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LA RUE COMME UN THÉÂTRE URBAIN
À la fois reporter, portraitiste, graphiste, photographe d’architecture et de paysage, le street photographer est un auteur difficile à cerner… Alors, pour bien entamer ce numéro spécial, nous allons essayer de chercher l’identité propre de ce genre photographique hybride…

INTRODUCTION AU GENRE

AU CŒUR DE LA STREET PHOTOGRAPHY Dès son origine, la photographie s’est intéressée à la rue. Le fameux cireur de chaussures immortalisé par Louis Daguerre en 1838 sur le Boulevard du Temple à Paris représente sans doute la première « photo de rue » de l’Histoire. Le long temps de pose nécessaire, plusieurs minutes, a fait disparaître tous les passants, absorbés par un flou invisible. Seul le cireur de chaussures, immobile, reste visible sur l’image. PETITE TYPOLOGIE DE LA STREET PHOTOGRAPHY Divers courants parallèles traversent la photo de rue. Nous en avons recensé ici dix-sept, qui parfois s’opposent et parfois se complètent. Autant de démarches qui vous donneront, on l’espère, des idées pour vos futures prises de vues urbaines. EN 17 STYLES : Petit panorama illustré pour aborder "photographiquement parlant" la street photography ■ Le géométrique ■ L’instinctif ■ L’anecdotique ■ Le coloriste ■ La proximité ■ Le témoin extérieur ■ Le portraitiste ■ Le timide ■ Le foisonnement ■ La vision claire ■ La vision complexe ■ L’approche symbolique ■ La street nocture ■ La street au flash ■ La street politique ■ le N&B flou ■ La street en série ■

DE LA THÉORIE À LA PRATIQUE

Entrons maintenant dans le vif du sujet : la prise de vue ! Pour cela, nous allons vous donner quelques clés concrètes pour améliorer vos photos de rue. Que vous soyez débutant ou déjà expérimenté, il est toujours intéressant de se plonger dans les règles fondamentales qui régissent un genre photographique. - 10 conseils basiques pour bien débuter en photo de rue : Beaucoup rêvent de marcher sur les traces de Cartier-Bresson, Winogrand ou Saul Leiter, mais peu osent affronter réellement le macadam avec leur boîtier. Peur, timidité, manque de technique ? Quelles que soient les raisons, voilà 10 conseils basiques pour réussir ses premières photos de rue. Sans risque et avec plaisir ! - Trouver sa distance : Toute photographie est une question de distance ! Distance physique (à combien de mètres est-on de son sujet ?) ou psychologique (faut-il discuter avec les gens que l’on photographie au risque de perdre toute spontanéité ?), chacun doit trouver son équilibre personnel… - Foncer ou anticiper : En street photography, deux grandes écoles cohabitent : les photographes en mouvement perpétuel et ceux qui choisissent leur cadre et attendent que tout s’organise dans cet espace prévisualisé. Il y a ceux qui foncent et ceux qui attendent, à vous de choisir ! - Horizontal ou vertical : Une image de street photography s’imagine souvent en format horizontal. Mais il ne faut pas négliger le cadrage vertical, qui donnera une tout autre dynamique à sa composition. Voyons cela de plus près… - Noir et blanc ou couleur : L’histoire de la street photography s’est longtemps construite en monochrome. Aujourd’hui, à l’heure du numérique, le noir et blanc et la couleur se pratiquent avec le même appareil, de façon quasiment simultanée. Deux langages parallèles qui n’ont pas forcément la même grammaire. Voyons cela en détail. - Pourquoi pas l’argentique : Le film n’a pas dit son dernier mot. De plus en plus de street photographers ont envie de sortir de la banalité numérique et ils sont à nouveau tentés la pellicule. Voici quelques notions simples et efficaces pour faciliter ce « retour aux origines »… - Les clichés à éviter : La photo de rue s’inscrit dans un contexte social et artistique. De nos jours, on ne peut plus photographier comme en 1950. Il ne s’agit pas d’être à tout prix original ou d’avant garde, mais de tenir compte des réalités auxquelles nous sommes confrontés et d’un certain épuisement face à des images vues et revues. - Quatre conseils pour sortir des sentiers battus : Se lancer dans la photo de rue, c’est partir à la pêche aux surprises. Certains reviennent bredouilles, alors que pour d’autres le hasard semble bien faire les choses. Injustice ? Pas forcément… Voilà quatre pistes à suivre pour mettre la chance de son côté.

