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Guillaume Noury : « Il y a clairement un avant et un après Prix Vincennes Images Festival »

11/01/2017 | Sandrine Dippa

La deuxième édition du Vincennes Images Festival se déroulera du 19 au 21 mai 2017. Le festival de photo amateur, présidé cette année par Yann Arthus-Bertrand et dont Le Monde de la Photo est le partenaire presse, vient de lancer son appel à candidatures autour du thème « En mouvement ». Pour l’occasion Guillaume Noury, lauréat de la première édition, nous parle de son parcours depuis l’obtention de son prix.

- MDLP : En 2015, vous avez remporté le prix Vincennes Images Festival. En dehors de la reconnaissance que vous évoquiez lors de notre dernier entretien, plus d’un an et demi après, quelles ont été les retombées sur votre vie de photographe ?

G.N : Avec un peu plus de recul, il y a clairement un avant et un après Prix Vincennes Images Festival. En dehors de la reconnaissance, j’ai gagné en confiance. C’est gratifiant de pouvoir parfois se reposer sur ce prix. Après, en ce qui concerne les opportunités, ça met un peu de temps à se mettre en place, mais ça avance. Le Monde de la Photo m’a par exemple présenté pour les Zooms lors du dernier Salon de la Photo.

- MDLP : La confiance acquise avec l’obtention de ce prix vous a-t-elle donné envie de participer à d’autres concours ?

G.N : Oui. J’essaie de bien cibler les concours en fonction de mon niveau et de ce que je fais. J’ai participé au Rendez-vous international de l’Image de Strasbourg. J’ai été sélectionné. Mes images seront visibles du 27 au 29 janvier pendant la manifestation visant à promouvoir la photographie. J’ai aussi envoyé ma candidature aux Voies Off d’Arles. J’attends une réponse pour le printemps prochain.

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Photo : Guillaume Noury, Les derniers jours.

- MDLP : De vos photos, nous retenons – entre autres – du noir et blanc, des prises en argentique, au Fuji X70 et au Ricoh GR. Comment travaillez-vous aujourd’hui  ?

G.N : Depuis cet été je suis rentré dans un nouveau cycle. Je travaille sur un projet d’un an en noir et blanc s’inspirant des quatre saisons. Pour ce sujet, je ne fais plus du tout de numérique. J’utilise l’argentique, des compacts et du 28 mm. Je ne me suis toujours pas mis à la couleur même si – comme je l’évoquais lors de notre dernier entretien – je ne ferme pas la porte. Si à un moment donné je trouve que la couleur répond mieux à ce que je veux dire, je vais la choisir. Pour l’instant, ce n’est pas le cas.

- MDLP : Il y a six mois vous nous parliez aussi de votre projet sur Sarajevo inspiré par le livre Le violoncelliste de Sarajevo de Steven Galloway. Rappelez-nous la genèse de cette série réalisée avec Ludovic Giraudon.

G.N : En effet, la lecture de cet ouvrage m’a donné envie de découvrir Sarajevo, une ville qui, pour nous Européens de l’Ouest, reste parfois associée à la guerre des années 90. L’idée était de découvrir autre chose et de me déconditionner de ce que j’ai appris depuis mes 12-13 ans. En y allant, je ne savais pas ce que j’allais y trouver mais il était évident que je ne voulais pas rapporter des images rappelant la guerre.

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Photo : Guillaume Noury, La traversée de l’été.

- MDLP : Qu’avez-vous finalement trouvé sur place ?

G.N : Beaucoup de choses difficiles à résumer en quelques mots. Je retiens surtout des rencontres riches. En déambulant dans la ville sans rien préméditer ni prévoir, Ludovic et moi avons fini par faire de nombreuses rencontres. Il y en a eu beaucoup. Certaines nous ont plus marquées que d’autres. Je pense par exemple à cette femme blessée de guerre exilée en France qui a fini par retourner travailler à Sarajevo ou à ces jeunes street-artists du collectif HAD qui investissent des usines abandonnées pour graver les visages d’anonymes morts durant la guerre. Nous avons gardé le contact. Nous les retrouverons quand nous y retournerons.

