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Fujifilm X100F : comme un air de X-Pro2

19/01/2017 | Benjamin Favier

Sans surprise, le X100F évolue vers la troisième génération de capteur X-Trans et s’empare d’attributs vus sur le X-Pro2. Mais dans l’ensemble, il demeure assez conservateur, notamment en vidéo…

Présentation

Photokina, septembre 2010. Fujifilm dévoile le X100 lors de la biennale allemande. Un compact ambitieux à focale fixe, inamovible, et pourvu d’un viseur hybride. La recette séduit les photographes exigeants, à la recherche d’un boîtier plus léger qu’un reflex, ainsi que les nostalgiques de l’ère argentique, avec un design vintage très réussi. Les X100S et X100T, respectivement sortis en 2013 et 2014, ont prolongé la saga sans modifications majeures, les deux modèles intégrant le capteur Cmos X-Trans II de 16 Mpxl, alors que le premier X100 se contentait de 12 Mpxl. C’est surtout au niveau de la réactivité et de la visée que les ingénieurs de Fujifilm ont concentré leurs efforts.

En toute logique, le X100F (F, comme « fourth », quatrième en anglais) suit les traces des X-Pro2, X-T2et désormais du X-T20, qui sont passés à la génération X-Trans III de 24 Mpxl, sans filtre passe-bas. La plage de sensibilité s’étend par défaut de 200 à 12 800 Iso et peut être étendue de 100 à 51 200 Iso. Il embarque aussi le processeur X-Processor Pro, qui ne lui ouvre cependant pas les portes de la vidéo UHD. Il se retrouve ainsi logé à la même enseigne que le X-Pro2 dans ce domaine, avec la possibilité de débrayer les réglages pendant le tournage, mais uniquement en 1080p, à 50, 25 ou 24 im/s, en se contentant d’un écran fixe et non tactile.

Le message est clair pour les vidéastes qui s’intéresseraient au rendu d’image Fujifilm, dont le mode de simulation de film Acros, intégré dans le X100F : c’est vers les X-T qu’il faut regarder ! Quant à l’optique, elle reste inchangée, depuis le premier X100 : un 23 mm f/2, qui équivaut à un 35 mm en 24 x 36, hélas non stabilisé. Nouveauté toutefois, la bague de mise au point donnera accès à un réglage, lorsqu’employée de concert avec le bouton situé sur le levier dédié au mode de sélection de visée.

Le X100F est d’abord un appareil conçu pour la prise d’images fixes. On retrouve le viseur hybride qui a fait la réputation des précédents modèles, sans hausse de la définition, alors qu’entre-temps est apparu l’afficheur plus ambitieux du GFX. Il s’agit ici du classique EVF Oled de 2,36 Mpts, dont le temps de rafraîchissement serait plus rapide, à 60 im/s. Le grossissement du télémètre électronique, en visée optique, inauguré sur le X100T, peut être ajusté. Toujours en mode OVF, la couverture demeure de 92 %.

L’ergonomie fait écho à celle du X-Pro2, avec l’apparition d’une molette sur la face avant, en complément de celle située au dos, tandis que toutes les touches se trouvent à droite de l’écran LCD de 3 pouces et 1,040 Mpts. Leur disposition se rapproche de celle du X-Pro2, et l’on note l’apparition d’un joystick, comme sur les hybrides haut de gamme de la marque. Il sera précieux pour piloter les 325 collimateurs (dont 91 en détection de phase) du système AF hybride, le même que sur le X-Pro2. En détection de phase, la couverture des collimateurs est d’environ 40 % de la surface du capteur, tandis qu’elle est de 85 % en détection de contraste. A priori, les préréglages AF proposés par les X-T2/X-T20 ne seraient pas embarqués dans le X100F (le X-Pro2 n’y a pas droit non plus).

Sur le dessus de l’appareil, on retrouve l’astucieuse roue qui sert à la fois à régler la vitesse d’obturation et la sensibilité Iso. Deux différences toutefois par rapport à celle du X-Pro2 : ici la vitesse est limitée à 1/4000s (avec un mode électronique à 1/32 000s) contre 1/8000s et il n’y a pas de bouton au centre, permettant de la bloquer sur l’hybride haut de gamme. La roue de correction d’exposition du X100F est en revanche identique à celle du X-Pro2, avec une position « C », qui donne accès à la totalité de la plage, qui s’étend de +/- 5 IL. Au niveau du déclencheur, on note qu’il est toujours possible de visser un déclencheur souple.

