Tout savoir pour réaliser, optimiser et diffuser ses photos

Canon RF 70-200 mm f/2,8L IS USM : une compacité remarquable (au repos)

24/10/2019 | Benjamin Favier

Nous savions que ce zoom était sur les rails, puisqu’il faisait partie d’un ensemble de modèles annoncés en début d’année par Canon. Il arrive enfin et impressionne par sa compacité, quand le zoom n’est pas déployé.

Présentation

Jusqu’à présent, les longues focales font cruellement défaut, au sein de la gamme optique RF, seul le transstandard RF 24-240 mm f/4-6,3 IS USM permettant d’aller au-delà de 85 mm. Dans la série L, rien. Sauf bien sûr, à solliciter les objectifs EF via une bague adaptatrice. Aussi, ce zoom RF 70-200 mm f/2,8L IS USM, annoncé en février dernier, était attendu par les possesseurs d’EOS R ou RP.

Il vient former un trio complémentaire avec les RF 15-35 mm f/2,8L IS USM et 24-70 mm f/2,8L IS USM. Plus homogène encore que les trois optiques équivalentes en monture EF, puisque les modèles RF bénéficient tous d’une stabilisation optique, alors que les EF 16-35 mm f/2,8L USM III et 24-70 mm f/2,8L USM II n’en sont pas pourvus… La stabilisation IS sur les zooms RF devrait fonctionner de concert avec le système de stabilisation, prévu pour le prochain EOS R haut de gamme, selon les éléments dévoilés par Canon aujourd’hui (lire ici). En attendant, Canon revendique un gain de cinq vitesses (contre 3,5 sur la version EF de troisième génération) avec la seule stabilisation optique. Comme pour les deux autres zooms RF ouvrant à f/2,8.

La comparaison avec l’excellent EF 70-200 mm f/2,8L IS USM III est inévitable. Différence la plus flagrante, le gabarit. Le modèle RF est environ 28 % plus léger que la version EF. Soit 1070 g (1200 g avec le collier de pied) contre 1480 g (1600 g avec le collier). Il est aussi moins encombrant, mesurant 146 mm de long, contre 199 mm pour l’aîné dans la famille EF… mais il faut préciser que la longueur donnée pour le modèle RF, vaut lorsqu’il est au repos. Il serait intéressant de connaître la longueur, lorsque le zoom est entièrement déployé. En effet, la longueur du fût variera en zoomant via la bague dédiée, alors que tout s’effectuait en interne sur les différentes générations de 70-200 mm de série L (f/2,8 et f/4) dans la gamme EF numérique. Canon récolte ainsi les bénéfices d’une large monture (54 mm, comme la monture EF), mais surtout d’un tirage mécanique plus court (20 mm contre 44 mm sur les reflex EOS), qui rapproche la lentille arrière du plan focal.

Pour devancer les craintes, quant aux risques plus élevés d’intrusion de poussière et d’eau lors de l’extension du zoom, Canon indique avoir « conçu un circuit de ventilation en créant un flux d’air nécessaire, utilisant un matériau qui laisse passer l’air, mais rend difficile le passage de l’humidité. Afin d’éviter l’infiltration de poussière, un matériau résistant à la poussière est également fourni. » Sans donner plus de détails sur la nature de ces matériaux.

La distance minimale de mise au point progresse de façon spectaculaire. On passe de 1,20 m avec l’EF 70-200 mm f/2,8L IS USM III, à 70 cm en utilisant le RF 70-200 mm f/2,8L IS USM ! D’après Canon, cela a été rendu possible grâce au contrôle de mise au point électronique flottant. Rien de nouveau, le pilotage de deux groupes de lentilles de façon séparée pour l’autofocus a été lancé par Sony, suivi par Nikon en série Z.

Le diaphragme comporte neuf lamelles, soit une de plus que sur la version EF. Outre les bagues de zooming et de mise au point, on note la présence d’une troisième, personnalisable : une marque de fabrique sur les optiques RF, le RF 24-240 mm faisant exception (mais il est possible de définir la bague de mise au point comme tel, en basculant le sélecteur sur « Control »). Concernant la formule optique, elle repose sur dix-sept éléments (dont quatre verres UD et un super UD) répartis en treize groupes (vingt-trois en dix-neuf groupes sur la version EF). La motorisation repose sur un double moteur Nano USM. Le diamètre pour utiliser des filtres est toujours de 77 mm. Un pare-soleil est bien prévu (ET-83F).

