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DxO Optics Pro 9 : sensibilité doublée

25/11/2013 | Laurent Katz

Qu’allaient bien pouvoir nous inventer les ingénieurs de DxO pour cette neuvième édition ? Une nouvelle technologie de réduction de bruit, sollicitant fortement le processeur, ne travaillant qu’à partir du Raw et faisant gagner un cran en sensibilité utile. Explications.

L’historique

La lutte entre le bien et le mal est éternelle, même dans le monde du pixel où tant les fabricants d’appareils photo que les éditeurs de logiciels se donnent un mal fou pour éradiquer le bruit qui pollue les images sous-exposées ou prises à des sensibilités élevées.

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Les progrés en réduction de bruit effectués par le logiciel au fil des versions (cliquer pour agrandir).

Les premiers anges de la propreté s’appellent Noise Ninja (PictureCode), Neat Image (de Neat Image…), Noiseware (Imagenomic), Dfine (Nik Software) et bien sûr DxO Optics Pro. Ce ne sont pas les seuls à répandre le bien : DxO Labs estime que les techniques servant à réduire le bruit relèvent pour un tiers du capteur et de l’électronique embarquée, et pour le reste des techniques logicielles, qu’elle-même a fait progresser au fil des versions de DxO Optics Pro. Et pour préparer la naissance du neuvième enfant de la fratrie, elle indique que de 2004 à 2012, 3 IL ont été gagnés, à niveau de bruit identique : ce qui signifie que l’on photographie maintenant à 800 Iso avec le niveau qualitatif des 100 Iso du début de la période (hors pondération selon les catégories d’appareils). L’éditeur se targue d’avoir lui, permis un gain logiciel de 3 IL contre 2 IL pour la concurrence, qu’elle soit embarquée dans le firmware de l’appareil ou dans un logiciel spécialisé. Le schéma ci-dessus montre l’historique des évolutions de DxO Optics Pro.

En 2013, un pas est franchi et un pari lancé. Celui qu’à court terme les photographes accepteront un temps de traitement prohibitif, pour gagner 1 IL. Et qu’à moyen terme, les processeurs devenant de plus en plus musclés, cet inconvénient sera de moins en moins contraignant jusqu’à ce que le temps de traitement devienne raisonnable. DxO peut ainsi mettre en œuvre des algorithmes bien plus sophistiqués et, sans faire durer le suspense plus longtemps, elle nous étonne une fois de plus. Dans le bon sens du terme.

La technique Prime

« Prime » est un mot américain signifiant « premier », « primordial », « excellent ». Bravo pour la modestie ! Plus prosaïquement, « Prime », c’est aussi « Probabilistic Raw IMage Enhancement ». Le fondement de cette nouvelle campagne antibruit est d’amener un cran au-dessus la préservation des détails et des textures, la conservation de la saturation dans les zones d’ombres et l’extraction des couleurs que le bruit englue d’une gangue

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La prévisualisation du mode de réduction de bruit Prime n’a lieu que dans une vignette de taille réduite, portant sur n’importe quelle zone de la photo (cliquer pour agrandir).
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Le tableau de bord d’exportation fournit les durées des traitements. Attention, quand DxO OP 9 calcule les vignettes de l’index visuel du dossier, le temps de traitement augmente plus que significativement.

Obtenir un bruit divisé par deux se fait d’une manière générale par l’affectation à chaque pixel de la moyenne entre lui et son voisin. Cela pour compenser le fait que deux fois moins de lumière qu’il est nécessaire arrive sur chaque photosite du capteur. Par exemple, à 3 200 Iso, le rendu en termes de bruit sera celui d’une prise de vue à 1 600 Iso. Gagner quatre crans de sensibilité du point de vue gestion du bruit implique alors une moyenne entre chaque pixel et quinze points adjacents. Sachant que c’est une solution piégeuse, car on mélange torchons et serviettes, à savoir pixels avec les vraies couleurs et pixels bruités. D’où le principe employé pour Prime : n’opérer une moyenne qu’entre des pixels similaires. Encore faut-il les identifier. La recherche des similitudes n’est pas une sinécure, car il faut éviter de faire intervenir le bruit dans le calcul.

Pour cela, il faut espérer que la vraie couleur se trouve aux alentours de chaque pixel bruité, avec une recherche élargie à un très grand nombre de points, car le voisin d’un pixel vert de bruit ou rouge de colère risque de l’être lui aussi. Pour chaque pixel, Prime examine un millier de points voisins et travaille en deux étapes. Une première phase opère un débruitage grossier pour dépolluer l’image et rendre les similarités plus détectables. Ensuite, les similarités détectées lors de la phase initiale sont employées pour la réduction de bruit finale. Conséquence inévitable, seul le Raw bénéficie du traitement Prime puisqu’il faut avoir le maximum de données d’origine.

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Le procédé Prime dilue moins les détails et restitue globalement des couleurs plus saturées.

