26/06/2009 – A l’issue de la courte journée de prise en mains de l’Olympus Pen E-P1, Mr Akira Watanabe, Responsable planning Olympus a répondu aux questions des journalistes français. Et elles étaient nombreuses. Mr Heino Hilbig, Responsable communication d’Olympus Europe a, de manière ponctuelle, apporté quelques précisions.
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Après une matinée géante à employer l’Olympus Pen E-P1, cap vers un ensemble industriel recyclé en lieu de festivité et situé en bordure de la Sprée, le fleuve traversant Berlin. L’ensemble des journalistes a eu droit : 1. de continuer à photographier avant de restituer le matériel. 2. de déguster des saucisses au curry et des frites qu’un français pourrait qualifier de « spécialité », mais pas de « gastronomique ». 3. de se pourlécher de crèmes glacées pour le coup vraiment plaisantes au palais. Cette nouvelle preuve étant fournie quant à la dureté du métier de journaliste spécialisé, des autocars nous ont ramené vers l’hôtel où une session de questions/réponses nous attendait.
Un exercice qui est souvent convenu, tant les responsables des marques pratiquent avec maestria la langue de bois et la non-réponse. Avec Mr Akira Watanabe, il en a été autrement. C’est sûr, il n’allait pas nous dévoiler la feuille de route de la gamme Pen sur les prochaines années ou dévoiler les dessous d’éventuels accords avec d’autres marques. Il ne faut pas rêver et d’ailleurs, nous ne rêvions pas non plus ! En revanche, il a répondu avec franchise, reconnaissant que certains points étaient à améliorer, apportant de vraies réponses à de vraies questions.
Sur le prix relativement et la simplicité revendiquée, qui n’est qu’apparente vu la richesse fonctionnelle du boîtier qui se traduit par des menus touffus.
Si le Pen E-P1 est à ce niveau de prix, c’est parce qu’il a fallu développer de nouveaux composants miniaturisés et les intégrer dans le boîtier. Cela à un prix. (NDLR : effectivement un E-450, reflex compact s’il en est, ne dispose pas du capteur stabilisé). Le Pen E-P1 présente de nombreuses fonctions expertes, mais il est possible de ne l’employer qu’avec les modes Scènes et Artistiques, son comportement est alors simple. Par ailleurs, nous avons mené des enquêtes consommateurs, dont il ressort qu’un appareil en finition noire paraît plus compliqué et qu’un compact, comme l’E-P1, est perçu comme plus simple qu’un reflex.
Sur la visée à hauteur d’oeil et l’absence d’indications techniques dans le viseur optique optionnel, qui auraient pu être transmises via les contacts de la griffe porte-flash.
Beaucoup de gens qui viennent du compact ont pris l’habitude de viser au travers d’un écran LCD. Pour ce premier modèle, c’est l’option qui a été retenue. Oui, transmettre des données au viseur optique et les afficher à l’intérieur est possible. Mais pas envisagé, car nous privilégions le développement d’un viseur électronique.
Sur la définition du LCD de 230 kpxl , inférieure à celle de certains compacts vendus bien moins cher (Ricoh R10 et CX1).
Les LCD de 920 kpxl offrent une plus grande précision, mais leur luminosité est moindre. Olympus a choisi de privilégier ce critère, pour obtenir une image plus lisible en plein soleil. Mais la technologie évolue et nous en tiendrons compte dans de futurs modèles. (NDLR : l’argument est sans doute vrai techniquement, mais dans la pratique, en plein soleil, je n’ai pas perçu une différence significative. Et en lumière normale, un LCD est trop lumineux, ce qui explique une petite déception quand les images sont imprimées.)
Sur le bruit de l’obturateur, peu discret, et sur la nécessité d’avoir un obturateur mécanique plutôt que son pendant électronique.