Le zoom RF 70-200 mm f/2,8L IS USM sera disponible à la vente le 21 novembre au prix de 2849,99 €.

- Le site de Canon

Fiche technique

  • Prix : 2849,99 €
  • Type : zoom téléobjectif pour 24 x 36
  • Monture : Canon RF
  • Formule optique : 17 éléments en 13 groupes
  • Bague de mise au point : oui
  • Protection tout temps : oui
  • Motorisation : oui Nano USM
  • Stabilisation : oui
  • Ouverture maximale : f/2,8
  • Ouverture minimale : f/32
  • Diaphragme : 9 lamelles
  • Distance minimale de mise au point : 70 cm
  • Pare-soleil : oui (ET-83F)
  • Diamètre du filtre : 77 mm
  • Dimensions (L x ø)  : 146 (non déployé) x 89,9 mm
  • Poids : 1070 g (1200 g avec le collier de pied)

Cet article vous a plu ? Notez le et partagez le sur les réseaux sociaux !



Commenter cet article

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Messages

  • @Benjamin Favier
    "Nous avions que ce zoom était sur les rails" et nous avions des coquilles.... ;-)

  • "Il serait intéressant de connaître la longueur, lorsque le zoom est entièrement déployé. "

    Une mesure sur les clichés réalisés donne la réponse : 204 mm à quelques pouillèmes près,
    c’est à dire à peu près la même chose qu’un 70-200/2.8 G FE Sony (il mesure 200 mm depuis la monture).

    En réalité, cette valeur n’est pas étonnante ; le coefficient télé des zooms 70-200 à la focale maxi, et pour une ouverture donnée, est plus ou moins le même en reflex ; il vaut Ct=1,215 chez Canon et ce coefficient n’a pratiquement pas bougé (ou alors en pire !) depuis 30 ans...

    Le passage aux montures courtes a apparemment permis de légèrement améliorer les choses :
    Le coefficient télé du 70-200/2,8 G FE vaut Ct=1,09 ce qui permet à Sony de revendiquer un zoom pas (ou très peu) plus encombrant qu’un 70-200/2.8 pour reflex.
    Pour le 70-200/2.8 LIS RF, un coefficient Ct=1,09 implique une longueur du zoom en extension depuis la base du boîtier de 198mm. C’est bien ce qu’on mesure aux erreurs de mesure près !

    Comme l’a fait justement remarquer LMDP (excellente remarque !), ce gain apparent en compacité s’obtient en faisant reculer la pupille de sortie des téléobjectifs.
    Néanmoins, cette modification a des conséquences !

    1-Lorsqu’on modifie la position de la pupille de sortie vers l’arrière, le nouveau système est réputé moins performant sur le plan optique.
    Sigma avait essayé par le passé de réaliser un 300/2,8 EX sensiblement plus compact que celui de ses concurrents et les performances de cet objectif étaient en retrait (accessoirement, ils disposaient de verres SLD à l’époque moins performants que ce qui était disponible chez Canon.).

    2-Lorsqu’on recule la pupille de sortie, le vignettage remonte !!!
    Les tests effectués par le fameux site TDP sont sans équivoque :

    Le 600/4 G FE à 0,5 IL de plus de vignettage à PO Vs Canon 600/4 LIS III
    Mème à f/16, il reste 0,16 IL de vignettage sur le Sony Vs pratiquement rien sur le Canon (valeurs irrégulières dans les erreurs de mesures...).

    Le 70-200/2.8 G FE a 2,5 IL de vignettage PO Vs 2 IL pour le Canon 70-200/2,8 à 200mm dans les 2 cas.
    À f/16, il reste 0,3 IL sur le Sony à 200 mm Vs ...rien du tout sur le Canon.

    Ce n’est pas très grave en soi mais la recherche d’une meilleure compacité a aussi des conséquences sur les performances optiques.
    Sony compense sans doute ce défaut en ayant recours aux lentilles asphériques.
    Idem chez Canon...