DxO Labs indique que gagner 4 IL implique trente fois plus de calculs que pour en gagner 3. Avec une machine récente (processeur i5 ou i7), traiter une image de 20 Mo demande 5 min contre 10 s ! À pondérer selon le processeur de l’ordinateur. DxO Labs propose un traitement automatique, modulé par la connaissance qu’elle a du capteur de chaque appareil passé dans son laboratoire. Effectué en tâche de fond pour ne pas mettre l’ordinateur à genou pour d’autres tâches et appliqué à l’image lors de l’exportation, seule une loupe montrant son effet sur une zone mobile et restreinte.

Le traitement standard est toujours proposé avec, précise l’éditeur, « un grain plus fin et un rendu moins artificiel avec plus de détails ». Quelques essais avec des photos prises entre 6 400 et 25 600 Iso montrent le bien-fondé de la nouvelle technique. Des détails sont présents, quand la méthode traditionnelle les gomme trop, à niveau de bruit résiduel identique. Et parfois des couleurs resurgissent par miracle. Le plus souvent les bonnes, mais il arrive que ce ne soit pas le cas… ce que l’on accepte avec indulgence pour une première mouture d’une technique aussi innovante et probante.

Les autres nouveautés

DxO Labs ne s’est pas contenté de travailler son réducteur de bruit. Elle revendique un rendu plus détaillé des hautes lumières, moins entachées de défauts de coloration, ce qui est surtout visible sur les teintes chair. En conjuguant « Balance des blancs », rendu des couleurs « DxO Portait » et « Vibrance », on obtient des carnations vraiment naturelles, avec un soupçon de chaleur au besoin, même quand la photo de départ est gâchée par une dominante orangée, due un éclairage incandescent.

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La récupération dans les hautes lumières est impressionnante et la légère dominante verte facilement éradicable.
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Les réglages d’exportation sur disque (version OS X).

L’ergonomie a été revue (encore !), avec un index visuel des autoréglages (trente sont prédéfinis, les autres mémorisés au besoin par le photographe) et la réduction des onglets fonctionnels à « Organiser » et « Personnaliser ». L’exportation se retrouve alors dans le menu « Image » sous OS X ou dans le menu « Fichier » pour la mouture Windows. Il faut aussi deviner la présence d’une minuscule icône pour dérouler la fenêtre des exportations qui, heureusement, consolide dans un espace unique les sorties vers le disque dur, FlickR ou l’envoi de la photo vers un autre logiciel. Un onglet « Export » et des palettes, à l’image de l’organisation des commandes de l’onglet « Personnaliser », seraient le signe d’une cohérence ergonomique que DxO Labs n’arrive pas toujours à atteindre. Mais qui ne serait pas difficile à mettre en œuvre, les options d’exportation par destination étant bien distinctes, avec là encore une inexplicable différence entre OS X et Windows. L’unification des interfaces, c’est pour demain ?

Pour faciliter la prise en main, l’espace consacré aux palettes montre un regroupement des principaux réglages en tête de gondole, sous la bannière « Outils essentiels », et de petits points d’interrogation ouvrent la voie sur une aide contextuelle.

Dans cette version 9, il manque toujours la prise en charge des capteurs X-Trans de Fujifilm… une histoire d’amour-propre pour DxO Labs qui trouve que Fujifilm a placé « la barre très haute » pour le rendu Jpeg. Laissant imaginer qu’elle ne proposera que lorsque elle saura offrir un rendu encore plus qualitatif. Au vu des Jpeg sortis par exemple d’un X100s, on mesure combien le défi est ambitieux. Les corrections locales ne bougent pas, l’éditeur affirmant « vouloir faire mieux que ce se fait actuellement ». Sous-entendu dans les logiciels concurrents, avec lqui ’objectif de faire progresser significativement l’outil en matière de reconstitution de l’arrière-plan. Autre chantier, un usage plus important du processeur graphique, utilisé mais insuffisamment, ce qui réduirait le temps du débruitage à la sauce Prime.

L’intendance

DxO est disponible ce jour, le 23 octobre, aux tarifs promotionnels de respectivement 99 € et 199 € pour les versions Standard et Élite. Après le 20 novembre à 23 h 59 min 59 s, ce sera 149 € et 299 €. La mise à jour est gratuite pour ceux qui se sont procuré la version 8 depuis le 1er septembre 2013. Les offres préférentielles de mise à jour à partir d’une ancienne mouture sont mentionnées dans l’espace personnel des autres usagers. Une version gratuite est disponible ici, valable un mois.

DxO Optics Pro 9 tourne sous OS X 10.6 à 10.9 et sous Windows (Vista, Windows 7, Windows 8 et 8.1) en 32 bits comme en 64 bits.

- Le site de DxO

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  • Effectivement le gain dans le traitement du bruit et la "propreté" des images obtenues est assez spectaculaire, en particulier sur un boitier un peu ancien comme mon Nikon D300. Le résultat se voit sur des tirages 30x45 sans problème.
    Seul bémol concernant la version 9 : il n’y a toujours pas d’amélioration coté "workflow" (support données IPTC, etc ....), ni coté traitement localisé pour l’utilisateur (tampon, etc ...).