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Capteur organique : Panasonic et Fujifilm avancent ensemble

18/06/2013 | Franck Mée

Fin 2011, Fujifilm annonçait avoir fait un pas vers un capteur organique, censé être plus sensible que les classiques capteurs CCD ou Cmos. Panasonic travaillait également sur cette technologie. Aujourd’hui, les deux firmes unissent leurs efforts.

Le principe du capteur organique n’est pas très compliqué : au lieu de photodiodes au silicium clairement délimitées, c’est une couche d’un composé organique (c’est-à-dire basé sur le carbone) photosensible qui produit une charge électrique lorsqu’il reçoit de la lumière.

Les avantages théoriques ne sont pas négligeables. D’abord, la couche photoréceptrice étant uniforme, les photons ne peuvent plus tomber entre deux diodes et être perdus : la capture de lumière est donc plus efficace. Ensuite, les composés organiques ont une sensibilité spectrale proche de celle de l’œil : ils capturent naturellement la lumière visible, au contraire des photodiodes (très sensibles à l’infrarouge et très peu au violet-bleu).

La réalisation est cependant complexe et, un an et demi après les premières annonces de Fujifilm, puis de Panasonic, aucun capteur de ce type n’avait été présenté.

Les deux entreprises annoncent cette fois avoir uni leur efforts pour créer un capteur Cmos organique. En somme, Fujifilm met à profit son expertise en chimie organique pour placer une couche photosensible sur un circuit de lecture Cmos, lequel est conçu par Panasonic pour limiter la saturation des hautes lumières et le bruit numérique.

Deux prototypes auraient été étudiés, avec des structures de 3 µm ou 0,9 µm. Fujifilm et Panasonic annoncent une dynamique accrue à plus de 14 IL (soit 1 IL de plus que les meilleurs capteurs au silicium), une sensibilité améliorée de 20 % et une meilleure capacité à capter des rayons arrivant sous des angles ouverts, jusqu’à 60° (ce qui permettrait de compacter certains objectifs sans déperdition en périphérie de l’image). Les deux partenaires indiquent que ces capteurs seraient efficaces pour une large palette de produits, de la caméra de surveillance à l’appareil photo en passant par le téléphone mobile.

Il convient toutefois de modérer un peu les comparaisons flatteuses que les marques font avec les capteurs Cmos : les TZ20 et TZ30 ont montré que Panasonic n’est pas le meilleur élève dans ce domaine, et la comparaison avec un capteur Sony donnerait sans doute d’autres chiffres.

D’ailleurs, les schémas de principe du capteur Cmos organique le comparent à un Cmos "FSI", connu pour être moins sensible que les Cmos BSI désormais généralisés sur les compacts haut de gamme. L’un des principaux avantages annoncés des capteurs organiques, la meilleure capture des photons, est déjà celui des Cmos BSI.

Nous attendrons donc de juger sur pièces avant de nous risquer à un pronostic sur les performances de cette technologie, tout de même très intéressante sur le papier.

- Communiqué anglais chez Fujifilm

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  • C’est une merveilleuse idée sur le papier mais on ignore 2 choses :

    1-Fujifilm disait en 2011 que le talon d’achille du capteur hybride organique était le bruit de lecture trop important.
    Ont-ils résolu le problème depuis ? Mystère !

    2-On ne nous dit absolument rien de la maîtrise technologique du capteur hybride. Sait-on le réaliser de manière industrielle ?
    Sinon, dans combien de temps ?

    3-Quand aura-t-on un capteur organique sur le marché sur un APN APSC voire 24x36 ? Nous l’ignorons...
    Certains évoquent la date de 2015 mais ça me paraît un tantinet optimiste,...

    Pour le reste, si le ramage est à la hauteur du plumage, ce type de capteur permettrait de faire
    un Leica M9 à bas coût en mieux (pas d’effet red-edges) tout en étant plus performant.
    Accessoirement,l’hégémonie du reflex pourrait être remise en cause après des décennies de domination.
    Les nouvelles technologies remettent paradoxalemnent en selle la technologie du télémétrique/mirrorless....