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Conclusion : une mise à jour indispensable ?

18/11/2013 | Gilles Théophile

Lightroom 5.0 étant enfin disponible, nous avons pu le prendre en main et le tester en situation réelle de post-production. Compte rendu sur un logiciel qui a atteint la maturité, plein de promesses tenues, mais aussi avec de quoi rendre l’utilisateur screugneugneu.

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L’interface de Lightroom 5 ne change pas d’un millimètre. Inutile d’espérer la personnalisation de l’interface ou des raccourcis clavier.

C’est une habitude propre à Adobe : mettre à disposition du public des versions non finalisées de Lightroom, et ce depuis les origines du programme en 2006. Lightroom 5 n’a pas échappé à la règle et une version Bêta avait effectivement été mise en ligne le 15 avril 2013. Deux mois plus tard, voici la version finale qui, cela dit en passant, ne comporte pas d’outil supplémentaire ou de surprise comme ce fut le cas dans les opus précédents. Cela s’explique par une durée de vie quasiment réduite de moitié – Lightroom 4 était sorti au printemps 2012 –, ce qui diminue d’autant la période de développement du produit. Quoi qu’il en soit, ces deux mois ont été mis à profit par Adobe pour nettoyer le logiciel du nombre conséquent et inévitable de bogues et pour peaufiner le fonctionnement des outils et les performances globales en se basant, notamment, sur les nombreux retours de tous ceux qui, amateurs comme professionnels, ont bien voulu installer cette version Bêta sur leur ordinateur.

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Globalement, c’est encore le module « Développement » qui évolue de façon plus visible, avec l’ajout du pinceau de suppression des défauts, du filtre radial (illustré ici), de l’outil « Upright » et de la possibilité de travailler en mode hors-ligne.
Compatibilité
Lightroom évoluant sans cesse et étant de plus en plus exigeant (aidé en cela par l’augmentation exponentielle de la résolution des appareils photo), il est fort probable qu’un certain nombre d’utilisateurs n’aient pas d’autre choix que de remplacer leur ordinateur puisque, après Windows XP pour la version 4, c’est au tour de Vista d’être abandonné, aussi bien en version 32 que 64 bits. Les utilisateurs de Mac ne seront pas en reste, le sacro-saint Snow Leopard (OS X 10.6) étant lui aussi abandonné – il faudra passer sur Lion (OS X 10.7) ou Mountain Lion (OS X 10.8).Les corrections effectuées dans Lightroom 5 peuvent être reprises dans Camera Raw 8 si ce dernier est installé dans Photoshop CC, mais uniquement lues et interprétées si installé dans Photoshop CS6.

Les nouveautés que l’on aimerait…

Cette cinquième version fait encore la part belle au module « Développement », fondé sur Camera Raw, et au flux de travail hors-ligne visant les photographes aimant la mobilité. Mais le logiciel est si vaste que certaines parties donnent un peu l’impression d’être à l’abandon et que certaines fonctions sont à moitié mâchées, histoire de dire que Lightroom les propose bien, même si elles sont incomplètes. Tel est, par exemple, le cas de la prise de vue en mode connecté qui est loin, très loin de ce que propose Capture One, ou encore du module « Livres » qui reste l’apanage de Blurb, malgré les déclarations rassurantes à la sortie de Lightroom 4, et qui a le don d’irriter ceux qui se réjouissaient de plus de liberté grâce à un module ouvert à d’autres prestataires. Et que dire des outils créatifs, comme le filtre radial, les effets de grain ou de vignettage, alors que nous aimerions voir des outils plus en phase avec un programme de flux de production, tels des outils de sauvegarde et d’archivage, le traitement du flou de bougé, comme le propose Photoshop CC, mais au niveau du dématriçage, ou encore la possibilité d’ajouter des éditeurs externes vidéo, ce qui serait la moindre des choses quand on peut cataloguer des films enregistrés avec un reflex numérique.
Toujours pas de reconnaissance de visages, bien que des petits malins aient découvert des traces de cette fonction en étudiant à la loupe les lignes de code du logiciel. Cette fonction arrivera donc tôt ou tard… Itou, pas de prise en charge des profils CMJN pour l’épreuvage, le comble étant que le seul profil mis à disposition par Blurb est, justement, CMJN, sans personnalisation de l’interface ni d’outils de gestion de mots-clés et de métadonnées moins dispersés. Certains photographes aimeraient également des accès multiples au catalogue, ce que le format de la base de données (SQLite) ne permet pas – et il y a peu de chances que Lightroom change de ce point de vue.
La question de l’ouverture du moteur de Camera Raw se pose toujours. Elle permettrait en effet à des éditeurs tiers de créer des outils qui s’intégreraient au module « Développement », mais cela est également fort peu probable à court terme. Pourquoi ? Deux raisons à cela… D’une part, Adobe a les moyens technologiques de proposer des outils concurrents et, d’autre part, quel éditeur de logiciels prendrait le risque de concurrencer ses propres produits en implantant ses technologies dans un logiciel qui domine le marché ?

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Même si les modules de sortie sont, une fois encore, un peu laissés de côté (exceptions faites de la prise en charge des vidéos dans le module « Diaporama » et plus grand confort dans le module « Livres », Lightroom 5 n’est pas avare en nouveautés, loin de là !

J’y vais ou j’y vais pas ?

La question ne devrait même pas se poser ! Rien que pour la correction en continu des bogues, la prise en charge des nouveaux matériels et l’amélioration des performances, la mise à jour va de soi. Les photographes sont de toute façon incorrigibles : quel fan de Lightroom bouderait son plaisir à essayer, puis utiliser les nouveautés de cette cinquième version ? Peut-être que certains utilisateurs seront réticents en réaction aux annonces récentes et aux changements de la politique commerciale d’Adobe. Néanmoins, elles ne concernent pas directement Lightroom et nous savons dorénavant que les responsables du logiciel ont d’autres projets pour répondre, nous l’espérons, aux besoins des faiseurs d’images. Lightroom 5.0 est un logiciel complet, un vrai outil de photographe qui continue à se bonifier et à asseoir sa place de standard industriel aux côtés de son cousin Photoshop.

Configuration : nos conseils.
Les configurations minimales données par les éditeurs de logiciels étant ce qu’elles sont, pour faire tourner Lightroom 5 dans des conditions optimales, investissez dans un système d’exploitation 64 bits – ce qui est le cas des Mac, mais pas forcément des PC sous Windows –, préférez les processeurs les plus puissants (minimum Intel i5, de préférence i7) et les disques les plus rapides (SSD pour le système, les applications et le catalogue), ainsi qu’une bonne quantité de Ram. 8 Go, c’est aujourd’hui un minimum raisonnable, mais 16 Go représentent un investissement devenu très raisonnable.

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