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DES PRECAUTIONS A PRENDRE

02/11/2010 | Michel Lion

20/07/2010 - Les conditions de prise de vue extrêmes mettent les appareils en danger. Qu’ils soient tropicalisés ou non. Voici quelques conseils pour limiter les dégâts…

■ [Ci-dessus] : Ce cliché est magnifique. C’est incontestable. Cependant, le photographe risque d’endommager son boîtier en effectuant de telles images…

Les conditions climatiques extrêmes sont un cauchemar pour les photographes. Une épreuve terrible pour les appareils. Ces derniers endurent des chocs ou des températures violentes, qui peuvent endommager leur fonctionnement de manière plus ou moins grave. Il est impossible de protéger totalement son boîtier dans de telles conditions. Néanmoins, il existe des solutions…

« Les accus Li-Ion de Canon montrent ainsi de grands écarts de performance en fonction des températures auxquelles elles sont confrontées »

L’être humain supporte mal les basses températures. Les appareils ne s’en sortent pas mieux. Il s’agit donc, dans un premier temps, de se réchauffer, mais surtout, de faire en sorte que son matériel réagisse. Les batteries en premier lieu. Ces dernières sont les premières victimes du grand froid. Si vous jetez un œil à la rubrique dédiée dans les manuels des boîtiers, vous verrez souvent deux indications : une température normale à laquelle les batteries sont censées marcher, puis une autre, plus basse, qui signifie que ces dernières sont susceptibles de fonctionner moins bien, voire pas du tout. L’EOS 400D de Canon, par exemple, un appareil grand public de qualité, permet d’effectuer 500 clichés avec une température de 23°. En revanche, à 0°, il ne peut en faire que 370. On peut donc en déduire que les capacités des accus diminuent en même temps que la température baisse. En dessous de 0°, il se peut que la durée de la batterie soit deux fois moins longue qu’à 23°, par exemple. Les accus Li-Ion de Canon montrent ainsi de grands écarts de performance en fonction des températures auxquelles elles sont confrontées. Notez cependant qu’elles sont plus efficaces que les piles alcalines de type AA que l’on peut aussi utiliser.

- Dans le blizzard

David Noton est un photographe professionnel spécialisé dans la photo de paysage. Habitué des conditions de prise de vue extrêmes, il conseille de toujours garder une batterie supplémentaire le plus près possible de son corps pour la maintenir au chaud, avant de la placer dans le boîtier. Il porte également des manteaux assez larges, lui permettant d’abriter un boîtier dans la chaleur du tissu. Évidemment, cela n’est possible qu’avec des boîtiers de taille moyenne : vous ne pourrez pas, par exemple, procéder de cette manière en transportant votre appareil vissé sur un trépied. La plupart des appareils modernes semble avoir singulièrement progressé sur le plan de la résistance. La tropicalisation se démocratise de plus en plus sur les reflex, au moins sur les modèles experts, comme le Pentax K20D ou le Canon EOS 40D. Mais de là à dire que cela est suffisant une fois l’appareil confronté à la neige ou à la glace… Si vous faites de la photo de sports d’hiver, votre boîtier sera vite recouvert de poudreuse. Il ne faut pas trop s’inquiéter à ce moment là. En revanche, lorsque l’on retourne dans un endroit au chaud, ou si vous mettez votre boîtier sous le manteau peu de temps après, la glace va fondre et ruisseler sur le boîtier, risquant de pénétrer à certains endroits.

« Un dernier conseil en ce qui concerne les prises de vue par grand froid : prenez des gants ! »

Les appareils pros résistent en général plutôt bien dans ces conditions. Ce qui n’est pas forcément le cas de modèles plus bas de gamme. La condensation constitue un grave problème : elle peut pénétrer à l’intérieur du boîtier et endommager les composants électroniques. L’air chaud contient plus de moiteur que l’air frais. Ainsi, lorsque vous ramenez un appareil gelé dans un endroit chaud, l’air en contact avec la surface de l’appareil va répandre toute sa moiteur sur celle-ci. Le meilleur moyen de prévenir la condensation est de placer son boîtier gelé dans un sac et le laisser à l’intérieur pendant une heure environ, une fois que l’on est dans un endroit chaud. Ainsi, on évite le contact direct de l’air chaud sur l’appareil glacé. Un dernier conseil en ce qui concerne les prises de vue par grand froid : prenez des gants ! La plupart des photographes ont tendance à s’en passer ou à les enlever au bout d’un moment, préférant le contact avec le boîtier. Il faut cependant être conscient du fait que la peau peut se retrouver collée à ce dernier à cause du froid : la retirer est une autre histoire… douleureuse ! Il en est de même pour votre nez. Il est préférable de ne pas mettre son nez au contact de l’arrière du boîtier, sur l’écran LCD, par exemple, lors de la prise de vue : un bout de peau peut très bien décorer votre écran une fois que vous le retirez. De nombreux appareils ont des revêtements en plastique pour empêcher cela. En dehors du risque direct pour la peau, vos doigts perdront en réactivité et en coordination. On ne saurait que trop recommander l’achat d’un gel, qui se réchauffe une fois qu’on le plie dans son emballage.

