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Les cours photo : les fondamentaux de l’optique

16/09/2013 | Franck Mée

Eyrolles lance une nouvelle collection : les Cours photo. Premier volume, Les fondamentaux de l’optique de Jost J. Marchesi et un ouvrage permettant de comprendre comment se forme une image et de voir les différents types d’objectifs. Parfois intéressant mais pas exempt de défauts.

Vous êtes-vous déjà demandé comment fonctionne un objectif ? Quelle est la différence entre un verre Flint et un verre Crown ? D’où viennent l’aberration sphérique, les franges colorées, le flare ? Pourquoi un doubleur fait perdre en luminosité et pourquoi les objectifs grand-angle des reflex sont plus gros que ceux des compacts à objectifs interchangeables ?

C’est l’objet des Fondamentaux de l’optique de Jost J. Marchesi, ouvrage inaugural de la collection Les cours photo de chez Eyrolles. Il reprend les bases de l’optique (nature ondulatoire et corpusculaire de la lumière, rapport entre longueur d’onde et couleur, composition d’un œil, réflexion, réfraction et diffraction, etc.) pour amener les notions d’optique pratique (formule d’un objectif, focale, ouverture, mise au point, tirage, aberrations diverses), avant de présenter l’évolution des objectifs depuis 150 ans. L’ensemble devrait permettre aux curieux d’approfondir des connaissances acquises lors d’un baccalauréat scientifique ou équivalent.

Cours magistral

Attention cependant : Les fondamentaux de l’optique n’est pas un livre. Non seulement il ne s’agit pas d’un ouvrage de vulgarisation, mais il semble conçu pour le travail d’étudiants en soutien d’un cours universitaire délivré par un professeur. Il est du coup parfois ardu et souvent sec, dépourvu de l’effort didactique et stylistique qu’attend celui qui souhaite juste approfondir ses connaissances sur son temps libre. Plus étonnant, certains passages expliquent des bases évidentes à tout lycéen en classe scientifique alors que d’autres seront plutôt réservés aux personnes ayant suivi des études supérieures...

La construction souffre également de quelques bizarreries, comme le renvoi de la notion de vergence au milieu de l’ouvrage — imposant de faire les premiers calculs avec des inverses de distance focale, excellent moyen de décourager les dilettantes. Nous évoquerons brièvement certains paradoxes étonnants, comme d’enchaîner en deux paragraphes que la perspective est liée à la distance focale et qu’elle ne dépend que de l’emplacement de prise de vue (p.83), et nous regretterons au moins une erreur méthodologique : les illustrations de l’évolution des traitements anti-reflets sont issues d’objectifs de formules radicalement différentes, ce qui joue fatalement aussi sur les réflexions parasites.

L’ouvrage n’est pas non plus exempt de soucis de relecture et peut-être de traduction, comme un passage sur la température de couleur et la température de couleur corrélée proprement incompréhensible (p. 27), des abréviations changeant entre les encadrés et le texte, des erreurs typographiques élémentaires (p.30, "1012" au lieu de "10¹²", par exemple) et des légendes inversées d’une image à l’autre (p.93).

Enfin, les linguistes s’étoufferont pour leur part en voyant Angénieux crédité de l’invention du terme "zoom", qu’il n’a fait qu’importer dans la photographie — "to zoom" est apparu à la fin du 19è siècle en anglais dans le sens de "se déplacer rapidement", et a été popularisé par les aviateurs dès la Première guerre mondiale.

Assez inégal

Dommage, car certains éléments sont bien construits ou agréablement complets (le passage progressif de l’approximation des lentilles minces aux lentilles sphériques, puis aux objectifs, ou encore l’histoire des formules optiques des premiers objectifs aux zooms modernes) et les autodidactes amateurs de technique manquent d’un ouvrage de ce type.

Dans l’ensemble, Les fondamentaux de l’optique est donc un ouvrage potentiellement intéressant, mais trop aride et trop professoral pour dépasser le statut de support de cours, et gâché par des tournures maladroites et une relecture survolée.

- Les fondamentaux de l’optique
- Par Jost J. Marchesi
- Éditions Eyrolles, collection Les cours photo
- 21 x 26 cm
- 125 pages
- 19,90 €
- Le site de Eyrolles

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  • Ne trouve-t-on pas ces informations sur internet ? De plus avec une présentation probablement plus vivante ? De deux choses l’une : ou bien on est étudiant, et les cours sont en principe déjà fournis, ou on est amateur et on va a la pêche sur le web. Le probleme des traductions et des relectures est un probleme récurrent chez tous les éditeurs, mais plus chez certains que chez d’autres. Les libraires ne vous remboursent pas lelivre si vous trouvez des erreurs a chaque page, et pourtant ils devraient ! (cela m’est arrivé avec un livre d’histoire dans lequel certaines phrases traduites étaient totalement incohérentes parce qu’il manquait le debut ou la fin)

  • L’article de Franck Mée eût été plus pertinent si l’auteur avait pris la peine de se familiariser avec l’oeuvre et la carrière de Jost Marchesi.

    Marchesi est, outre-Rhin et outre-Jura, le René Bouillot suisse-allemand, en plus systématique et plus fondamental (plus carré aussi).

    Ses ouvrages, souvent amplifiés et remis à jour, sont depuis plus de trente ans le standard de référence sur la technique photographique dans le monde germanophone. Les lecteurs de votre excellent confrère suisse PHOTOGRAPHIE en avaient la primeur dès la fin des années ’70, quand les premiers cours fondamentaux de Marchesi y étaient sérialisés.

    Professeur à la prestigieuse École Professionnelle de Zurich, Jost Marchesi doit enseigner les bases de la photographie à des élèves qui n’ont pas nécessairement une formation scientifique. Le lecteur ne s’en trouve pas plus mal : repetitio mater materiae.

    Enfin, si Eyrolles semble avoir quelque peu bâclé la traduction et la rédaction, la faute n’en incombe guère à l’auteur. Que les germanophones n’hésitent pas à se reporter sur l’original.