    Lorsque l’opticien n’a pas recours aux asphériques, le gain de compacité global est comme par hasard beaucoup plus modeste.
    Ainsi le 100-400 G Sony mesure replié 223 mm depuis le plan focal (205 18)
    alors que le Canon 100-400 LIS II mesure globalement 237 mm (193 44), ce qui nous donne un gain de
    6% en faveur du Sony.

    Le Nikkor 80-200/2.8 Ai-S historique de 1981(à variation de focale externe) mesurait 232 46,5 =278,5 mm !
    Le Canon 70-200/2,8 LIS RF fait 146 20= 166 mm, soit un gain de 40% en compacité !!!

    Même en le comparant avec le 80-200/2.8 AF ED de 1988 (le plus compact des 80-200/2,8 à variation de focale externe en reflex), soit L=176,5 46,5= 223mm , le Canon obtient un gain de 25% en compacité.

    Ces résultats s’expliquent donc plus probablement par la conjonction de 3 paramètres clé pour l’obtention de ce résultat miraculeux :

    1-Un recul de la pupille de sortie du zoom

    2-L’utilisation de lentilles asphériques permettant de compenser les aberrations optiques supplémentaires dues à cette compacité.

    3-Le diamètre plus importante du puits de la monture RF permettant de réaliser des lentilles Ar plus généreuses...et peut-être moins de vignettage (pas évident vu ce qu’on voit sur le 15-35 RF....).

    Comme par hasard, Fuji, qui n’intègre pas de lentille asphérique dans son 50-140/2.8 XF pour APSC,
    ne dispose pas d’une bonne compacité .
    Elle est même moins bonne que celle des 70-200/2,8 pour reflex.
    En effet, le coefficient télé du 50-140/2,8 XF vaut Ct= (176+17,7)/140=1,38 , pire qu’en reflex !!!
    Quant à la largeur du puits de la monture XF, relativement au format APSC, on peut la considérer comme confortable.
    Ceci suggère une fois de plus le rôle clé des asphériques
    dans cette compacité miraculeuse du 70-200/2,8 RF Canon...

  • Avec le 70-200/2,8 LIS RF, Canon réinvente les fables de La Fontaine version XXIème siècle :

    La grenouille APSC qui veut se faire aussi grosse que le boeuf 24x36 devient aujourd’hui
    le boeuf 24x36 qui veut se faire aussi petit qu’une grenouille APSC ou même une rainette MFT !
    Le pire, c’est que ça marcche !
    Le 70-200/2.8 LIS RF est plus petit (146mm Vs 176mm) que le 50-140/2.8 Fuji XF pour APSC
    et même le 40-150/2.8 MZD Olympus (en assumant les 50mm de plus de focale) avec ses 160 mm,
    est plus long que le Canon.
    Quant au poids, le Canon ne lui rend que 310g, une paille !

    Comme pour fuji, l’encombrement télé du 40-150 MZD Olympus est assez similaire à ce qu’on trouve en reflex. Il vaut Ct=1,2....alors qu’il dispose lui aussi de lentilles asphériques. Il y en a même 3 Vs 2 sur le Canon...

  • Concernant la "polémique" relative aux zooms à variation de focale externe :

    Les zooms VFE ont effectivement eu cette facheuse réputation et ont été accusé de tous les noms quand
    il s’agissait de promouvoir les zooms à variation de focale interne comme les classiques 70-200/2.8 LIS EF...

    Il a en particulier été dit que le 100-400/4,5-5,6 LIS était un véritable "aspirateur à poussières" au moment
    du passage au numérique (les photographes argentique n’ont jamais trouvé quelque chose à redire à ce zoom qui est longtemps resté une référence internationale dans sa catégorie, soit-dit en passant !).

    Depuis, Canon a revu sa copie et a présenté en 2010 un 70-300/4-5,6 LIS qui n’a jamais fait l’objet de critique particulière de ce genre dans les forums.
    Idem pour les cousins de ce zoom :
    *Le 100-400/4,5-5,6 LIS II fait le bonheur de nombreux photographes animaliers
    *Les 150-600 TAmy-Sigma se sont vendus comme des petits pains et toujours pas de trace de polémique dans les forums.