- Gare au chaud !

Quittons les territoires enneigés pour le soleil. En règle générale, les appareils réagissent mieux à la chaleur que les êtres humains. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas être vigilant ! Bien au contraire… Il est fortement déconseillé de laisser son boîtier en pleine chaleur, à l’arrière d’un véhicule, par exemple. La forte température à l’intérieur des voitures (comme un 4 x 4 non climatisé en plein désert) combinée à la finition noire, absorbant la chaleur, de la grande majorité des boîtiers, constitue un cocktail explosif ! Sans parler des dégâts causés sur les composants électroniques du boîtier, ce dernier sera impossible à prendre en main une fois brûlant… cela fait au moins deux bonnes raisons de prendre ses précautions en plein soleil. Jusqu’à présent, nous n’avons eu aucun témoignage, de la part de lecteurs ou au sein de la rédaction, d’un appareil qui aurait cessé de fonctionner dans de telles conditions. Néanmoins, deux éléments doivent être pris en compte : la poussière et la moisissure. David Noton ne passe pas sa vie sur les territoires glacés. Il lui arrive également de faire des photos dans des environnements très chauds. Son pire ennemi : le sable. «  Un véritable tueur de matériel », selon le photographe. En effectuant des prises de vue dans le désert, il avoue avoir plusieurs fois été gêné par cet élément. David Noton préconise la recherche d’abris, pour se protéger au maximum des tempêtes de sable, ou de garder l’objectif en permanence orienté vers le bas, afin de le mettre hors de portée des rayons du soleil… Malheureusement, même en prenant toutes ces précautions, vous ne barrerez pas la route aux infimes particules de poussières répandues dans l’air.

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Le moment le plus délicat étant celui où il faut changer d’objectif. Il n’est ainsi pas inutile d’avoir deux boîtiers à disposition, en les dotant de deux focales différentes… Une autre solution, plus convenue, consiste à posséder un bon fourre-tout. Les modèles Slingshot de Lowepro, par exemple, sont particulièrement instinctifs au niveau de l’utilisation. De manière générale, il est indispensable d’emporter avec soi un kit de nettoyage et une bombe à air pour enlever un maximum de poussière sur le capteur. Même les appareils dotés d’un système antipoussière ne sont pas épargnés dans ces conditions extrêmes. Ne soyez cependant pas trop méticuleux, ni inquiets : il est de toutes façons quasiment impossible de nettoyer un capteur entièrement.

« Il est conseillé de toujours avoir avec soi un morceau de tissu afin d’essuyer le boîtier fréquemment »

HYPOTHERMIE = DANGER ! : Dans des conditions de grand froid, il est important de garder son matériel au chaud. Mais dans le même temps, il ne faut pas oublier de veiller à sa propre santé ! Tous les randonneurs ou escaladeurs habitués à partir à l’assaut des plus hautes montagnes vous le diront : l’hypothermie constitue un réel danger pour l’être humain dans ces conditions. Voici quelques symptômes à connaître :

- 1 Vos mains ne réagissent plus correctement. Elles commencent à trembler. Le corps tente de se maintenir à une température normale (à un minimum de 35°).

- 2 Les tremblements sont de plus en plus importants et il est de plus en plus difficile d’assurer la bonne coordination de vos mouvements. Vous vous sentez confus. Vos lèvres et vos oreilles virent au bleu.

- 3 Si les tremblements cessent alors que vous êtes dans le même état, cela veut dire que le corps ne réagit plus. Il faut alors se réchauffer de manière passive, en s’enveloppant de couvertures en attendant l’arrivée des secours.

- Humidité

Mais un environnement chaud n’est pas toujours synonyme de poussière. Il faut également tenir compte de l’humidité. Les gouttes provenant de feuilles dans une forêt tropicale ou la sueur tombant de votre front sont autant de menaces pour un appareil. Il faut préserver les zones où se trouvent les boutons ou les molettes. Sauf sur les boîtiers pro… Il est ainsi conseillé de toujours avoir avec soi un morceau de tissu afin d’essuyer le boîtier fréquemment. Comme face aux rayons du soleil, il est préférable de positionner l’objectif de l’appareil vers le sol, afin d’éviter que les gouttes d’eau ne tombent dessus. Dans ce cas de figure, il est judicieux de mettre un filtre à UV sur sa focale : il est moins cher de remplacer ce genre d’accessoire qu’une optique ! Comme pour les conditions climatiques de grand froid, la condensation peut jouer les trouble-fêtes. La solution est la même dans ces conditions : il faut veiller à protéger l’appareil, de sorte qu’il s’acclimate en douceur à la nouvelle température à laquelle il est confronté.

