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Interview : Guillaume Noury, candidat MDLP des Zooms 2016

14/06/2016 | Sandrine Dippa

Les candidats des Zooms viennent d’être dévoilés. Cette septième édition, organisée dans le cadre du Salon de la Photo qui se déroulera du 10 au 14 novembre 2016, récompensera deux photographes d’un Zoom du public et du Zoom de la Presse Photo. Rencontre avec Guillaume Noury, candidat présenté par Le Monde de la Photo et lauréat du prix Vincennes Images Festival 2015. 

-Le Monde de la Photo : Comment vous définiriez-vous en tant que photographe ?  
Guillaume Noury : Je me considère comme un photographe auteur, dans le sens où je se suis à la recherche d’une photographie personnelle voire introspective. L’unité de temps ou de lieu me sert de base à tous projets. Aussi loin que je puisse remonter je me suis toujours intéressé à la photographie mais je m’y suis vraiment investi il y a une quinzaine d’année avec l’arrivée du numérique. Pendant une dizaine d’années, je me suis cherché. J’ai testé différents styles et appareils. J’ai une écriture photographique depuis environ deux ans mais je ne me sens pas totalement installé. Elle évolue encore.

-MDLP : Quels sont vos sujets de prédilection ?  
G N : La rue bien sûr ! Je peux marcher des heures en ville à déambuler, à errer en essayant d’être le plus disponible possible à tout ce qui m’entoure.

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© Guillaume Noury, série Le champ des possibles

-MDLP : Que pouvez-vous nous dire sur Le Champ des possibles, la série présentée dans le cadre des Zooms ?  
G N : Ces photos sont comme des rendez-vous manqués ou des rencontres possibles, en tout cas des attentions pour l’autre, une disponibilité qui s’accompagnerait d’une certaine appréhension.

-MDLP : Pourquoi le noir et blanc ?  
GN : Le noir et blanc me permet d’atteindre l’imaginaire plus facilement. Il permet un décalage par rapport à la réalité. Il aide également à mieux révéler la lumière mais je ne ferme pas de portes, je ferai peut être une série en couleur un jour.

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© Guillaume Noury, série Le champ des possibles

-MDLP : Comment travaillez-vous ?  
G N : Je travaille à l’instinct avec des petits appareils. Je déambule avec l’idée d’être à l’écoute de mes sensations. Une fois les photos faites, je peux réfléchir à l’editing et à la mise en forme d’une série. 

-MDLP : Y a-t-il une grande part de retouche dans vos travaux ?  
G N : La retouche, c’est à dire le traitement de la photographie est une étape importante, c’est valable en numérique et en argentique. Il faut voir la photo brute comme une partition que l’on va interpréter au tirage. Quand je travaille en numérique, je tente de garder cet esprit argentique en jouant avec les contrastes et la lumière. Je peux aussi masquer ou éclaircir des zones mais je ne rajoute ni n’enlève d’objets. 

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© Guillaume Noury, série Le champ des possibles

-MDLP : Le prix Vincennes Images Festival de la photo amateur a-t-il changé votre vie de photographe ?  
G N : Le fait d’être un peu reconnu apporte une certaine légitimité. Je suis quelqu’un qui doute et qui se remet constamment en question. Je me demande toujours si je vais dans la bonne direction, si je ne peux pas faire autrement. Ce prix m’a donc apporté de la confiance et une certaine forme de motivation. J’assume plus facilement de dire que je suis photographe auteur. 

-MDLP : Il y a un an vous utilisiez un Ricoh GR. Qu’en est-il aujourd’hui ?  
G N : J’utilise toujours ce compact numérique mais aussi un Fuji X70 et un compact argentique. La petite taille de ces appareils me permet d’être discret. J’utilise toujours un 28 mm car j’ai l’habitude de cette focale grand angle. Elle apporte, de plus, une contrainte souhaitée, lorsque l’on veut photographier des personnes, il faut se rapprocher d’eux, ça m’oblige à sortir de ma zone de confort.

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© Guillaume Noury, série Le champ des possibles

-MDLP : Quels sont vos projets ?  
G N : J’ai commencé un travail sur la ville de Sarajevo. L’idée m’est venue en lisant Le Violoncelliste de Sarajevo de Steven Galloway. Le livre décrit la ville assiégée au début des années 90. L’auteur dépeint des portraits de personnes, de destins individuels et de la ville. J’y suis allé deux fois. Une semaine tout seul pour découvrir et une deuxième fois avec un autre photographe : Ludovic Giraudon. Nous y retournons d’ailleurs bientôt. Dès que j’ai un peu de temps je fais pas mal de photos au Havre et à Saint-Nazaire. J’ai une attirance toute particulière pour ces villes portuaires industrielles, une série pourra peut-être naître de ces photographies.

- Propos recueillis par Sandrine Dippa

- Le site des Zooms
- Le site de Guillaume Noury
- Le site du Salon de la Photo

Crédit image d’accueil : © Guillaume Noury

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