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DxO ONE : premier appareil photo !

18/06/2015 | Laurent Katz

On espérait qu’enfin DxO s’intéresse aux téléphones et tablettes. C’est le cas, mais elle va bien plus loin que le simple développement d’une application… puisqu’elle lance une caméra photo/vidéo impérativement liée à un iPhone ou un iPad muni d’un connecteur Lightning.

Présentation


ONE. Parce que c’est le premier et que visiblement DxO a de la suite dans les idées. Mais pour l’heure, c’est un petit module, développé en France et aux USA, qui fait l’actualité. Pour calmer votre impatience, voilà son mini CV : un capteur BSI 1ʺ de 20 Mpxl, une focale fixe de 32 mm en éq. 24 x 36, un afficheur tactile Oled le Wi-Fi (une potentialité activée par une mise à jour de firmware à venir), un lecteur de MicroSD et un usage quasi impératif avec un iPhone ou un iPad. Ne serait-ce que pour viser et consulter les photos. L’imageur est signé Sony et c’est le même qui équipe le RX100 Mk III. Restez assis, la bestiole qui mesure 69 x 48,9 x 26,3x mm pour 108 g sera vendue au quatrième trimestre en France pour 599 € ttc. Livré, sur la période de lancement, avec DxO FilmPack et DxO OpticsPro, tous les deux en édition Elite. Plus DxO Connect pour PC et Mac et l’appli de pilotage DxO ONE sous iOS.

La carcasse

La construction repose sur une coque en aluminium forgé de qualité aéronautique et de plastique, enveloppée dans une esthétique qui relève du panda design, qui mêle noir et blanc (ou comme ici le gris clair). L’alimentation est confiée à une batterie interne, pour 200 photos selon la norme CIPA ou 1 h 35 de vidéo. Fin aout, début septembre sera annoncée une gamme d’accessoires. Au chapitre desquels des compléments optiques. Lequels ? DxO reste pour l’instant discret sur leur teneur.

DxO revendique son savoir-faire et sa compétence dans les technologies optiques destinées aux mobiles. L’objectif a donc été conçu en synergie avec le traitement d’image, personnalisé pour chaque DxO ONE, car mesuré pour chaque unité lors du contrôle de fabrication. Comportant six lentilles dont deux asphériques, cette optique s’avère très compacte, ce qu’explique l’absence de tirage optique la faisant affleurer le capteur. Ce qui, indique DxO, assure une très bonne netteté en bordure. Elle adresse d’ailleurs une pique aux concepteurs de COI en leur reprochant une certaine inertie technologique pour résoudre le problème de l’incidence des rayons lumineux frappant le capteur en bordure.

L’écran Oled est minimaliste, mais comme il est tactile, il peut servir à ajuster des paramètres d’exposition ou déclencher. Il pourra, par mise à jour du firmware, servir d’aide au cadrage. Certes, sa définition est au ras des pâquerettes, mais à l’instar des rétines artificielles, la vison de vagues contours sera un pis-aller pour cadrer au mieux quand la DxO ONE sera employée en autonome. En conséquence, la DxO ONE utilise l’afficheur du terminal mobile comme écran et son processeur pour faire tourner le logiciel.

Le couplage de la DxO ONE avec un terminal iOS au niveau du connecteur Lightning a dû passer sous les fourches caudines des contraintes techniques édictées par Apple (les MFI (Made for iPhone / iPod / iPad, détaillés ici ou résumés là. Pas question qu’une fausse manœuvre, quelle qu’elle soit, puisse abimer la prise femelle. DxO s’est remué les méninges pour concevoir une connectique à la fois rotative et munie d’un fusible mécanique. Toute contrainte latérale trop forte se traduit par une déconnexion automatique par effet de levier. Trois brevets ont été déposés et les tests d’endurance, poussés jusqu’à 38 000 cycles de mise en place/extraction n’ont pas causé de dommages. La DxO ONE tourne donc autour de l’iPhone, ce qui évoque les temps anciens de la photo numérique, ceux où surgissait de temps à autre des appareils bicorps, comme un Casio QV10, un Nikon Coolpix 990 ou un Minolta Dimage EX 1500.