LA STREET : QUEL MATÉRIEL ?

Bien sûr, ce n’est pas l’appareil photo qui fait le photographe ! Toutefois, en street photo, le choix du matériel adéquat est toujours un moment important. Selon le style que vous désirez adopter, contemplatif, dynamique, lointain, ou proche, vous n’utiliserez pas le même appareil et le même objectif. D’autant qu’aujourd’hui le photographe urbain a toute une palette d’outils performants, depuis le smartphone jusqu’à la chambre sur trépied, sans oublier les reflex, hybrides, bridges, compacts, toys cameras, moyen format ou polaroid. Alors, comment choisir ? - Quel appareil choisir ? : On le sait tous, ce n’est pas le matériel qui fait le photographe ! Néanmoins au moment de choisir son compagnon de route (ou plutôt de rue !), il est préférable d’avoir soigneusement étudié les diverses possibilités. - Quel objectif pour la street ? : En street photo, l’objectif n’est pas un accessoire périphérique, il constitue au contraire un élément central dans le choix d’un équipement sérieux. Il doit donc être sélectionné avec soin, en tenant compte de son style, de ses goûts et… de son budget ! Et avant d’opter pour un modèle et différentes focales, il faut se demander si l’on a vraiment besoin d’un zoom. - L’importance du viseur : Viseur optique ou viseur électronique, lequel préférer ? Chaque type de visée a ses supporters et ses détracteurs pour la street photography. Voyons cela de plus près, d’autant qu’il s’agit là d’un critère essentiel pour bien choisir son boîtier. - Les autres voies pour se différencier : La photographie de rue n’échappe pas à la mixité des pratiques qui démontre chaque jour la vitalité de la photographie d’auteur. Alors, loin des équipements qui sont logiquement les mieux adaptés à la street photography, voilà d’autres voies plus originales et plus complexes qui permettent de se différencier… - Leica M, lemythe de la photo de rue : Dés son invention en 1913, l’appareil Leica a suscité des débats et des controverses. 105 ans après, les passions ne se sont pas apaisées notamment en photo de rue, où le Leica M reste pour certains une valeur sûre alors que pour d’autres il est un archaïsme hors de prix…

LA QUESTION CRUCIALE DE L’EDITING

Le numérique c’est merveilleux, les photos sont gratuites et faciles à stocker… En street photo, on déclenche beaucoup et l’avantage des pixels est évident. Mais tout progrès a aussi son revers de médaille et ici, il se nomme : l’editing. Cet anglicisme (encore !, désolé…) signifie l’inéluctable sélection draconienne que chaque street photographer doit faire. Au final, il montrera sans doute moins de 1 % de sa production d’images. Alors, comment choisir ses meilleures images, et surtout comment arriver à éliminer 99 % de sa production ? Voilà quelques pistes de travail pour réussir cet exercice souvent douloureux. - Principe et méthode : Le numérique, c’est super, c’est rapide, c’est gratuit et même sans connaissance technique, on obtient des images plutôt bien exposées… Du coup, en street photography, on se retrouve devant des milliers de fichiers plus ou moins équivalents et quand vient l’heure du choix, on rigole moins… Comment séparer le bon grain de l’ivraie ? - 3 cas pratique : La Havanne (Cuba) ■ La Havanne (Cuba) ■ Madrid (Espagne) ■ Quartier de Kowloon (Hong-Kong) ■