Parmi les autres caractéristiques, citons la présence d’un filtre ND permettant de gagner 3 IL, précieux pour couper la lumière en cas de forte luminosité. On trouve aussi un mode d’exposition multiple, un intervallomètre. Quid du mode de panorama par balayage, oublié sur le X-Pro2 ? Nous n’avons pas eu la confirmation de sa présence de la part de Fujifilm. Côté construction, la mention « made in Japan » ne doit pas faire oublier l’absence de joints d’étanchéité, regrettable pour un boîtier qui vise un public expert… et vendu au prix fort !

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Le convertisseur optionnel WCL-X100 II permet d’obtenir l’équivalent d’un 28 mm f/2.
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Le convertisseur TCL-X100 II transforme le 35 mm en un 50 mm f/2, en équivalent 24 x 36.
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L’étui en cuir dédié aux X100.

Le X100F sera disponible mi-février au prix de 1399 €. Pour rappel, à leur sortie, les X100S et X100T valaient respectivement 1149 € et 1199 €.

- Le site de Fujifilm

Premier avis

En attendant de prendre en main le X100F, il y a matière à se réjouir, sur le papier, sur pas mal de points. Nous avons beaucoup aimé les fichiers produits par les X-Pro2 et X-T2, et il ne fait guère de doute que le nouveau venu ne décevra pas dans ce domaine. L’ergonomie, largement inspirée de celle du X-Pro2, très aboutie, devrait elle aussi procurer du plaisir à l’usage. L’intégration d’un filtre ND3 est une excellente chose, notamment pour solliciter de grandes ouvertures sans passer forcément par l’obturateur électronique. Quant aux arrivées conjuguées du joystick et du système AF hybride des grands frères hybrides, elles devraient permettre à cette famille de boîtiers de franchir un cap en termes de réactivité.

Cependant, nous ne pouvons que regretter le conservatisme de Fujifilm sur d’autres plans. Pourquoi ne pas être allé plus loin au niveau de la définition du viseur électronique ? Pourquoi ne pas rendre le LCD tactile, comme c’est le cas sur un X70 ou un X-T20 ? Le fait de ne pouvoir accéder à la vidéo UHD est certainement lié, comme c’est le cas pour le X-Pro2, à un problème de dispersion de chaleur. Nous aurions aussi aimé que Fujifilm intègre un système de stabilisation. Et enfin, que la construction soit plus robuste, parée pour affronter des intempéries, surtout quand le tarif augmente de telle manière. Malgré ces déceptions, il faut avouer qu’il nous tarde de recevoir un exemplaire de test. Le charme des X100 demeure intact, presque sept ans après l’apparition du premier modèle…

