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Fujifilm GFX100 : 102 Mpxl, Stabilisation, Raw 16 bits, vidéo 4K 10 bits 4:2:2…

23/05/2019 | Benjamin Favier

Dévoilé lors de la Photokina en septembre dernier, le boîtier moyen-format de 100 Mpxl débarque enfin. Avec un Cmos rétroéclairé, la stabilisation IBIS, la possibilité d’enregistrer des Raw 16 bits et de tourner en 4K 10 bits 4:2:2. Impressionnant.

Présentation

Alors que la majorité des constructeurs d’appareils photo mise, en complément d’autres formats, sur le 24 x 36, Fujifilm fait l’impasse sur ce créneau. À l’occasion de l’annonce du GFX50R, lors de la Photokina 2018, en septembre dernier, la marque a dévoilé les contours de son futur colosse de 100 Mpxl, clamant qu’elle croyait plus au « super full frame ». Le GFX100 et son impressionnant capteur moyen-format de 102 Mpxl débarque enfin. Le troisième boîtier de la série, depuis l’avènement du GFX50S, lancé il y a deux ans.

Capteur rétro-éclairé et AF hybride

Par rapport aux 50S et 50R, Fujifilm ne s’est pas contenté de multiplier la définition par deux. Ce qui n’a rien d’inédit, Phase One ou Hasselblad offrant des définitions encore supérieures. Cependant, le capteur 32,9 x 43,9 mm à matrice de Bayer du GFX100 est rétroéclairé ; et il comporte quelque 3,76 millions de pixels à détection de phase, couvrant toute la surface.

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Le capteur Cmos est rétro-éclairé et dispose d’un AF à corrélation de phase.

Le système autofocus repose sur l’algorithme à corrélation de phase inauguré sur les X-T3 et X-T30, et repose également sur la détection de contraste (les GFX50S et 50R ont uniquement droit à un AF à détection de contraste), avec les modes traditionnels de la marque (Point unique, AF Zone, Suivi Large). Le collimateur central est sensible à -2 IL. La détection du visage et des yeux est aussi intégrée. La mise au point devrait donc être plus tranchante par rapport aux GFX50R et GFX50S qui embarquent tous deux un AF à détection de contraste.

Le capteur au format 4/3, offre les définitions suivantes : 11 648 x 8 736 pixels (4/3) ; 11 648 x 7 768 pixels (3/2) ; 11 648 x 6 552 pixels (16/9) ; 8 736 x 8 736 (1/1). Il sera possible d’enregistrer les fichiers Raw sous 14 et même 16 bits. Et de générer des Tiff 16 bits, en procédant à un développement des fichiers Raf depuis le boîtier. Des évolutions rendues possibles par l’intégration du processeur X-Processor 4, qui répondent à des demandes de professionnels, indique Fujifilm. En plus des traditionnels modes de Simulation de film, un effet « Peau douce » sera proposé, pour « lisser automatiquement les aspérités de la peau ».

Vidéo et stabilisation

Autre évolution majeure liée au processeur, la possibilité de tourner en 4K UHD à 25 im/s en 4:2:2 10 bits, via un enregistreur externe, ainsi qu’en 4:2:0 10 bits, en interne. Une première sur un moyen-format. Les Panasonic Lumix S atteignent eux une cadence de 50 im/s en 4K UHD, mais disposent « seulement » d’un capteur 24 x 36. Parmi les différentes options, les profils F-Log et Hybrid Log Gamma sont disponibles – comme sur le X-T3 – ainsi que le codec H.265/HEVC. Et il sera possible de filmer en 4K DCI à 24 im/s. On trouve aussi le mode de simulation de film Eterna, dédié à l’univers cinématographique, introduit dans le X-H1.

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L’optique Fujinon GF 63 mm f/2,8 est ici montée.

