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Exposition : Eugene Richards à l’Arche du photojournalisme

30/10/2017 | Sandrine Dippa

Le temps d’une rétrospective les œuvres de Eugene Richards investissent les murs du toit de la Grande Arche. L’occasion de découvrir plus de cinquante années de photojournalisme.

Après « Too Young to Wed » de la photoreporter américaine Stéphanie Sinclair sur les mariages forcés des enfants, l’Arche du photojournalisme, un espace d’exposition inauguré en juin dernier, s’intéresse aux travaux de Eugene Richards. Jusqu’au 10 janvier 2018, l’ex membre des agences Magnum et VII y expose « The Run-On of Time » (La course du temps). Les images majoritairement en noir et blanc retracent cinquante ans d’une riche carrière au cours de laquelle le photographe s’est attaché à mettre en lumière les problèmes de la société américaine ainsi que les victimes de la misère et de la violence sous toutes ses formes.

L’exposition dont la disposition est principalement basée sur les livres du photographe est découpée en quatorze parties difficiles à résumer ici. Parmi elles, nous pouvons cependant citer la première « Dorchester Days ». Pour cette série prise dans les années 70, le photographe (qui pris ses premières images lors d’une mission bénévole dans un service social du delta de l’Arkansas), retourne dans le quartier de son enfance, un lieu désormais devenu « délabré et menaçant (…) où se côtoient tant bien que mal des populations d’origines diverses ». La troisième, « Living Poor in America », fait écho à Below the Line : Living in America. Prise durant sept mois dans les zones rurales du Dakota du Sud, du Tennessee ou du Texas, elle brasse le portrait de « personnes qui luttent » au quotidien « contre les préjugés, la ségrégation sociale et les maigres possibilités d’améliorer leurs sorts ».

Tout au long de l’exposition il est aussi possible de découvrir « Lima State Hospital » un document sur le quotidien de patients-détenus de l’hôpital psychiatrique éponyme. Exploding Into Life, son projet sans doute le plus personnel tiré du livre du même nom (paru en 1986) dévoile sans fard le parcours de sa femme Dorothea atteinte d’un cancer tandis que War is Personal dépeint le portrait de vétérans abîmés par la guerre d’Irak. La rétrospective donne aussi à voir « The Knife and Gun Club », un reportage sur la médecine d’urgence à l’hôpital central de Denver ; « A Procession of Them » sur les négligences dont sont victimes les handicapés mentaux placés dans les institutions psychiatriques ; « Cocaine True, Cocaine Blue » sur les quartiers minés par la drogue ou encore « Notions of Family », un reportage sur la famille américaine réalisé en 1990 pour le magazine Life. En tout, une centaine d’images sont visibles.

- Information pratiques :
- Arche du photojournalisme, Grande Arche de la Défense
- 1 Paris de la défense, 92044 Puteaux

- Le site de la Grande Arche

Crédit image d’accueil :

Brooklyn, New York, 1993. Une grand-mère se rafraîchit dans une pataugeoire pendant que sa petite-fille asperge de l’eau avec une casserole sous le pont de Manhattan. © Eugene Richards

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  • C’est un expo à voir absolument . Ce photographe qui a sorti pas moins de quatorze livres est remarquable. Vous citez below the line, et vous avez raison. Avec « America we », on trouve là des portraits puissants, en noir et blanc, avec des compositions étonnantes mais’percutantes. De l’humain brut, sans fioritures esthétisantes. Une leçon en même temps pour tous ceux qui passent plus de temps à faire des calculs de paires de lignes de résolution plutôt qu’à essayer de faire de la,vraie photo.