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Guillaume Noury, photographe du quotidien

01/07/2015 | Benjamin Favier

Entretien avec le vainqueur du concours organisé lors de la première édition du Vincennes Images Festival autour de la thématique « La lumière ». Le Monde de la Photo était le partenaire média de l’événement. La prochaine édition est prévue pour 2017.

Guillaume Noury, lauréat du concours organisé à l’occasion de la première édition du Vincennes Images Festival (VIF), qui s’est déroulé du 29 au 31 mai, dans la commune du Val-de-Marne, grâce à sa série Le champ des possibles, le photographe nous explique le sens de sa démarche. Il ne jure que par le noir et blanc et le 28 mm de son Ricoh GR, qu’il a en permanence sur lui.

- MDLP : Comment vous définiriez-vous en tant que photographe ?

Guillaume Noury : Je suis un photographe du quotidien, dans le sens où je ne sais jamais quand je vais prendre des photos : c’est pourquoi j’ai souvent un appareil sur moi. Je travaille beaucoup au feeling, à l’instinct. C’est quand je commence à avoir une idée de projet que je me replonge dans ma matière photographique pour essayer de la modeler et d’en faire ressortir une série. C’est comme si je ramassais des pièces de puzzle au jour le jour et que j’essayais ensuite de le reconstituer.

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Série Le champ des possibles. © Guillaume Noury

- Pourquoi le choix du noir et blanc ?

Comme une évidence ! J’ai essayé plusieurs fois de photographier en couleur mais je n’y arrive pas vraiment, j’ai l’impression que la couleur offre trop de possibilités et qu’elle « parasite » parfois le message dans le sens où elle peut elle même devenir le sujet. Le noir et blanc est plus direct, il permet de faire passer l’émotion plus rapidement.

- Comment appréhendez-vous la composition ?

Je ne suis pas assez rigoureux sur la composition lors de la prise de vue. Je suis plus concentré sur la lumière, tout en essayant d’anticiper ce qui pourrait arriver. J’ai donc tendance à négliger ce point, du coup je peaufine ensuite en recadrant.

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Guillaume Noury lors de la remise des prix du VIF, le 31 mai dernier, à Vincennes. © VIF

- Quels sont vos références parmi les photographes connus ?

Ha ! Il y en a tellement : J’aime le travail toujours innovant de Trent Parke, qui est une référence en photo de rue. Je m’inspire également de Saul Leiter, Martin Bogren, Bernard Descamps, Claudine Doury, Bernard Plossu... Je suis également un grand admirateur de Klavdij Sluban. Il a un incroyable sens de la lumière, il arrive à nous faire ressentir la moindre lueur, c’est un maître !

- Expliquez-nous le sens de votre démarche sur votre série Le champ des possibles

Beaucoup de choses m’intéressent et je pars parfois dans tous les sens, mais une chose me questionne plus que les autres, c’est l’idée du déterminisme, du destin et du libre arbitre, du hasard... appelez ça comme vous voulez. J’essaie de photographier des moments-clés, les instants de basculement qui donne l’impression d’un point de non-retour, mais ou tout devient possible. Si je ne suis pas très clair, j’espère que mes photos parlent d’elles même et qu’elles incitent à se raconter des histoires.

- Quel matériel utilisez-vous ?

J’utilise exclusivement un compact numérique Ricoh GR depuis 2 ans, c’est un appareil très discret : silencieux, petit, rapide, de plus il offre une bonne qualité d’image. J’utilise ensuite Lightroom pour les post-traitements avec l’idée de faire la même chose qu’au labo argentique. C’est-à-dire contraste, exposition et parfois du travail par zone. Pas plus.

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Série Le champ des possibles. © Guillaume Noury

- Quel est votre sentiment à l’issue du gain du prix du VIF ?

Beaucoup de fierté, il suffit de voir toutes les réactions de mes proches, c’est génial, j’en profite. Mais ce n’est qu’une étape, je suis loin d’avoir une écriture photographique constante. Il y a encore beaucoup de travail devant moi, mais aussi beaucoup de plaisir !

- Quels sont vos projets à venir ? En quoi ce prix va-t-il influencer votre futur photographique ?

Je commence un projet sur la ville de Sarajevo ; ce projet existait avant la remise du prix. Mais cette récompense me donne plus de confiance et encore plus de motivation.

- Propos recueillis par Benjamin Favier

- Crédit image d’accueil : Série Le champ des possibles. © Guillaume Noury

- Le site du Vincennes Images Festival
- Les galeries de Guillaume Noury sur Flickr

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Messages

  • Merci pour ces réponses tellement jutes ,pleines de sincérité et de bon sens
    helene

  • Et bien , voilà bien la preuve qu’on n’a pas besoin d’un gros d4 avec un zoom ultra lumineux 24-35 pour faire de très bonnes photos. Bravo aussi pour l’honneteté du photographe qui dans sa démarche clarifie ses priorités et n’a aucune honte à avouer qu’il recadre ses photos en post traitement. Je suppose aussi qu’il doit travailler sur les canaux couleurs, le GR étant moins performant que le nikon coolpix A en mode noir et blanc.

  • Et voici l’autre face du snobo-fétichisme du matériel...
    1- Si tu n’as pas de gros reflex avec un très gros zoom pour faire du HDR, tu n’es rien.
    2- Si tu fais autre chose que du NB avec un objectif fixe 35 (50 à la rigueur), tu es mauvais.
    Pas très envie de choisir mon camp.

  • Nous sommes du même avis, saluons l’honnêteté de ce photographe mais n’enterrons tout de même pas si vite la composition qui reste me semble-t-il une des règles de base de la créativité (photographie, peinture, etc.,).
    Le recadrage est un pis aller...