Jusqu’à présent, seul ce dernier, hybride APS-C orienté vidéo, disposait d’un système de stabilisation en interne, dans la gamme hybride Fujifilm. La stabilisation Ibis (In Body Image Stabilization) reprend du service sur le GFX100, toujours sur cinq axes, avec un gain de 5,5 vitesses, selon la marque. Sa mise en œuvre s’appuie sur trois accéléromètres et autant de gyroscopes. Nous ne savons pour l’instant pas si elle fonctionnera de concert avec les optiques OIS en monture GF, comme le 120 mm f/4 Macro R LM OIS WR. Ni s’il sera possible d’accéder à une définition supérieure via un mode dédié (mode Hautes résolution chez Olympus, Panasonic ou Pentax), ce qui pourrait par exemple faire l’objet d’une mise à jour de firmware, Fujifilm nous y ayant habitués sur ses produits…

Visée haute définition

Alors que les deux précédents GFX disposent d’un Oled de 3,68 Mpts, le GFX100 adopte une nouvelle dalle, d’une définition égale à celle des Lumix S plein format : un viseur Oled amovible de 5,76 Mpts, qui offre un grossissement 0,86x et un dégagement oculaire de 23 mm.

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L’affichage sur le LCD à droite variera selon le mode choisi sur le sélecteur Drive à gauche (still pour photo). Il sera possible d’afficher l’histogramme, ou des roues pour régler la sensibilité, par exemple.

Selon les dires de Fujifilm, ce modèle aurait été spécialement conçu pour le GFX100. Sa construction repose sur cinq éléments optiques en verres (certains asphériques), pour optimiser la précision de la mise au point sur le capteur 102 Mpxl. Trois modes sont disponibles : « Priorité au Taux de Rafraîchissement », « Priorité à la Résolution » ou « Priorité à la rapidité de l’AF ».

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L’écran LCD de 3,2 pouces peut être incliné vers le haut ou le bas ; et vers le haut, en tenue verticale.

Il sera possible de greffer le viseur externe optionnel inclinable EVF-TL1, conçu pour le GFX50S. Quant au LCD de 3,2 pouces, à l’arrière, tactile et inclinable (également en position verticale, comme avec le X-T3), il est doté d’une définition identique à celle du GFX50R, soit 2,36 Mpts.
Sur le dessus, un afficheur LCD de 1,80 pouce et une seconde fenêtre, à l’arrière (2,05 pouces) renseignent sur différents réglages liés à la mise de vue.

Construction pro

Le GFX100 n’a pas été pensé que pour les séances de prise de vue en studio. La construction compte quelque quatre-vingt-quinze joints d’étanchéité, ce qui confère au boîtier un degré de protection élevé contre les intempéries. Il pèse 1400 g avec le viseur, les deux accus et une carte.

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Le GFX100 intègre un grip, ce qui facilite la prise en main verticale… et décuple l’autonomie, puisqu’il abrite deux accus.

L’obturateur mécanique culmine, comme les deux autres GFX, à 1/4000s ; il atteint 1/16 000s en mode électronique. Comme sur le X-H1, qui dispose aussi de la stabilisation IBIS, l’obturateur du GFX100 repose sur un système de suspension à quatre ressorts, pour minimiser les vibrations lors du déclenchement. L’obturateur est donné pour 150 000 cycles par Fujifilm.

Connectique, Stockage et accu

L’enregistrement des données passe par deux ports SD (UHS-I et UHS-II). Le GFX100 est alimenté par deux accus NP-T125 (compatible avec les deux autres GFX), qu’il sera possible de charger via la prise USB 3.2 Type C. Fujifilm annonce une autonomie d’environ huit-cents vues, avec l’optique Fujinon GF 63 mm f/2,8 R WR (non stabilisée).

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On pourra connecter des flashs de studio sur le GFX100.
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Deux ports pour cartes SD, prises micro et casque, recharge en USB-C, le GFX100 offre un volet connectique au goût du jour.