■ [Ci-contre] : Il faut être très vigilant lorsque l’on change d’optique dans des situations climatiques difficiles…

Vous pouvez le sortir une fois qu’il est à la même température que celle de la pièce. Cette précaution évite pas mal de travail de nettoyage au niveau de l’objectif a posteriori. En ce qui concerne la présence de champignons, elle est bien sûr moins importante que sur les appareils argentiques. Bien souvent, dans des conditions humides et de faible lumière, les pellicules se faisaient envahir par les champignons. Les appareils modernes bénéficient de protections renforcées, afin de bannir toute moisissure. Il faut toutefois éviter de les ranger s’ils sont encore humides. Rien de mieux pour attirer les champignons ! Il est ainsi essentiel de bien nettoyer son matériel, le plus souvent possible. De même, si vous êtes à l’affût de bonnes affaires sur e-bay, méfiez-vous ! Il est toujours délicat d’acheter du matériel d’occasion sans l’avoir eu entre les mains. Si vous achetez un boîtier ou une optique dans ces conditions, assurez-vous de pouvoir bénéficier d’une période d’essai afin de bien vérifier qu’il n’y a aucune trace de moisissure. Pour ce qui est du rangement au jour le jour, il est plutôt conseillé de ne pas laisser son matériel enfermé dans une boîte ou une sacoche. Mieux vaut le laisser à l’air libre, tout en l’utilisant régulièrement. Si vous êtes passé de l’argentique au numérique et que vous possédez d’anciens appareils, ne les laissez pas au fond d’un placard. Réservez-leur une place sur une étagère, au risque de voir un peu de poussière les envahir petit à petit. Et à l’occasion, faites-les sortir lors d’une promenade dominicale. Nous avons déjà évoqué les difficultés et les dangers de l’utilisation d’un appareil dans des conditions humides. Sous une forte pluie, il faut faire preuve de modestie : ce n’est pas parce que votre boîtier est tropicalisé qu’il ne risque rien ! Ainsi, quelques précautions supplémentaires ne sont pas superflues : par exemple, vous pouvez envelopper votre matériel dans un sac en plastique. Ou investir dans une coque étanche (comme celle que l’on peut voir ci-dessous). Attention, il ne faut pas confondre cet accessoire avec un caisson, qui sert à faire de la photo sous-marine. Une coque de ce genre n’est pas étanche à 100 %. Néanmoins, elle protège les parties les plus sensibles d’un appareil, tout en permettant un bon accès aux boutons principaux pour travailler en toute sérénité. Cet accessoire ne s’avère pas seulement utile dans des conditions humides. Vous pouvez aussi l’utiliser dans le désert ou dans des endroits très poussiéreux.

|■ [Ci-contre] :Cette housse de protection en eslastomère permet de limiter les dégâts dans des conditions de prise de vue en territoire humide ou poussiéreux.|

Camera Armor offre des housses de protection en élastomère, qui protègent efficacement les boîtiers contre les chocs et les rayures. De nombreux modèles sont disponibles, adaptés à chaque appareil. Ils flirtent en général avec la barre des 60 €. Mais que ne ferait-on pas pour protéger nos chers boîtiers, souvent si onéreux à l’achat !

Plus modestes, les films de protection permettent de protéger son écran LCD contre les rayures. Un minimum, si on ne veut pas se retrouver avec un écran endommagé au bout de quelques mois de prises de vue. Certes, ces accessoires ne garantissent pas la protection d’un appareil en terrain hostile. Ils permettent néanmoins de réduire les risques et de limiter les dégâts. Ce n’est déjà pas si mal !

- Cas de figure #1
Grand froid Les principales victimes du grand froid sont les batteries. Leur autonomie peut chuter de manière conséquente en même temps que la température. Assurez-vous de prendre des accus supplémentaires et de garder ces dernières au chaud. Veillez également à bien réchauffer vos mains !

- Cas de figure #2
Fortes chaleurs Les conditions de prise de vue sous de fortes chaleurs sont également une épreuve pour les appareils. Mais les hautes températures ne sont pas les premières responsables. En général, c’est l’environnement qui cause les dégâts les plus sérieux. Dans le désert, le sable et la poussière sont des ennemis redoutables !

- Cas de figure #3
Sous la pluie Les appareils professionnels sont conçus de manière à résister aux conditions de prise de vue extrêmes. En revanche, les modèles amateurs et experts sont plus fragiles. Même si la tropicalisation à tendance à se démocratiser. Dans tous les cas, des housses de protections ne sont pas superflues pour prévenir les infiltrations…

- Cas de figure #4
Humidité Les jungles et autres forêts tropicales sont des milieux extrêmements humides. En passant d’un tel environnement à un lieu plus chaud, il existe des risques de condensation, qui peut endommager les composants électroniques de votre boîtier. Il faut utiliser des filtres sur les objectifs et fréquemment sécher son boîtier.

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