Tout savoir pour réaliser, optimiser et diffuser ses photos

Miles, Parr et la Géorgie chez Textuel

13/10/2009 | Benjamin Favier

13/10/2009- Les éditions Textuel font preuve d’une belle vigueur dans le domaine des livres photo. La preuve avec trois ouvrages éclectiques, où il sera question de Miles Davis, de Martin Parr, et de la Géorgie.

Nous voulons Miles !

We want Miles, c’est le titre de l’un des plus célèbres albums du légendaire trompettiste, qui marque son come back en 1980, après des années de galère. De musique, il est beaucoup question dans cet ouvrage. Mais pas seulement. Le livre contient 200 illustrations, sur 224 pages. Des clichés aux couleurs psychédéliques, très seventies, d’autres en noir et blanc, au grain marqué, qui nous plongent au cœur des ambiances nocturnes sombres en enfumées, si propres au Jazz… Les auteurs ont souhaité retracer le parcours de cet artiste touche-à-tout, grand explorateur des genres musicaux, au génie incomparable : « Il ne jouera jamais demain ce qu’il a joué hier. Et pourtant, c’est toujours Miles. Sa sonorité change, l’environnement de ses groupes est bouleversé, il défait les standards, l’électricité l’électrise, mais quelque chose subsiste, qui le rend identifiable en quelques notes. » Un constat signé Vincent Bessières, commissaire de l’exposition éponyme qui se déroulera du 16 octobre au 17 janvier à la Cité de la Musique, à Paris. Le livre est déjà disponible. Il ravira les fans de la première heure, et invitera les profanes à pénétrer dans l’univers de Miles. Si dense…

- We want Miles
- Éditions Textuel
- 224 pages
- 39 €

Le luxe selon Parr

Ceux qui ont eu la chance de voir la grande exposition consacrée au photographe britannique à Paris (Planète Parr, au Jeu de Paume, qui a fermé ses portes le 27 septembre dernier), connaissent déjà la plupart des clichés de cette nouvelle série. Dans la continuité de son œuvre, dont l’ironie évidente ne saurait masquer la dimension sociologique, Martin Parr a baladé ses objectifs dans des lieux mondains : défilés de haute-couture, courses hippiques et autres rendez-vous de ce genre. Son œil saisit des instants banals, non sans dénoncer l’opulence dans laquelle évolue les acteurs, croqués avec un cigare ou un chapeau à plume, si longs ou larges, qu’ils en deviennent ridicules. Voire faux. Parr montre les situations telles qu’elles sont, sans retouche ou photomontage. L’absurdité et l’obscénité qui en découlent n’en sont que plus vraies. À paraître le 21 octobre.

- Luxe
- Éditions Textuel
- 112 pages
- 35 €

La Géorgie, terre inconnue

Pour finir, un coup de cœur. Le printemps géorgien réunit les travaux de dix membres de l’agence Magnum : Antoine d’Agata, Jonas Bendiksen, Thomas Dworzak, Martine Franck, Alex Majoli, Gueorgui Pinkhassov, Martin Parr, Paolo Pellegrin, Mark Power et Alec Soth. Chaque photographe s’est concentré sur une facette du pays (par exemple, Martine Franck a exploré les liens amicaux et familiaux, Jonas Bendiksen la vie de la jeunesse urbaine), pour dresser un état des lieux, vingt ans après la chute de l’URSS… et un an peu plus d’un an après le conflit qui a opposé cet ex-pays satellite à la Russie. Les chapitres sont ainsi organisés autour de dix thématiques. On reconnaît aisément les styles de Pellegrin, Soth ou Parr. La mise en page fait la part belle aux photos, mais aussi aux légendes, pas avares en informations. Au fil des pages, on découvre un pays totalement méconnu, beau et riche en coutumes, mais appauvri et oublié. En tout cas à mille lieux des images de violence et de destruction exclusivement montrées par les journaux télévisés. Un superbe travail documentaire, multiplié par dix, chaque pan pouvant constituer un ouvrage à lui seul. Les douze travaux de l’agence Magnum, devrait-on dire, puisque des clichés d’archives de Capa et Cartier-Bresson, deux membres mythiques de l’agence, sont également contenus dans ce bel ouvrage. Avec un tel projet, Magnum joue à fond son rôle d’ambassadrice du photojournalisme et rappelle, en ces temps difficiles, combien ce genre noble est indispensable. À paraître le 21 octobre.

- Le printemps géorgien
- Éditions Textuel
- 256 pages
- 39 €

Cet article vous a plu ? Notez le et partagez le sur les réseaux sociaux !



Commenter cet article

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Messages