Parmi la connectique disponible, il sera possible de brancher un casque, un micro externe, un enregistreur externe via la sortie micro HDMI Type D, ou d’utiliser des flashs de studio. La prise de vue connectée avec Lightroom ou Capture One est possible. Et on pourra piloter le boîtier à distance en WiFi ou Bluetooth.

Le GFX100 sera commercialisé fin juin au prix de 10 999 €.

- Le site de Fujifilm

Premier avis

Fujifilm persiste et signe dans la voie du moyen-format. Après avoir lancé un modèle « grand public », le GFX50R, de par son prix et ses caractéristiques, constituant une exception dans l’univers du moyen-format, Fujifilm s’adresse aux professionnels, souhaitant un maximum de définition. Ceux-là même qui utilisent des dos Phase One ou Hasselblad de plus de 100 Mpxl, vendus à des tarifs bien plus stratosphériques. Outre un prix plus doux, le GFX100 ambitionne de concurrencer ces acteurs historiques avec des technologies inédites, comme l’intégration de la corrélation de phase au niveau d’un capteur de si grande taille, ainsi que la stabilisation IBIS. Ou encore la possibilité de filmer en 4K UHD en 4:2:2 10 bits.

C’est une évolution logique pour Fujifilm, qui assure avoir développé les optiques en monture GF pour des performances optimales sur un capteur de 100 Mpxl. En sortant un tel modèle, la marque s’offre une belle vitrine, se plaçant au-dessus de la mêlée 24 x 36, et reléguant un peu plus loin la concurrence, principalement constituée des Pentax 645 et Leica S à ces niveaux de prix, qui restent inaccessibles pour le commun des mortels.

Quels enseignements pour les futurs hybrides Fujifilm, APS-C compris ? L’intégration de la stabilisation ISIS laisse espérer une généralisation prochaine de cette technologie sur tous les modèles – ainsi que la série X100. D’autant que la plupart des optiques Fujinon X ne sont pas dotées de la stabilisation OIS. En outre, les caractéristiques du GFX100 dans le domaine du tournage, après les X-H1 et X-T3, déjà bien pourvus, confirment les ambitions de Fujifilm en la matière. La marque s’affiche comme un rival sérieux pour Panasonic et Sony, sur le segment des appareils photo dotés de fonctionnalités vidéo avancées.

Fiche technique

  • Capteur : Cmos rétroéclairé 43,8 x 32,9 mm, 102 Mpxl
  • Vidéo : 4K (25 im/s, 10 bits 4:2:2)
  • Monture : Fujifilm G
  • Processeur : X-Processor 4
  • Protection boîtier : oui
  • GPS : -
  • Wi-Fi/Bluetooth : oui/oui
  • Stabilisateur : oui, IBIS sur cinq axes
  • Sensibilités : 50 - 102 400 Iso (25 600 Iso en vidéo)
  • Définitions maximales : 11 648 x 8 736 pixels (4/3) ; 11 648 x 7 768 pixels (3/2) ; 11 648 x 6 552 pixels (16/9) ; 8 736 x 8 736 (1/1)
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raw (14 ou 16 bits), Tiff (16 bits, conversion interne), Mov
  • Mise au point : Autofocus hybride à détection de phase et de contraste sur 117 points ; modes S, C et manuel
  • Compensation d’exposition IL : +/- 3 IL par 1/3
  • Vitesse : 1/4000s - 30s, obturation électronique jusqu’au 1/16 000 s, B
  • Mode d’exposition : PSAM
  • Mode rafale : 5 im/s (41 Jpeg et 14 Raw compressés sans perte
  • Balance des blancs : Auto, préréglée (7), manuel (1), K
  • Divers : Modes Film (Astia, Provia, Velvia, Classic Chrome, Acros, Pro neg. Hi, Pro neg. Std., N&B avec ou sans filtre, sépia), plage dynamique, mode Panoramique, filtres créatifs, intervallomètre, exposition multiple
  • Flash : -
  • Prise flash : Sabot
  • Visée : Oled 5,76 Mpts, 0,86x, dégagement 23 mm
  • Moniteur : LCD RGB 3,2’’, 2,36 Mpts, orientable et tactile, format 4/3
  • Stockage : 2x SD, SDHC, SDXC UHS-I/UHS-II
  • Interfaces : USB 3.2 Type-C, micro HDMI Type D, micro 3,5 mm, casque 3,5 mm, télécommande 2,5 mm, prise synchro flash, prise DC In 15V
  • Alimentation : 2 accus NP-T125, autonomie d’environ 800 images avec le GF 63 mm f/2,8 R WR
  • Accessoires fournis : Chargeur de batterie BC-T125, Cordon secteur, Bouchon de boîtier, Courroie, Fixation de courroie en métal, Verrou de courroie en métal, Protection des câbles, Viseur électronique amovible EVF-GFX2, Cache de la griffe de flash (boîtier et viseur), Cache du connecteur (viseur), Cache du connecteur de la poignée verticale, Cache du port Syncro-X, Mode d’emploi
  • Dimensions (l x h x p : 156,2 x 163,6 x 102,9 mm (avec viseur) ; 156,2 x 144 x 75 mm (sans viseur)
  • Poids : 1400 g (avec viseur, 2 accus et SD) ; 1 320 g (avec 2 accus, SD)