L’intendance logicielle

L’appli sous iOS offre des usages Facile et Expert, ce dernier débridant alors les modes d’exposition PASM. C’est par sa mise à jour via le processus normal d’iOS, que le firmware de l’appareil évoluera aussi. Les formats de fichier méritent d’être commentés. Le canevas habituel établi sur le Jpeg et le Raw reste d’actualité, mais évolue. En mode Facile, un Jpeg optimisé est produit, partageable sans intervention via le Share Kit Apple (ce qui se traduit pour l’utilisateur par un menu pour envoyer la photo vers des sites communautaires ou d’autres applications embarquées sur le mobile). Si le Raw transite par DxO Connect, l’appli PC ou Mac, elle produit un Jpeg ajusté manuellement aux petits oignons. Passé au banc de mesure par DxO, il en ressort que le Jpeg standard est noté 70 au DxO Mark, quand le Jpeg personnalisé culmine à 85. Pour l’occasion, un Super Raw a été inventé, regroupant quatre Raw pris en rafale au déclenchement. L’intérêt est d’optimiser le bruit et d’étendre la dynamique dans les hautes lumières. Ce que DxO nomme le TNR (Time Noise Reduction), quand le système Prime est une réduction de bruit spatiale, qui travaille par analyse des pixels d’une seule image. Une technique pour éliminer les images fantômes, inévitables si des sujets sont en mouvement lors de la prise de vue. Les photos sont stockées sur la carte mémoire et, à la demande, dans la Pellicule.

- Le site de DxO

Notre avis


Il est clair, pour parler français, que les geeks early adopters vont payer les frais de la copieuse partie de recherche et développement qu’a déroulé DxO. Car pour 649 €, on se paye quand même des compacts experts et des COI d’entrée de gamme. Même si la DxO ONE avait été munie d’un zoom et d’un vrai stabilisateur (hélas absent), le tarif nous aurait paru très élevé si l’on prend pour référence les Sony QX1 (capteur APS-C 20 Mpxl, monture E), Sony QX30 (capteur 1/ 2,3ʺ 20 Mpxl, 27-420 mm) et Sony QX100 (capteur 1ʺ 20 Mpxl, 28-100 mm), valant respectivement 449 € (avec 16-50 mm), 299 € et 359 €. Et ceux qui possèdent déjà les logiciels DxO estimeront qu’ils paient une seconde fois leur produit... même s’ils sont fournis gratuitement pour l’instant.

Il faut cependant reconnaître que la DxO ONE offre une solution très compacte et aussi qualitative. Bien que n’ayons pu effectuer nos propres tests, il est clair qu’au vu des exemples fournis par DxO, le rendu apparait bien meilleur que celui offert par l’appareil photo de l’iPhone. Nous ne publierons cependant pas les images « officielles » pour plusieurs raisons. Une principale : ce ne sont pas les nôtres ; une secondaire : elles ont été fournies sans données Exif et sous-dimensionnées.

Le module pouvant photographier en toute indépendance, sa petitesse élargit la gamme d’usages, notamment quand il faut photographier et filmer en toute discrétion. Et si d’aventure la liste des accessoires incluait un complément très grand-angle et un petit caisson, cela en ferait une camera d’action peu encombrante.

Fiche technique

  • Capteur : Cmos BSI 1ʺ, 20 Mpxl
  • Définition : [3/2] 5 544 x 3 694 (Raw), 5 406 x 3 604 (Jpeg)
  • Stabilisateur : numérique EIS en vidéo
  • Tropicalisation : -
  • GPS : -
  • WiFi : non activé à ce jour
  • Vidéo : 1080p à 30 im/s ; 720p à 120 im/s ; Mov, codec H264
  • Optique : f/1,8, 32 mm (éq. 24 x 36), iris 6 lamelles
  • Sensibilité : 100 - 12 800 Iso (extension à 51 200 Iso)
  • Formats de fichiers : Jpeg, DNG, DXO (SuperRaw)
  • Mise au point  : ponctuelle, continue
  • Mise au point mini : 20 cm
  • Modes d’exposition : PASM, modes Scènes (Sport, Portrait, Paysage, Nuit, Selphie)
  • Mesure de lumière : Multizone, pondérée centrale, ponctuelle
  • Compensation d’exposition : +/- 3 IL
  • Bracketing d’exposition :
  • Vitesse : 15 s - 1/8 000s
  • Rafale : -
  • Balance des blancs : Auto, Lumière du jour, Nuageux, Ombre, Incandescent, Fluo
  • Prise flash : -
  • Flash intégré : -
  • Viseur : -
  • Moniteur : celui de l’iPhone/iPad
  • Stockage : microSD
  • Interfaces : Lightning, micro USB
  • Compatbilité : iPhone 6 Plus/6/5s/5c/5, iPad Air 2/Air/mini 3/mini 2/4 ; iOS 8 ou sup.
  • Logiciels : Dxo Connect (Mac/PC), Dxo One (iOS), DxO OpticsPro Elite (gratuit sur une durée limitée), DxO FilmPack Elite (gratuit sur une durée limitée)
  • Accessoires fournis : câble USB, chargeur
  • Alimentation : 3,7 V, 750 mAh
  • Dimensions : 69 x 48,9 x 26,3 mm
  • Poids : 108 g (avec accu)

