Publié le : 23/12/2011

La guerre en Afghanistan filmée au 5D Mark II

Le photojournaliste américain Danfung Dennis signe, avec Hell and back again, un film documentaire remarquable sur la guerre en Afghanistan. Il a filmé un régiment de l’armée américaine seul, armé d’un Canon EOS 5D Mark II. Il revient sur son expérience.

« Je crois profondément au pouvoir de la photographie. Cela permet de transmettre des émotions, de raconter des histoires… Mais ce n’est pas suffisant. Il faut aller vers de nouvelles formes d’expression. L’image fixe n’a plus le même impact qu’auparavant. » Danfung Dennis expose sa vision des choses d’un ton posé, sûr, presque froid. Un peu à la manière de James Nachtwey, qu’il admire. Comme l’ancien membre de Magnum Photo et de l’agence VII, le jeune photojournaliste américain (30 ans) a courageusement glané ses galons de correspondant de guerre. L’Irak, l’Afghanistan, il connaît. Il s’y est rendu à plusieurs reprises en tant que photographe, pour Newsweek ou le New York Times.

Durant l’été 2009, il suit les soldats de la Compagnie Echo, 2e Bataillon, 8e Régiment de Marines, qui partent à l’assaut d’un bastion taliban au sud de l’Afghanistan. Mais cette fois, il endosse le costume de vidéaste. Il utilise un Canon EOS 5D Mark II avec deux micros, le tout sur un Glidecam HD2000 (voir photo ci-dessus). Malgré des conditions de tournages éprouvantes (chaleur extrême, ergonomie peu adaptée de l’appareil, combats fréquents, etc.), il ramène des séquences d’une remarquable intensité, qui plongent le spectateur en immersion, aux côtés des Marines. La qualité d’image est tout simplement époustouflante sur grand écran. Dans l’entretien qu’il nous a accordé (voir vidéo ci-dessous), Danfung précise qu’il a tourné au maximum à f/2,8 sur le sol afghan. Sur le plan narratif, il a finalement concentré son récit autour du sergent Nathan Harris. Ce jeune militaire de 25 ans avec qui il a sympathisé sur le terrain, a été grièvement blessé. Le photojournaliste a suivi son retour au pays, auprès de sa femme, et leur quotidien, pendant un an. Hell and back again raconte tout cela : l’enfer de la guerre, sur place, mais aussi celui du retour au pays, plus méconnu, mais tout aussi insoutenable, dans le cas de Nathan. Bouleversant.

Dans l’entretien ci-dessus, Danfung revient sur les raisons de son choix de tourner ce film documentaire de 88 mn avec un appareil photo. Il livre aussi un regard sans concession sur le métier de photojournaliste. Et prône une approche innovante, à l’image de la start-up qu’il vient de créer, Condition One, qui propose des expériences en immersion.
Hell and back again vient de sortir sur grand écran (le 21 décembre). Il a reçu le prix du meilleur documentaire au festival de Sundance, aux États-Unis, cette année. Une juste récompense.

- Le site de Hell and back again
- Le site de Danfung Dennis
- Le site de Condition One

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