L’APPROCHE CULTURELLE

De même qu’un artiste peintre puise une partie de son inspiration chez Van Gogh, Rembrandt ou Picasso, un passionné de street photography doit, lui aussi, se plonger dans les œuvres de ceux qui ont donné ses lettres de noblesse à ce genre photographique. Car c’est ainsi qu’il fera, in fine, des photos plus intéressantes et plus originales ! suivez-nous dans ce petit voyage dans l’histoire de la photo, avec en prime deux guides de grand talent : Jean-Claude Gautrand et Sabine Weiss. - LIVRES, ceux qui ont fait l’histoire de la street photography : C’est en voyant les photos des autres que l’on enrichit sa propre vision photographique. Suivez-nous dans ce petit survol de l’histoire de la photo avec une sélection de 20 auteurs majeurs de la photo de rue – que nous vous présentons deux par deux – et de leurs livres les plus marquants. - INSPIRATION : les maîtres de la street photography : ■ Eugène ATGET ■ BRASSAÏ ■ Garry WINOGRAND ■ Lee FRIEDLANDER ■ - INTERVIEW : rencontre avec Jean-Claude GAUTRAND, photographe des rues et historien : - PORTFOLIO : Sabine Weiss : On ne présente plus Sabine Weiss ! Et comment ne pas penser à elle et montrer quelques-unes de ses images des années 50 dans ce numéro consacré à la photo de rue ? - NOUVEAUX REGARDS : Après avoir plongé dans les coulisses historiques de la street photography, place à ceux qui la pratiquent aujourd’hui. Pour cette sélection de portfolios, nous avons privilégié des auteurs passionnés et des images largement inédites. Tous, sauf un, sont des « amateurs », mais à bien des égards ils ont des approches dignes de professionnels aguerris. Ils sont dans la lignée directe des célèbres photographes de rue qui eux aussi pratiquaient cet art à leurs moments perdus. Et c’est aussi ce qui fait la fraîcheur de ce style photographique éloigné des compromissions du marché de l’art ou des commandes institutionnelles… Cyril EPINAT ■ Pascal RIVIÈRE ■ Rafaella PIRAS ■ Jean-Claude IRMINGER ■ Jean-Marc AYER ■ Jérémie DRU ■ Alexandre CHAPLIER ■
- TRIBUNE : L’HÉRITAGE DE VIVIAN MAIER par Jean-Christophe BECHET

MDLP Hors Série #36 Numérique LE GUIDE DE LA PHOTO DE RUE - Tablette, Mobile, Ordinateur

par Michel Lion - 

Editions : numerique - 

Hors série MDLP - 

12.9 €.

L’école de la street - Street photography et photo de rue, même combat ? Voilà, en réalité, deux façons bien distinctes d’appréhender le macadam l’appareil en bandoulière. L’historien et « photographe des rues » – quelle merveilleuse formule a-t-il trouvé –, Jean-Paul Gautrand, clarifie ce propos de manière limpide (lire p.116). Dans les grandes lignes, il convient ainsi de distinguer la classe américaine, incarnée par Winogrand, chantre d’une approche directe, frontale, instinctive, formelle, de l’école humaniste chère au juvénile regard de Sabine Weiss – à qui nous consacrons un portfolio et dont les premiers travaux font l’objet d’une exposition au Centre Pompidou, jusqu’au 15 octobre – qui n’envisage pas le cadre sans âme qui vive. Il ne s’agit pas, dans cette édition hors-série, de faire l’apologie de l’une ou l’autre philosophie. Nous avons ainsi privilégié la langue de Victor Hugo en couverture, plus naturelle, et accordé un chapitre important à l’héritage humaniste. Tout en invoquant à moult reprises, la street photography, dans le texte. Au fil des pages, nous vous proposons de prendre la mesure d’une discipline complexe et exigeante. Sous l’égide de Jean-Christophe Béchet, street photographer invétéré – il bat le bitume parisien, tokyoïte, arlésien ou cubain avec la même gourmandise – à qui nous avons donné carte blanche pour concocter ce numéro, vous vous familiariserez avec les rudiments de la street photography. Au bout du monde ou en bas de chez lui, au corps à corps ou au téléobjectif, en couleur ou en noir et blanc, le street photographer doit trouver son style. Son langage. Mais plus que tout, dans cet exercice souvent ingrat, où l’on n’attire ni la gloire, ni l’argent, ni la sympathie des passants, il doit faire preuve de persévérance, pour dérober des clichés qui font le sel du genre. Ceux qui échappent au carcan de l’actualité tout en révélant mille choses d’une époque ou d’un lieu. L’école de la street, c’est avant tout l’apprentissage de la patience. Un credo quelque peu à contre-courant en cette aube du XXIe siècle…
par Benjamin Favier, rédacteur en chef

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