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  • Mais ils ne pensent pas au plaisir d’usage ! 600€ le gadget, je préfère m’acheter un vrai appareil photo reflex et prendre du plaisir à prendre des photo plutot que de vider la batterie de mon téléphone et être déçu par la prise en main. Encore un produit qui va enchanté les journalistes que ne payent pas le gadget 600 balles le temps que quelques couillons se fassent avoir.

  • J’aimerai bien avoir 600 balles et faire partie des couillons qui se font avoir. C’est peut-être parce que j’ai un iPhone que le produit ne m’énerve pas ?
    En tous cas, connaissant l’expertise de DxO pour ses logiciels, en voyant qu’ils ont choisi le meilleur capteur 1’ du marché, en constatant la miniaturisation et en imaginant que l’objectif fixé est à la hauteur ; je vois mal comment les images qui en sortiront pourraient être mauvaises ?
    Le fait de régler l’appareil via l’iPhone peut être déroutant quand on est habitué à un appareil traditionnel, mais passé ce cap ; quel bonheur de pouvoir embarquer un compact de grande qualité dans une petite poche et toujours l’avoir seu soi !

  • On peut se demander si, coincé entre le téléphone (qu’on a toujours sur soi mais qui délivre des photos de qualité moyenne) et le vrai compact expert (dans la même gamme de prix), le DxO One arrivera à se faire une place. Le créneau est celui du petit galet qu’on trimballe en permanence au fond d’une poche, pour de la photo "surprise" mais de qualité. Les résultats sont en tout cas alléchants. On n’a pas tout le temps envie de balader un réflex lourd et encombrant. Et non, le One ne tire pas beaucoup sur la batterie du téléphone, il a la sienne propre.

  • je ne vois qu’un gros hic à ce bel objet :

    - le port lightning ! l’iphone 6s et encore plus le 7 ; n’en auront plus, remplacé par un nouveau port usb-c. Alors est on condamné à mettre au rebus notre super joujou quand on change de smartphone ?

    moralité : il est urgent d’attendre.

  • Mince alors ! Moi qui croyait que l’ iPhone6 était un bon photophone !
    On m’aurait menti ???

  • Si ces produits marginaux (pour le moment) évoluent, ils vont constituer une vraie menace pour les Ricoh GR et autres. La nouvelle.generation très connectée va en effet évoluer vers ce type de produit plutôt qu’aller acheter un compact évolué. Il y a là à la fois une nouveauté qui interpelle les fabricants et la pointe visible de l’iceberg de ce qui peut être fera la photo demain, en tout cas pour ceux qui ne feront de la photo qu’une manière parmi d’autres de s’exprimer.

  • Certes le produit apporte un plus côté optique mais l’autonomie est catastrophique. Mais le pire n’est pas là. Le service client est méprisant ("on perd notre temps là"), la logistique indigente (il manque la carte mémoire dans le carton, pas de facture disponible, l’adresse de livraison transmise au transporteur n’est pas la bonne"). En clair, un fabricant de logiciel ne s’improvise pas dans l’économie réelle ... À ce prix là, on s’attend tout de même à un minimum de professionnalisme ... À éviter donc, jusqu’à ce que la société monte en compétence