Publié le : 01/10/2007

Le Ritz libre !

©Wilfrid Hoffacker

«  Lorsque je rêve de la vie après la mort, l’action se passe toujours au Ritz à Paris ». C’est un retour triomphal. Ni écrivain, ni journaliste, c’est dans un uniforme de l’armée américaine qu’Hemingway resurgit, le 25 août 1944, devant le prestigieux hôtel du Ritz, situé Place Vendôme. Avec un seul objectif : libérer l’hôtel, devenu le quartier général des plus hauts gradés Nazis installés à Paris depuis 1940. Hemingway et ses hommes, mitraillette au poing, passent l’établissement au peigne fin. Une fois au bar, le correspondant de guerre offre une tournée générale en forme de Martinis Dry à ses troupes.

Quelques soixante années plus tard, c’est avec une réelle émotion que l’on pénètre dans le Bar Hemingway. Le pas de la porte à peine franchi, une sculpture en bronze de l’écrivain, superbement éclairée, attire le regard. Sur les murs, une vingtaine de cadres évoquent différents moments de sa vie : on le voit pêcher, converser, chasser, toujours avec ce sourire si caractéristique qui se dessine sur son épaisse barbe blanche. Ces moments-là, Colin les connaît par cœur. Barman emblématique de l’hôtel, on est ici chez lui. Depuis l’arrière du comptoir, il manie le verbe aussi habilement que les recettes de cocktails. Son léger accent américain nous transporte définitivement dans l’univers d’Hemingway. Son ton calme s’emporte lorsqu’il aperçoit une édition originale du magazine Life, avec le portrait d’Ernest Hemingway en couverture, traîner sur une table. « Que fait ce magazine en dehors de son cadre ! Il s’agit d’une édition de 1952 ! Je ne vous dis pas ce que cela m’a coûté ! ». Un membre du personnel nous avait gentiment autorisé à le consulter… Sans se douter que cet acte provoquerait une telle réaction de la part du flegmatique barman ! C’est sur fond d’anecdotes plus drôles les unes que les autres que nous effectuons des prises de vue.

©Wilfrid Hoffacker

Les conditions de luminosité sont particulièrement difficiles à gérer. Nous faisons le choix de travailler sans flash, afin de conserver le charme de l’atmosphère intime et chaleureuse qui règne en ce lieu. Une fois les pieds déployés, Wilfrid procède à différents essais à 800, puis à 1 600 Iso. Il a équipé son Samsung GX-10 du 12-24 mm F3,5-5,6. Une première vérification sur l’écran LCD laisse entrevoir un peu de bruit. Pas gênant, en l’occurrence, puisque nous avons décidé de faire ce reportage en noir et blanc. De mon côté, je chausse mon Samsung GX-10 avec ma focale préférée, le 100 mm F2,8. À main levée, en étant bien calé contre un mur ou sur une chaise, la stabilisation du boîtier fait des merveilles. Les résultats sont probants, même à 400 Iso. De délicieuses saveurs viennent nous chatouiller les narines : parfum de citron, arômes de cigares… Tout a été conçu en référence aux différents moments de la riche vie d’Hemingway. Des tapas sont proposées, pour marquer son attachement à l’Espagne (nous aborderons cet aspect de sa vie dans notre prochain numéro), une cuvée spéciale préparée à partir de rhum de Cuba Havana Club rappelle ses tribulations cubaines (abordées lors de nos deux précédents numéros), sans oublier les divers portos millésimés et autres grands whiskies, dont l’écrivain était friand. Une fois en dehors, on ressent à la fois un sentiment de décalage horaire et de dépaysement.

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