpeg) sans AF, 3 im/s avec AF
  • Retardateur : 2 ou 10 s
  • Balance des blancs : Auto, préréglée (6), manuelle (1), décalage bleu/ambre ou magenta/vert
  • Bracketing balance des blancs  : oui (3 images)
  • Réglages divers : 6 styles d’image prédéfinis et 3 personnels (contraste, saturation, accentuation, teinte), mode monochrome avec filtres
  • Prise flash : Griffe
  • Contrôle du flash : E-TTL II, contrôle flashs sans fil
  • Flash intégré : -
  • Compensation d’exposition au flash : +/-2 IL par 0,3 ou 0,5 IL
  • Commentaires sonores : -
  • Visée : -
  • Moniteur : LCD tactile multipoint 3 pouces orientable, 1,04 Mpts format 3/2
  • Écran LCD de contrôle : -
  • Visée LCD temps réel : Oui, avec grille, histogramme L ou RVB, simulation exposition
  • Modes d’affichage en lecture : Zoom 1,5x à 10x, index (4 ou 9), accès calendaire/dossier, histogramme RVB, diaporama, notation (0-5 étoiles)
  • Stockage : SD/SDHC/SDXC, compatible UHS-1
  • Interfaces : Hi-Speed USB, vidéo (PAL/NTSC), mini HDMI, microphone, télécommande
  • Configurations utilisateur : -
  • Personnalisation : 1 menu utilisateur
  • Touches personnalisables : -
  • Divers : Priorité hautes lumières, optimiseur d’exposition, réducteurs du bruit, du vignettage, des aberrations chromatiques
  • Télécommande : Opt.
  • Logiciels : Digital Photo Professional, EOS Utility, Photo Stitch, Picture Style Editor, ImageBrowser
  • Accessoires fournis : Accus et chargeur, bandoulière, 1 câble USB
  • Alimentation : Accu Li-Ion (7,2 V, 1 120 mAh)
  • Dimensions : 108,6 x 66,5 x 32,3 mm
  • Poids : 296 g (avec accu et SD)

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