Fiche technique

  • Capteur : X-Trans III Cmos 23,6 x 15,6 mm, format 3/2, 24,3 Mpxl
  • Définition maxi. : [3/2] 4 896 x3 264 [16/9] 4 896 x 2 760 [1/1] 3 264 x 3 264
  • Définition vidéo. : 1080p (50, 25 ou 24 im/s, H.264)
  • Objectif : Fujinon 23 mm (35 mm éq. 24 x 36) f/2 ; 8 lentilles en 6 groupes (1 asphérique)
  • Protection boîtier : -
  • GPS : -
  • WiFi : oui
  • Stabilisateur : -
  • Sensibilités : 200 - 12 800 Iso (extension à 100-51 200 Iso)
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raf, Mov
  • Mise au point : Auto (déclenchement ou continue), manuelle ; détection de contraste et de phase ; 1 ou 9 zones en auto, 325 (visée électronique) ou 91 (visée optique) zones en manuel
  • Mode macro : 0,1 - 2 m
  • Mesure de l’exposition  : Multizone, pondérée centrale, ponctuelle (2 %) ;+/-5 IL par 1/3 ; bracketing 3 vues (+/- 1/3 IL, 2/3 Il, 1 IL)
  • Histogramme : Prise de vue, Lecture
  • Vitesse : 1/4000s - 30s (1/1000s à f/2-f/2,8 ; 1/2000s à f/4-f/5,6) ; 1/32000s (obturateur électronique)
  • Mode d’exposition : PSAM
  • Mode rafale : 8 im/s (25 Raw sans compression, 60 Jpeg)
  • Réglage divers : Modes Film (Astia, Provia, Velvia, Classic Chrome, Acros), N&B, sépia, filtres artistiques
  • Flash : NG 4,6 pour 100 Iso
  • Prise flash : Oui
  • Compensation éclair : +/- 2/3 IL
  • Visée : Hybride (92 % optique, 100 % électronique 2,36 kpts), dégagement 15 mm
  • Moniteur : LCD 3 pouces/1,04 Mpts
  • Affichage : Zoom, index, affichage par date, visage, type, notation
  • Stockage : SD, SDHC, SDXC UHS-I
  • Interfaces : NC
  • Divers : Panorama, exposition multiple, niveau électronique, aide à la mise au point (peaking, loupe, stigmomètre numérique en visées EVF et OVF), prise de vue par intervalle, filtre ND3
  • Alimentation : 1 accu Li-Ion NP-W126S
  • Accessoires fournis : Dragonne, câble USB, accu et chargeur
  • Dimensions : 126,5 x 74,8 x 52,4 mm
  • Poids : 469 g (avec batterie et carte)

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Messages

  • Un 24 mégapixels sans stabilisation, ça craint....
    a reflechir avant achat, aujourd’hui on a des Sony neufs et d’occasion stabilisés au prix du fuji x100 f qui n’apporte que dès modifications cosmétiques ou à peu près.
    Mode panoramique : personne n’en parle dans les,différentes présentations, encore une lacune....

  • Besoin d’une stabilisation sur un APS-C de 24M et avec un 23mm ??? A moins d’avoir Parkinson ou d’être manche, j’en vois pas l’intérêt...si ce n’est de vouloir parler de Sony... Bref...
    Bienvenue au X100F !

  • Quelles sont les différences avec un X Pro2 ?

  • Stabilisation ? aucun intérêt sur ce type d’appareil... Vidéo 4K ? pfff. Ce n’est vraiment pas la cible de la gamme X100.
    Pourquoi vouloir à tout prix que tout nouveau boitier fasse tout. On ne fait pas le Dakar avec une formule1 ni un grand prix avec un buggy.
    Oui il y a un mode pano, mais en jpeg seulement, comme sur les autres modèles de la gamme (ou presque tous). Autant faire son montage sur Lightroom en raw...
    Principales différences avec le X-Pro2 : objectif fixe, pas de tropicalisation, une seule carte mémoire.
    Ces deux derniers points sont selon moi les deux seuls manques.

  • Un stabilisateur sur ce genre d’appareil...je ne vois pas non plus l’intérêt ! Par contre un pano en RAW à main levée (on ne trimbale pas toujours avec soit un trépieds, tête pano and co)...avec le meilleurs logiciel de traitement c’est très loin d’être parfait !

  • Esteban,
    On est bien d’accord sur la complexité du pano à main levé. Mais sur les Fuji X, il faut être très linéaire en vitesse de défilement horizontal et très "fixe" en altitude pour que ça marche. En plus, même quand ça marche, les horizons sont souvent très, comment dire... mouvementés. Et ça ne se voit pas forcément sur l’écran au premier coup d’oeil.
    Soit je suis vraiment pas doué soit le système est pas performant, soit les deux, mais les résultats sont souvent décevants. Bref, un truc pas convaincant pour moi. Si des détenteurs de boitiers plus récents (XT-PRO-2) ont un avis, je suis preneur ;-)

  • A vous lire, il n’y a pas besoin de stabilisation pour ce type d’appareil. C’est un peu vite dit...

  • Avec un obturateur central qui ne provoque aucune "vibration" on peut faire images au 1/15ème sans problème.

  • @8 Les vibrations de l’obturateur central... Evidemment. Où avais-je la tête ?

