Tout savoir pour réaliser, optimiser et diffuser ses photos

Interview : Yves Bagros photographe culinaire

14/05/2015 | Sandrine Dippa

Yves Bagros, photographe culinaire spécialisé dans la publicité, livre les secrets de fabrication d’un cliché destiné à une campagne pour la marque Cornetto. L’occasion de se pencher sur l’art délicat de la photographie culinaire.

Vous connaissez ses photos mais peut-être pas son nom. Mc Chicken, Kinder Bueno, le café Carte Noire, les tartines Jacquet, Nutella ou les rochers de Ferrero, c’est lui. Depuis trois décennies, Yves Bagros, photographe de natures mortes, sublime les produits alimentaires de grands groupes dans son studio basé à Colombes.

Comment se passe un shooting culinaire ?

Yves Bagros : Lorsque mon agent reçoit le brief et les maquettes réalisées par l’agence de pub pour une marque, il me les envoie. Par exemple, si je dois réaliser une photo pour une marque de café, le brief et la maquette contiennent toutes les consignes nécessaires comme l’identité visuelle de la marque, la couleur de la tasse contenant le café, le visuel de la photo finale... Tout est très détaillé et mon boulot est de respecter ces directives. La photo finale reprend le visuel de la maquette en l’améliorant.

JPEG - 137.1 ko
© Yves Bagros

C’est un travail d’équipe dans le sens où je dirige les équipes de styliste et de retouche tout au long de la production. Je travaille constamment avec une assistante, une retoucheuse pour la post-production, une styliste chargée de mettre en scène les aliments et une styliste déco. Par exemple, elles peuvent ajouter des détails comme des tomates ou des épices pour les mettre en valeur. Tous ces détails sont décidés lors de la pré-production, qui est une réunion à l’agence en présence de la marque et de tous les intervenants. Cette même équipe est présente durant la production, c’est-à-dire la prise de vue.

Lors de la prise de vue, je fais plusieurs essais que je peux visualiser sur un écran relié à l’appareil et réajuster. En général, il me faut une journée entière pour obtenir la bonne photo.

JPEG - 176.1 ko
© Yves Bagros

Quels sont vos trucs pour sublimer les aliments ? Comment passe-t-on de la maquette à l’image qui donne envie ?

Y B : Je peux faire appel à un « styliste facticien » chargé de recréer les textures des aliments trop fragiles pour être shootés en réel, comme les glaces, ou les effets spéciaux comme les « splashs ».

Les crèmes glacées, par exemple, sont souvent pleines d’imperfections, givrées et peu exploitables à la sortie du congélateur. Pour photographier des Cornetto, j’ai fait appel à un « styliste facticien » spécialiste des produits glacés. Son boulot a été de recréer certains éléments du cornet, comme la crème vanillée, avec des substances non comestibles, mais plus attrayantes et surtout qui ne fondent pas au bout de 15 minutes ! Le styliste a préparé une mixture semi-molle recouverte de fausse sauce rappelant la vanille qu’on a inséré dans le cornet pour lui donner un aspect luisant et alléchant. On n‘a pas trop eu à retoucher l’image en post-production, si ce n’est pour ajouter quelques copeaux de caramel. Certaines images cependant nécessitent 20 heures de retouche.

JPEG - 459.5 ko
© Yves Bagros

Quel type de matériel utilisez-vous ?

Y B : J’utilise différents flashs électroniques. Le nombre dépend de la nature morte photographiée. Je me sers aussi de fonds et de réflecteurs pour façonner la lumière. J’utilise un Canon EOS 5D Mark III, ce qui est très courant dans les studios. Au final le choix du boîtier n’est pas important, car aujourd’hui tout le monde peut utiliser ce type d’appareil. Le plus dur, et c’est ce qui différencie le pro de l’amateur, est de savoir façonner la lumière.

JPEG - 383.3 ko
© Yves Bagros

Comment êtes-vous devenu photographe publicitaire ?

Y B : J’ai commencé par faire une école de cinéma, puis j’ai intégré une école de photo. Sans surprise j’ai beaucoup travaillé. J’ai souvent été assistant ce qui m’a permis de faire mes preuves. Un jour j’ai envoyé des photos à un magazine, elles ont été publiées. Un agent les a remarquées et m’a proposé de rejoindre son équipe. J’ai eu beaucoup de chance. Je pense que j’ai su me faire remarquer au bon moment.

Propos recueillis par Sandrine Dippa

Jusqu’au 31 octobre se déroule la sixième édition du Festival International de la Photographie Culinaire. Au programme, des concours, des exposition, des rencontres - débats et la vente publiques aux enchères de photographies culinaires.

- Le site de Yves Bagros
- Crédit image d’accueil  : Yves Bagros
- Le site du Festival International de la Photographie Culinaire

Cet article vous a plu ? Notez le et partagez le sur les réseaux sociaux !



Commenter cet article

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.