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Les aberrations chromatiques

25/02/2008 | Jean-Marie Sépulchre

Je mène depuis un an une croisade dans ces colonnes, pour faire reconnaître que les aberrations chromatiques sont le défaut le plus ennuyeux des clichés numériques ! Certes, la présence de petites franges roses ou vertes sur des lignes tranchées peut aussi se voir en argentique, mais elles sont amplifiées par le numérique, d’abord parce qu’une ligne de pixels de couleur franche va être accentuée par l’accentuation effectuée dans l’appareil, ensuite parce que ces franges bien nettes seront agrandies par l’interpolation : un défaut invisible en tirage carte postale sera franchement agressif sur un poster !

On mesure les aberrations chromatiques selon leur largeur moyenne, en pixels, dans la zone où elles sont le plus présentes, généralement dans les angles. Une frange supérieure à un pixel pourra créer une ligne de 1/10ème de millimètre sur un tirage A3, à la limite de la perception de l’œil, mais une frange de 2 ou 3 pixels se verra à coup sûr.

Le Nikon D300 est le premier boîtier à capteur APS-C de la marque à intégrer, comme son grand frère le D3, une correction logicielle des aberrations chromatiques par le processeur de l’appareil, dès la prise de vue. Les défauts de frange sont traités avant enregistrement du fichier. Par contre ce traitement n’agit pas sur le Raw et c’est le logiciel de post-traitement qui peut intégrer – ou pas – un traitement des aberrations chromatiques.
Sur ce point, Nikon Capture NX fait un sans faute absolu, alors qu’en mode automatique Adobe Camera Raw 4.3 ou Capture One 4 soulignent les aberrations chromatiques… les résultats mesurés publiés ci-dessous ne concernent donc que le Jpeg et le traitement Raw par Nikon Capture NX.
Les cartes d’aberrations chromatiques présentent en bleu un résultat excellent, en vert un résultat moyen, le jaune et le rouge jaune correspondant respectivement à des performances mauvaises et détestables.
D’une façon générale, l’aberration chromatique dépend de la focale du zoom et ne varie quasiment pas avec le diaphragme, la carte présente le moins bon résultat par focale, souvent la plus grande ouverture.

- Aberration chromatique maximale par focale en Jpeg

La correction automatique du Jpeg est efficace sauf dans les angles extrêmes à 16 mm et sur les bords à 70 et 85 mm, sans jamais atteindre de niveaux trop alarmants jusqu’à 70 mm. Elle est quand même trop forte à 85 mm.

- Aberration chromatique maximale par focale en Nef sous Capture NX

Le résultat obtenu en convertissant les fichiers avec Nikon Capture NX est en tout points stupéfiant de qualité et méritera d’être comparé avec le spécialiste du genre (DxO Optics Pro) dès que le module 16-85 de ce dernier sera disponible. De tels résultats sont exceptionnels pour un zoom !

J’insiste sur le fait que cette qualité superlative n’est pas liée au Jpeg en soi, mais à sa conversion par Nikon Capture NX : je sais bien que beaucoup d’amateurs préfèrent Photoshop ou Ligthroom, d’autant que le logiciel du constructeur est lent et son ergonomie peu engageante… mais vous verrez ci dessous une mesure d’aberration chromatique avec une conversion du Raw en Jpeg par Adobe Camera Raw 4.3 en mode automatique. Certes, on peut corriger à vue et à la main… mais vous allez faire çà pour les 500 vues du reportage de la journée ?

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