Oui, il a fallu conserver un obturateur à rideau. Le capteur est sensible au smear et l’obturateur mécanique permet de s’affranchir de ce phénomène. (NDLR : le smear est un effet qui se manifeste par une barre lumineuse, axée sur une forte source de lumière et traversant l’image de haut en bas. Elle provient d’un trop-plein d’électrons, qui débordent sur l’ensemble des photodiodes situées dans les mêmes colonnes. Aussi, avant toute exposition, l’obturateur mécanique permet d’occulter le capteur, qui est réinitialisé, et qui ne va ensuite être exposé que le temps nécessaire, défini par la vitesse choisie par l’utilisateur ou l’automatisme de l’appareil.)
Sur l’autonomie de l’accu qui est apparue insuffisante
Les accus, qui ont été mis à votre disposition, ont été rechargés vite fait. La procédure de recharge d’un accu neuf, afin de lui donner sa pleine capacité, n’a pu être accomplie. (NDLR : attendons de juger avec un appareil au firmware définitif. En tout cas, c’est une capacité au moins doublée qu’il aurait fallu et ce n’est pas une recharge soigneuse qui permet de l’atteindre.)
Sur la stabilisation vidéo, de type numérique, alors que le capteur est stabilisé
La raison ne vient pas d’un problème de bruit qui serait perçu par les microphones intégrés, mais de la consommation électrique exagérée qu’induirait le fonctionnement continu du stabilisateur mécanique pendant le filmage.
Sur la section sonore de la vidéo.
Vous savez qu’Olympus dispose d’une division dédiée aux enregistreurs de poches, dont le LS10 est le fleuron. Des techniques de traitement du son mises en œuvre sur ce magnétophone numérique de poche de haute qualité ont été introduites dans la section d’enregistrement vidéo du Pen E-P1. (NDLR : voir ici)
Sur le choix du M-Jpeg comme format vidéo, plus consommateur d’espace que d’autres standards.
Nous avons privilégié le format qui nous apparaît comme le plus universel possible, reconnu par une majorité de logiciels de lecture et de montage. Par ailleurs, c’est celui qui facilite le plus l’extraction d’une image individuelle. La raison de l’absence du mode Full HD est la plus faible occupation mémoire du mode 720p, que l’on estime suffisant pour le photographe qui ne recherche pas les atouts d’un caméscope haut de gamme.
Sur les échanges technologiques avec Olympus, annoncés comme intenses il y a deux ans, et qui semblent moins forts, par exemple sur l’autofocus, plus performant chez Panasonic.
C’est vrai, cela a été le cas, mais aujourd’hui, s’il y a toujours des échanges de technologies, sur le capteur ou le système de dépoussiérage, chacun suit son chemin. Cela explique que notre autofocus ne soit pas le même. Nous sommes conscients que des progrès restent à accomplir, et nos ingénieurs s’y emploient pour de futurs modèles. Mais nous n’avons pas d’annonce précise à faire sur le sujet, si ce n’est de préciser que rendre l’autofocus plus rapide concerne à la fois le firmware et la conception matérielle de l’appareil.
Sur l’éventuelle implication de Fujifilm, qui a signé au lancement du Système 4/3, mais qui n’a rien concrétisé en matière d’appareils, et de sa division capteur qui produit des SuperCDD, plus innovants que les capteurs Panasonic qui équipent les appareils Olympus.
Olympus ne peut rien dire sur le sujet, ses engagements avec ses partenaires officiels ou officieux faisant l’objet d’accord de confidentialité qu’il est impossible de rompre.
Sur les futurs boîtiers et leur taille
L’Olympus Pen E-P1 est le premier modèle d’une famille qui va se développer dans les deux directions, vers le grand public et vers les photographes les plus experts. Les prochains modèles de la série Pen ne seront pas plus gros. (NDLR : en réalité, la réponse laissait aussi entendre que si augmentation de taille il y avait, sur un modèle et pas sur toute la gamme, elle serait négligeable. Sans doute pour laisser une porte ouverte vers un appareil intégrant un viseur électronique et/ou un flash.)
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