- MDLP : Où en êtes-vous dans ce projet ?

G.N : Depuis notre dernier entretien, je n’y suis pas retourné. Pour l’instant ce n’est qu’à l’état de projet même si nous allons probablement exposer la première partie de notre travail dans l’Oise en juin. Quoi qu’il en soit, nous avons prévu de retourner à Sarajevo pour continuer la série mais nous ne savons pas encore quand.

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Photo : Guillaume Noury, Les derniers jours.

- MDLP : En dehors de la série sur Sarajevo, quels sont vos projets ?  

G.N  : Je travaille sur le projet des quatre saisons évoqué tout à l’heure. Deux séries sont déjà visibles sur mon site. La traversée de l’été est inspirée par le livre de l’écrivain américain Truman Capote. C’est la série qui sera exposée durant les Rendez-vous de l’Image de Strasbourg. Il s’agit d’un voyage, d’une épopée à travers l’été prise durant les semaines de liberté que je j’ai eu la chance d’avoir à ce moment-là. J’ai photographié comme d’habitude mon quotidien, ma famille, des rencontres, des sensations, un feeling… avec en tête le livre de Capote. La deuxième série, plus automnale, intitulée Les derniers jours, s’inspire quant à elle du roman Les derniers jours de Stefan Zweig de Laurent Seksik. Elle regroupe des clichés pris en octobre à Bruxelles. Ce projet s’est construit au fur et à mesure, sans avoir d’idée précise. L’idée est de capturer des photos et d’en faire des pièces de puzzle que je peux bâtir progressivement. J’entame actuellement la troisième série d’une quinzaine d’images sur l’hiver. Toujours en argentique. Je ne sais pas encore comment elle va s’intituler.

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Photo : Guillaume Noury, La traversée de l’été.

- MDLP : Comment avez-vous pensé ces images ?

G.N : Ce sont des séries réalisées au feeling, en écoutant mes sensations. Il y a une première phase instinctive de prise de vue qui se fait sans réfléchir. Il s’agit de profiter de ce que je prends en photo, d’être sensible à la lumière et de composer mes images, bref d’être de plus disponible possible. Après, il y a l’editing. Je commence à réfléchir pour choisir les bonnes photos. Je fais une première sélection, puis des tirages de lecture, à plat. C’est à ce moment que quelque chose commence alors à se dégager, une série, un lien entre les images. Je procède alors à un tri. Il y a des photos qui peuvent être très fortes, mais que je ne vais pas garder, car elles ne correspondent pas à l’ambiance générale. D’autres vont être plus faibles, mais vont bien s’articuler dans la série. Enfin, je trouve un titre. Il peut dépendre du livre que je lis ou encore de la musique que j’écoute. C’est une manière différente d’aborder la photo, car parfois je pars aussi d’un titre.

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Photo : Guillaume Noury, La traversée de l’été.

- MDLP : Le prochain concours du VIF sur le thème « En mouvement » est ouvert jusqu’au 19 mars 2017. En tant que membre du jury et ancien lauréat, que conseilleriez-vous aux photographes amateurs souhaitant y participer ?

G.N : Le conseil que je peux donner aux participants est de bien répondre au thème. En 2015, je pense que c’est ce qui m’a permis d’arriver dans les premiers. Il faut aussi soigner ses images et envoyer dix photographies homogènes. Il est nécessaire de penser série et de ne pas forcément chercher à avoir que des clichés forts ou spectaculaires. Miser sur la cohérence globale me paraît donc primordial.

Propos recueillis par Sandrine Dippa

- Le site de Guillaume Noury 
- Le site du VIF 

Crédit image d’accueil : Guillaume Noury, Les derniers jours

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