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Les aberrations chromatiques

10/06/2007 | Jean-Marie Sépulchre

Les mesures d’aberration chromatique :

S’il est un maillon plus faible dans les mesures, il concerne l’aberration chromatique. Certes, elle n’est pas énorme dans l’absolu, mais reste quand même parfois un peu gênante. La aussi, une correction automatique par DxO pourra être utile, car dans certaines conditions (grands agrandissements, après interpolation et accentuation) on pourra discerner des franges vertes ou magenta sur des zones contrastées (ombre et lumière, sur des lignes droites).

On peut voir ci-dessous sur un découpage à 100% de taille écran (1 pixel du fichier équivaut à 1 pixel écran) à gauche le fichier d’origine (un Raw développé par DPP, à droite le même Raw développé par DxO Optics Pro en mode automatique.


Prise de vue à 24 mm, extrait du bord supérieur droit, fichier brut à gauche et corrigé à droite

Outre qu’à droite l’effet du vignetage (assombrissement des angles) à été minimisé, les franges vertes ne sont plus visibles. Cette aberration chromatique est plus importante à pleine ouverture, et reste plus limitée à f/8 sauf à 24 mm et 105 mm. Le chiffre ci-dessous est exprimé en nombre moyen de pixels (largeur de frange). Une frange supérieure à 1 pixel fera plus de 1/10ème de millimètre de large sur un tirage A3 et pourra être repérée avec une très bonne vue, mais surtout elle risque d’être agrandie sur des plus grands formats.


Ci-dessus : aberration chromatique à pleine ouverture et à f/8

Après un traitement automatique par DxO, l’aberration chromatique maximale est toujours proche de 0,5 pixel, sauf à 24 mm et f/8 où elle atteint toujours près de 1 pixel.


Ci-dessus : aberration chromatique à pleine ouverture, fichier brut à gauche et après correction à droite

Quoique qu’un peu élevée dans les angles, cette aberration chromatique n’est pas visible sur des clichés de taille raisonnable (presse, web), mais elle reste quand même ennuyeuse aux deux extrémités de la gamme de focales, surtout quand on la compare à celle du 24-70 de f/2.8 !


Ci-dessus : l’aberration chromatique du zoom 24-70 est beaucoup moins élevée

On observera une corrélation entre la diminution du piqué dans les angles du 24-70 à 70 mm et la présence d’un peu trop d’aberration chromatique sur les angles gauche de l’image. Mais surtout l’aberration chromatique est vraiment cantonnée dans les angles, alors qu’elle n’exempte que le centre de l’image dans le cas du 24-105 L aux focales extrêmes.

J’ai la faiblesse de considérer cette aberration chromatique (et son associée, la franche magenta ou bleue qui peut apparaître en contre-jour) est devenue le défaut n°1 du numérique, maintenant que les imprimantes de format A2 se démocratisent, et que les capteurs de haute définition (au dessus de 12 millions de pixels, incluant donc le 5D) permettent d’agrandir le fichier au format A1 ! Or, une interpolation et une accentuation ne peuvent qu’accentuer ces franges, sauf si on a pris la précaution de les supprimer en post-traitement du fichier d’origine. Dans l’état actuel des choses, seul DxO Optics Pro permet ce traitement sur les Raw de cet appareil de façon totalement automatique.
L’exemple ci-dessous, à partir d’une prise de vue avec le 17-40 L de f/4, encore plus sensible que le 24-105 à ce défaut, montre encore une fois la différence de traitement entre DPP et DxO. A gauche les franges sont bleues, à droite elles ont disparu. Il serait urgent que le logiciel Canon intègre aussi ce type traitement automatique, d’autant que Nikon ne l’offre qu’en supplément payant avec Capture NX.


Ci-dessus : aberration chromatique sur l’angle supérieur droit d’un cliché avec le 17-40 mm, 40 mm f/4. A gauche fichier brut, à droite correction DxO.

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