    Ah si ! On reproche aux zooms VFE de ne pas maintenir la focale constante en cas d’inclinaison du zoom vers le haut ou vers le bas ! Un défaut qui a obtenu une réponse partielle des opticiens avec une touche de vérouillage.

    Alors pourquoi ne pas faire une version VFI ?
    Sony est bien parvenu à faire un 200-600/5,6-6,3 G OSS qui est moins compact
    que les 150-600 vedettes de Sigma/Tamron et légèrement plus lourd : +10% !

    Si Canon trouve le moyen (on sait jamais !) de faire un 70-200/2,8 LIS en "VFI" pesant 1200g, il le fera, c’est promis !

    Pour le moment, AUCUN opticien n’est jamais parvenu à réduire le poids de ces 70-200/2,8 VFI depuis leur introduction il y a 30 ans....que l’on mette des asphériques dedans ou pas.

  • Concernant le (re)passage au zooms VFE et ses avantages, ce 70-200/2.8 LIS RF "Light" relance les spéculations
    sur un projet de triptyque zooms f/2 que Canon aimerait intégrer dans son Line-up RF dans les meilleurs délais.

    On sait depuis longtemps (20 ans pour Nikon ?) que les opticiens se sont intéressés à un zoom télé f/2 en FF.
    Malheureusement les espoirs de voir "un jour" un 70-200/2 se sont rapidement évanouis lorsqu’Olympus
    a présenté son 35-100/2 ZD pesant 1615 g !
    En tenant compte du facteur d’échelle, celà aurait abouti à un 70-200/2 pesant 6,5 Kgs !

    Sigma a également présenté un 50-100/1,8 DC HSM de 1490g, ce qui nous donnerait un
    70-150/2 à variation de focale interne de 2800 g ! C’est encore trop lourd !
    À supposer qu’un passage à la VFE permette un gain de 25%, le poids d’un tel zoom serait ramené à 2115 g.
    Compte tenu du fait que ce zoom pourrait difficilement rivaliser avec un 70-200/2,8 conventionnel,
    il serait à désirer qu’un compromis soit fait. Un 70-180/2 serait préférable.

    Dans ce cas, la "facture" poids passerait à 2,5 Kg, le poids d’un 200/2 LIS EF...

  • L’essentiel serait de disposer de commandes électriques douces et tombant sous les doigts, avec vitesse variable selon la pression exercée.

  • @6 Pour la vidéo peut-être (quoi que les effets de zoom soient à utiliser avec parcimonie), mais pour la photo, aucun intérêt sauf à vouloir diminuer son autonomie. Or ce sont des optiques pour APN.

    Ma conclusion : J’appelle de mes vœux (et toutes marques confondues) la sortie d’un même APN en deux versions : dont une forcément moins chère dépouillée de toutes fonctionnalités vidéo dont je n’ai que faire !!!
    On se rendra compte que, hormis les youtubeurs/vloggers qui buzzent à fond sur les réseaux sociaux, peu de consommateurs achèterons les versions "vidéo" dont la très chère 4K.
    Ca ne doit pas être très compliqué à réaliser.

  • @7. La vidéo est un complément intéressant pour la photo ... tant que cela ne pénalise pas les fonctions photo. Je m’en sers de plus en plus souvent en voyage pour illustrer des choses que l’on peut difficilement rendre en photo.

    Maintenant, je suis d’accord avec vous : je ne voudrais surtout pas d’un zoom motorisé, forcement plus lourd et encombrant ... sans parler de risque supplémentaires quant à la fiabilité.

  • @7
    Désolé de vous décevoir mais un APN sans les fonctions vidéo ne reviendra pas moins cher à produire que les modèles actuels...même si 99% (j’exagère à peine !) n’utilisent pas ou peu la vidéo.
    Les industriels sont effectivement dans la surenchère technologique en se livrant à une concurrence déraisonnable...

  • @9 Ca reste à démontrer. Il y a, par exemple, les taxes inventés par le législateurs tel que la taxe sur les enregistreurs de plus de 30mn. Il y en a peut-être d’autres...