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Mary Ellen Mark : décès d’une photographe humaniste

27/05/2015 | Sandrine Dippa

La photographe Mary Ellen Mark est décédée à New York le 25 mai à l’âge de 75 ans. Connue pour ses reportages aux Etats-Unis et ses portraits humanistes publiés dans LIFE, Harpers, le New York Times ou Vanity Fair, elle fût également membre de l’agence Magnum dès la fin des années 70.

Triste nouvelle. Le décès de la photojournaliste Mary Ellen Mark vient d’être annoncé sur son site officiel. La photographe, née en 1940, s’est attachée durant toute sa carrière à immortaliser la misère sous toutes ses formes : prostitution, drogue, alcool...

Un début de carrière sur les plateaux de tournages

C’est à la fin des années 60 que Mary Ellen Mark, qui commença la photo à l’âge de 9 ans avec un appareil Brownie, débute réellement la photographie.

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©Mary Ellen Mark

Engagée par des magazines ou par les studios en tant que photographe de plateau, elle immortalise des acteurs, des actrices mais aussi des réalisateurs, des producteurs et des techniciens situés de l’autre côté de la caméra. Pendant plus de 40 ans, la photographe assiste à plus de cent tournages, dont celui d’Apocalypse Now de Coppola en 1976 ; de Tootsie de Pollack en 1982 ; de La Planète des Singes de Burton en 2001, ou plus récemment d’Australia, de Baz Luhrmann en 2008. Une partie de ses clichés sont réunis dans le livre Seen Behind the scene / Forty years of photographie on set paru aux éditions Phaidon en 2008.

Photographe engagée et humaniste

« Je suis obsédée par la folie et les marginaux », avait déclaré Mark en 1989 dans une interview accordée à Allen Frame pour Bombmagazine. Fidèle à ses thèmes de prédilection, son œuvre reflète son attachement aux exclus de la société.

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©Mary Ellen Mark

Adepte, entre autre, du format 35 mm et plus particulièrement de la pellicule Kodak Tri-X noir et blanc, la photojournaliste, engagée, s’est très vite consacrée aux sujets humanistes. De la manifestation contre la guerre du Vietnam à la libération des femmes, Mary Ellen Mark immortalise les mouvements sociaux de son époque. Connue pour établir une relation forte avec ses « modèles », elle s’intéressera, par exemple, aux rapports qu’entretiennent les prostituées avec leurs clients en Inde dans son livre Falkland Road. « Je tente de montrer leurs façons de vivre », confiera-t-elle à propos de ce projet.

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©Mary Ellen Mark

Une de ses œuvres la plus remarquée reste Streetwise. Ce projet, dirigé par son mari le réalisateur Martin Bell, est consacré aux enfants des rues de Seattle. Il donnera lieu à un film documentaire, sorti en 1984, et à une série de clichés, dévoilés en 1988 dans un livre éponyme. Pour ce documentaire, la photographe se rapproche d’une bande de huit adolescents désœuvrés et les suit dans leurs vies rythmées par l’errance, la prostitution et la drogue. Un des personnages, Tiny, 13 ans à l’époque, sera photographiée sur de nombreuses années : de ses 13 ans à nos jours.

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©Mary Ellen Mark

Auteure de dix-huit ouvrages et lauréate d’une multitude de prix dont un World Press Photo Award en 1988 et le Prix « Lifetime Achievement in Photography » de la George Eastman House en 2014 récompensant l’ensemble de sa carrière, Mark laisse derrière elle une œuvre inachevée. En 2013, la photographe avait réussi à réunir plus de 85 000 $ sur le site de financement participatif Kickstarter pour poursuivre son œuvre Streetwise, baptisée Streetwise : Tiny Revisited.

- Le site de Mary Ellen Mark

- Crédit image d’accueil : ©Mary Ellen Mark

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