  • @2
    bouu, la mauvaise foi...
    sachez que même Canon a pondu des optiques fixes en grand angle équipées de stabilisation. Ensuite, désolé de vous contredire mais il est quasi impossible de déclencher à 1/15 sec sans appui et d’avoir une’photo parfaitement nette à tous les coups, lisez les tests réalisés et vous verrez. Chacun peut voir midi à sa porte mais en ce qui me concerne, sans être atteint de la maladie de’Parkinson, je peux vous affirmer que la,stabilisation est un argument sérieux d’autant que l’optique du fuji x100 n’est pas franchement piquée à pleine ouverture, cela, ce n’est pas un scoop !

  • @10 Une optique sans piqué ? La stabilisation est vraiment inutile.

  • C’est sûr que si on ne sait pas faire la différence entre une image "bougée" et le manque de piqué d’une optique, l’argument peut tenir debout... ;-))

  • Bonjour,

    L’appareil est beau, il semble bien fini.
    Mais je trouve que la course à la rentabilité est poussée un peu loin.
    Fuji ne fait aucunement évoluer son boitier dans de nombreux domaines (objectif, étanchéité, viseur, écran, stabilisation) ce qui veut dire que ces domaines sont largement amortis. Pourtant, au lien d’en profiter pour maintenir des tarifs déjà élevés pour un compact (compte tenu des progrès du capteur notamment), le prix augmente de 20% !! Là je trouve que la stratégie est très discutable.
    Après, pour ce qui est de la stabilisation qui a l’air d’être le sujet majeur de ce fil, je continue à faire sans et je ne m’en porte pas plus mal. Mais ce n’est que mon avis... Il est vrai qu’à 1400€, son absence n’est pas excusable.

  • Pour celui qui voudrait un capteur stabilisé il y a le joli Olympus Pen-F. Pour un même couple vitesse/diaphragme, tandis que Le Pen se contentera de 400 ISO le X100F devra monter à 6400 ISO pour éviter le flou de bougé. Inutile de dire qui sera obligé de faire le ménage...

  • Je lis souvent des commentaires sur l’intérêt ou l’absence d’intérêt de la stabilisation sur les boîtiers (IBIS) et j’avoue que j’ai du mal a comprendre certains arguments...
    Oui la stabilisation est utile et oui même avec un équivalent 35mm ! Tous ceux qui y ont goûté témoigneront sans doute dans ce sens. Enfin ! Si vous faites des photos en basse lumière (pas le sujet en mouvement), sans vouloir trop monter les ISO, au 1/4 de seconde par exemple avec un équivalent 35, c’est un atout, évidemment ! L’argument du grand angle n’a aucun sens, c’est le couple angle-vitesse d’obturation qui est important.
    Et que Fuji ni dans ses boîtiers, ni dans la plupart de ses otiques (y compris un 56mm... !) ne mette pas de stabilisation est un vrai frein à l’achat de ses boitiers par ailleurs excellent. J’ai un vieux X100, que je remplacerai sans doute par un X100F et je déplore cette lacune.

  • Qu’en est -il de l’autonomie de la batterie ? J’espère que Fuji a amélioré ses batteries, parce que j’ai un x100s et la batterie ne tiens pas longtemps ! Notamment avec le TCL-X100 + le viseur en mode EVF + fichiers en mode RAW...

  • La stabilisation est un manque rédhibitoire chez Fuji en général et même avec un grand angle en particulier
    La stabilisation autorise de gagner 2/3 stops mini dès lors que l’on travaille dans des conditions peu lumineuses sans devoir monter trop dans les isos ce qui n’est jamais très bon
    J’ajouterais à titre complémentaire les incohérences d’un tel boitier : l’absence de WR déjà soulignée par ailleurs pour un boitier de maraude, une optique "out to date" selon CI qui ne permet pas d’exploiter totalement le nouveau 24 mpx mais qui pourtant conduit entre autres à une hausse tarifaire. In fine, je ne comprends pas l’intérêt d’un tel boitier versus le PRO2 que l’on trouve désormais en magasin ayant pignon sur rue à 1600 euros.

  • OK avec Roberto quant au PEN F que je possède aussi en parallèle à mes Fuji. Cela permet de fait de compenser plus qu’avantageusement la différence de un stop entre les deux capteurs (4/3 versus APS-C). On ajoutera les multiples et diverses fonctionnalités - outre la stabilisation déjà citée - à l’image du HDR dans le logiciel du boitier