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L’Europe façon puzzle de Jean-Christophe Béchet

08/04/2017 | Nadia Trujillo

Après le Grand Théâtre d’Angers, Jean-Christophe Béchet investit la Maison de la Photographie Robert Doisneau à Gentilly avec une exposition inédite conçue spécialement pour le Mois de la Photo du Grand Paris 2017.

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URSS, été 1991
Photo : Jean-Christophe Béchet

Intitulée European puzzle, l’exposition est tirée de l’ouvrage du même nom publié en novembre 2016 aux éditions Loco. Après American puzzle paru en 2011, Jean-Christophe Béchet s’est employé cette fois à tirer le portrait du Vieux continent. Tout commence en 1991 avec la fin de l’Union soviétique. Le photographe français est à Moscou et voit partout se soulever des interrogations sur l’avenir de cette nouvelle Europe initiée deux ans plus tôt avec la chute du Mur de Berlin. Germe alors l’idée du projet European puzzle que Jean-Christophe Béchet va poursuivre pendant plus de vingt-cinq ans : « S’interroger sur l’Europe, c’est questionner sa propre identité d’Européen. En quoi suis-je Européen ? Au delà des questions économiques qui rythment trop souvent le “sentiment européen”, je souhaite essayer de construire ce puzzle comme une longue mélodie musicale ancrée dans la réalité de ces trente dernières années. »*

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Bucarest
Photo : Jean-Christophe Béchet

L’auteur choisit d’être à contre-courant de l’actualité et préfère s’inscrire dans la lignée de photographes tels qu’Henri Cartier-Bresson, René Burri ou Bruno Barbey : « N’est-ce pas le défi de la photo d’apporter une vision poétique et documentaire quand les mots, les chiffres et les analyses ont déjà épuisé leur interprétation du réel ? »*
Dans son puzzle européen, le Français écarte volontairement son pays natal. Il assume ce parti-pris : « Chaque fois que je photographiais dans une région française, je ne me sentais pas en Europe. J’étais en Bretagne, en Ardèche ou en Bourgogne… J’ai alors compris que pour moi l’Europe est ce territoire voisin, mais différent, un étranger familier (…) Je trouvais que les images prises dans l’hexagone ne fonctionnaient pas visuellement avec les autres. »*

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Istanbul, 1995
Photo : Jean-Christophe Béchet

L’exposition de la Maison Robert Doisneau présente cinquante-sept tirages, répartis sur deux étages, ainsi qu’une présentation des précédents ouvrages du photographe. Pour l’auteur prolifique, « l’exposition se construit dans la continuité du livre : le livre donne le point de départ et il y a ensuite une sorte d’adaptation, de déclinaison qui aboutit à une autre vision »*.
Après la Maison Robert Doisneau, la galerie Les Douches, qui représente Jean-Christophe Béchet, proposera une nouvelle déclinaison d’European puzzle à découvrir du 7 juin au 29 juillet 2017.

« On ne photographie pas pour « réussir », pour « expliquer » ou « démontrer » ; non, on le fait pour essayer de comprendre »
Jean-Christophe Béchet

* Citations extraites de l’entretien publié dans le numéro 94 du Monde de la Photo, actuellement en kiosques

Crédit image d’accueil : Jean-Christophe Béchet

Informations pratiques

- Où : Maison de la Photographie Robert Doisneau, 1 rue de la division du Général Leclerc, Gentilly
- Quand : du 17 mars au 23 avril 2017
- Site de la Maison de la Photographie Robert Doisneau

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  • Désolé, je suis certainement insensible car je ne vois aucune "vision poétique et documentaire" de l’Europe, juste des photos n’importe comment, floues, mal cadrées, inintéressantes.
    Les références à de grands photographes ne rendent pas un travail quelconque plus génial, moi je pourrais dire que je suis exactement comme Einstein, j’ai un cerveau.
    Sans rancune.

  • 1. Avoir un cerveau ne suffit pas. La’photo est un art donc n’est pas forcément rationnelle
    2. Insensible : c’est votre perception pas celle de tout le,monde
    3. On ne juge pas un photographe ou une œuvre sur trois ou quatre photos mais sur une démarche
    3. Vous auriez pris la,peine d’aller voir le site internet du photographe, vous auriez "compris" cette démarche
    4. Vous n avez probablement pas pratiqué de photo de rue pour faire une telle réflexion
    5. Croyez vous que Plossu ou d’autres grands photographes aient toujours fait des photos parfaites au sens académique et carré où vous l’entendez ?
    6. Je vous conseille vivement d’éclairer votre jugement en élargissant votre vision de la,photographie en vous intéressant à des photographes comme ceux publiés par exemple par reporters sans frontières.

  • @1 C’est bien d’avoir un cerveau... faut il savoir s’en servir... et faut il savoir parler de photographie ou d’art en général...on en parle un peu avec son cerveau et beaucoup avec son coeur... cela s’appelle la sensibilité. Mais faut il le savoir.
    Et je rejoins Jean-Christophe sur le fait de juger une oeuvre sur 4 photos c’est réducteur (pour rester poli).
    Le peu de photos exposées ici montrent déjà beaucoup de choses. De petits détails fourmillent et des regards nous racontent des histoires. Un flou est souvent plus intéressant qu’une photo bien nette...

  • @2
    @3
    Je comprends le message d’@1 car si on se réfère aux analyses critiques de certains médias, J-C. Béchet pourrait être jugé défavorablement... La photo n’est pas toujours un art, malheureusement... Dans ces conditions, il n’est pas nécessaire d’être méprisant avec un jeune lecteur qui a moins d’expérience que vous... On peut toujours discuter, expliquer sans mépris la raison pour laquelle on apprécie le travail d’un auteur....

  • @4
    1. Je ne vois aucun mépris dans mes commentaires faits en réponse à @1
    2. Le texte ne donne aucune indiction sur l’âge du lecteur, ce qui n’enlève rien au fait qu’on peut être sensible ou non à certaines choses à dix ans ou à 50 ans
    3. Le,mépris est inhérent au message 1 quand il évoque le cerveau. L’intelligence scientifique n’a RIEN à voir avec la perception d’une œuvre dite artistique au sens large. Le message infère que le,photographe est con et que celui qui voit les photos du photographe est plus malin.
    4. Mon message attiré l’attention justement de quelqu’un qui avoue ne rien voir de tout ce que les commentaires disent : apprécier une photo, c’est subjectif mais cela dépend aussi de la,"culture" photographique qu’on a . Comment allez vous alors juger les photos de Dieuzaide, Charbonnier, et bien d’autres qui comme l’a tres bien fait remarquer Esteban ne doivent pas nécessairement être impeccable "techniquement" pour nous dire quelque chose. La,photo, c’est comme la peinture , il y a des toiles qui ne vous parleront peut être pas, mais c’est mieux pour apprécier les peintures d’avoir visité au moins le Louvre et le musée d’Orsay avant....
    c’est tout ce que j’ai voulu dire, il n’y a rien de méprisant la dedans.