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David Goldblatt : décès du photographe sud-africain

26/06/2018 | Sandrine Dippa

David Goldblatt est décédé hier à l’âge de 87 ans. Le photographe sud-africain était notamment connu pour ses images dénonçant l’apartheid.

Dans un communiqué, le Centre Pompidou vient d’annoncer le décès de David Goldblatt, à l’âge de 87 ans. Le photographe, né en 1930, à Randfontein, en Afrique du Sud, s’était attaché durant ses soixante-dix ans de carrière à documenter les mutations sociales de son pays, ainsi que l’apartheid, qu’il dénonçait au travers de clichés pris majoritairement en noir et blanc.

C’est au milieu des années 40 que David Goldblatt, alors adolescent, commence la photographie. Armé notamment d’un Argus C3 35 mm, le photographe issu d’une famille d’immigrés juifs d’origine lituanienne et lettone, immortalise entre autres ses camarades de manière occasionnelle, puis les ouvriers et les dockers de Durban et du Cap. Mais ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard - au moment du décès de son père en 1963 - qu’il vend le magasin familial pour être photographe à temps plein. Dès ces années-là, le photographe, influencé par Ansel Adams, s’intéresse particulièrement à l’histoire de l’Afrique du Sud et aux inégalités omniprésentes. Il produira notamment Lifetimes Under Apartheid, sur la condition des Noirs durant le régime ; On The Mines sur les mineurs ; Cape Dutch Homesteads sur les fermes de style hollandais de la province du Cap ; ou encore Some Afrikaners Photographed dépeignant la vie de propriétaires terriens afrikaners des environs de sa ville natale, le tout en noir et blanc.

Durant l’apartheid, la couleur m’a paru trop douce pour représenter la réalité du quotidien. Dix ans après la chute du régime, vers 2001-2002, j’ai éprouvé une grande joie qui m’a incité à passer à la couleur - qui, soit dit en passant, n’avait rien de nouveau pour moi puisque j’avais commencé à la pratiquer en 1964. Puis, vers 2012, je ne me suis pas senti l’aise avec la manière dont évoluait mon pays et cela m’a incité à revenir au noir et blanc » avait d’ailleurs confié le photographe il y a quelques mois à Libération à propos de cette signature. L’importance de la légende informative et très détaillée, comme l’absence de sensationnalisme étaient aussi un choix délibéré.

Le photographe lauréat des Prix Hasselblad (2006) et Henri Cartier-Bresson laisse derrière lui de nombreux ouvrages dont TJ – Johannesburg photographs (2010), une monographie regroupant des clichés pris entre 1948 à 2010. De février à mai le Centre Pompidou lui avait aussi consacré une rétrospective présentant plus de deux cents images, une vingtaine de documents et sept films.

- Crédit image d’accueil : David Goldblatt © Courtesy of Goodman Gallery

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