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Messages

  • Belle bête qui risque de bousculer le créneau assez conservateur du moyen format !

    Ceci étant, quel est le marché pour ce type d’appareil ? Les ventes de moyen format sont quand même assez confidentielles ; comment Fuji peut espérer amortir ses développements (même s’il y aura des retombées dans sa gamme APSC) ?

  • Prendre des parts de marché, Hasselb et Phase, etc ...sont maintenant concurrencés. Aujourd’hui il n’y a plus de conservatisme, le résultat des élections le montre, les couples ne sont plus mariés pour la vie, les exemples foisonnent car les gens essaient, changent, revendent (cf.le bon coin). Ces comportements sont relativement nouveaux et je ne crois plus au conservatisme des années cinquantes y compris dans ce domaine restreint du MF, because les tarifs. l’offre s’est élargie notamment dans le domaine photographique au détriment de l’Europe, c’est ainsi. Le MF Fuji en est un bel exemple.
    Par ailleurs, Fuji ne se cantonne pas seulement à la production de MF et APSC (comme Canon d’ailleurs).
    Je ne suis pas inquiet personnellement pour cette firme qui innove en permanence dans le qualitatif tout en ne négligeant pas le grand public avec la gamme Instax qui fait un malheur mondial.
    Ceux qui n’innovent pas, meurent. Je pense à Leica qui a su, in extremis, prendre le wagon du numérique pour sortir il y a peu un MF.
    Voila ma réponse @1.

  • Reste que si Fuji n’avait pas l’instax, je doute que la,firme fasse encore bcp de bénéfices .....l’instax,c’est la vache à lait de Fuji .

  • @3
    Tous les fabricants d’appareils photo, y compris la profession (la presse Photo) voient les courbes de CA en baisse, etc. etc...L’Instax est la vache à lait de Fuji, probablement, en tout cas le fait d’innover régulièrement permet de se maintenir dans le bon wagon et de ce point de vue Fuji n’est pas à la traîne,
    Les premiers 24x36 reflex FUJICA sont apparus en France tout début 1970. Invention des cellules silicium par Fuji, aujourd’hui Updates régulièrement proposés sur les boîtiers numériques ...Je crois que la compétence est toujours là et cela est un signe de bonne santé même si aujourd’hui le quidam préfère shooter avec son smartphone entraînant conséquemment une chute du CA toute marque confondue.
    Maintenant, dans le domaine du défilé de mode, il est de bon ton de paraître et de s’afficher avec le dernier truc qui vient de sortir et j’en connais personnellement déjà au moins deux qui vont prendre un leasing pour « tester » ce nouveau MF, lâchant leur Blad. Les traîtres !