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Canon Irista : le Cloud selon Canon

05/06/2014 | Benjamin Favier

Le Project1709 porte désormais un nom. Néanmoins, presque deux ans après l’annonce, cette solution de stockage d’images en ligne déçoit : les utilisateurs de la version bêta constateront en effet le trop peu d’évolutions, à l’issue d’une si longue période d’attente…

Présentation

Voilà bientôt deux ans que le Project1709 a été dévoilé : Canon avait lancé une version bêta de sa plate-forme d’images en ligne lors de la biennale allemande, à Cologne, le 17 septembre 2012. Presque une Photokina plus tard (la prochaine aura lieu à la rentrée), le fameux projet voit enfin le jour, sous le nom Irista.

Les utilisateurs de la version bêta Project1709 constateront rapidement que les développeurs ont procédé à peu d’évolutions. L’organisation de la photothèque repose sur une timeline horizontale, et il est possible de classer ses images dans des albums en leur attribuant des groupes de mots-clés. Les données Exif apparaissent sur la droite de l’interface dès qu’un cliché est sélectionné. Il en sera de même avec des fichiers issus de boîtiers d’autres marques. Il sera aussi possible d’importer des photos effectuées avec un smartphone. L’interface est épurée, avec des icônes bien identifiées. Irista permet de publier sur Facebook et Flickr depuis l’interface, deux réseaux communautaires bien rôdés. Mais à la question : « quoi de neuf par rapport à la bêta ? », la réponse est succincte. Outre une plus grande rapidité et l’apparition de quelques fonctions, dont Momentum, il n’y a pas grand-chose à signaler (voir l’interface détaillée dans l’onglet ci-contre). Du coup, les absences sautent d’autant plus aux yeux.


Présentation d’une sélection d’images après avoir appliqué deux filtres : année et nom de boîtier.

En premier lieu, on déplore qu’il n’y ait pas d’applications pour périphériques mobiles. Il n’est en outre pas possible d’imprimer directement, alors que la marque propose de nombreux modèles performants dans ce domaine. Pour l’instant, il n’est pas non plus permis d’importer des vidéos. Des outils de retouche ou une fonction Diaporama manquent aussi à l’appel. Canon rétorque qu’elle travaille sur ces différents points ; mais après deux ans de réflexions autour de la bêta, on attendait mieux. Difficile d’imaginer un habitué de Flickr, par exemple, rapatrier ses fichiers sur Irista ; depuis sa mue il y a un an, la plate-forme de Yahoo offre gratuitement 1 To de stockage, avec la possibilité d’importer des vidéos et des applications qui facilitent le partage depuis des périphériques connectés.


Irista permet de partager facilement ses images avec Facebook et Flickr.

Pour profiter d’Irista, il existe une offre gratuite, avec un accès complet et 10 Go de stockage. Pour atteindre 50 et 100 Go, il faut passer par un abonnement, dont le coût s’élève respectivement à 49 € par an (4,99 € par mois) et 109 € (10,99 € par mois). Pour l’instant, aucune offre à l’attention des Canonistes n’est prévue.

- Le site d’Irista

Irista en images

En attendant d’accéder à la version française, les captures suivantes sont en anglais. Nous les mettrons à jour dès que possible et apporterons des précisions sur les formats de fichiers supportés.


Il existe trois chemins pour importer ses images dans Irista. De façon automatique depuis son ordinateur, manuellement depuis le Web ou depuis Facebook ou Flickr.


Lorsqu’une image est sélectionnée, les données Exifs apparaissent sur le côté sous cette forme.


Si Irista repère des doublons, un point d’exclamation sera visible sur un fichier. En cliquant dessus, les éventuels duplicatas seront affichés de la sorte.


Il existe plusieurs possibilités pour filtrer ses images, par exemple par nom de boîtier ou réseau social utilisé…


Irista offre un pont avec Facebook et Flickr, permettant d’importer les images hébergées sur ces derniers.


Exemple de balise (tag), pour classer ses images dans la photothèque.

Premier avis

Cette solution arrive dans un environnement ultra concurrentiel et ne signe pas l’arrêt de mort d’iMage Gateway, solution de stockage en ligne dédiée au grand public, également proposée par Canon. Entre-temps, Nikon a également amélioré son offre avec Image Space (lire notre test dans le numéro 6 de Workflow), qui a pris la relève de Picture Town. Sans oublier les incontournables Picasa, Flickr, Microsoft Skydrive, Google Drive, 500Px, entre autres, face auxquels il sera dur de lutter. Dans ces conditions, nous ne comprenons pas pourquoi Canon ne propose pas d’offres à l’attention de ses clients actuels.

L’arrivée d’Irista s’inscrit en plus dans un climat de défiance, dans nos contrées en tout cas ; les Français demeurent sceptiques vis-à-vis du cloud. Dans une étude publiée en fin d’année, le Sipec relatait que 78 % des personnes interrogées craignaient que l’on accède à leurs photos contre leur volonté, tandis que 64 % d’entre eux craignent de les perdre. En outre, dans le même rapport, 17 % déclarent stocker et classer leurs images sur un site Internet. Il faut ainsi dissocier la sauvegarde du partage, car à l’inverse, la publication sur des sites communautaires progresse de manière singulière, comme le souhait de voir la connectivité des appareils photo progresser au cours des prochains mois. Encore faut-il disposer d’outils incitatifs pour franchir le pas…

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