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Nikon D850 : 45 Mpxl, AF 153 points, 4K UHD, 3799 €

24/08/2017 | Benjamin Favier

Son développement a été annoncé le 25 juillet dernier. Voici donc le successeur du D810, dans la gamme des reflex Nikon plein format dotés d’un capteur haute définition. Le D850 est pourvu d’un Cmos rétroéclairé de 45 Mpxl, du système AF des D5 et D500, d’un mode Rafale à 9 im/s avec la poignée optionnelle, d’un déclenchement silencieux en LiveView et de la vidéo 4K UHD sans recadrage. Mais il perd le flash, jusqu’alors intégré sur les précédents D800. Portrait d’un reflex ambitieux.

Présentation

Pas de surprise. Alors que le D500 avait vu le jour en même temps que le D5, lors du CES 2016 à Las Vegas, cette fois, le D850, annoncé le 25 juillet, à l’occasion de la célébration du centième anniversaire de la marque, apparaît seul sur scène. Comme on pouvait s’y attendre à la vue des visuels divulgués par Nikon en amont, il s’agit bien d’un reflex, qui s’inscrit dans la lignée des précédents D800. Il faudra donc patienter encore pour voir éventuellement débarquer un appareil hybride 24 x 36 chez Nikon. En attendant, ce D850 ne déçoit pas. Sur le papier, il paraît bien armé pour affronter les Canon EOS 5D Mark IV, 5DS/5DS R et Sony A7R II.

Définition en hausse

S’il laisse le record de définition aux EOS 5DS/5DS R (50 Mpxl) parmi les boîtiers plein format, reflex et hybrides compris, le D850 monte d’un cran par rapport à ses prédécesseurs. Apparue sur les premiers modèles de la série, les D800 et D800E, sortis en 2012, la définition de 36 Mpxl a été reconduite sur le D810 (et le D810A, dédié à l’astrophotographie) en 2014, ce dernier abandonnant le filtre passe-bas, comme le D850 qui abrite un Cmos de 45 Mpxl. Et à l’instar de celui du Sony A7R II, il s’agit d’un capteur plein format rétro-éclairé.

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Un Cmos plein format rétroéclairé de 45 Mpxl prend place au sein du D850.

Par défaut, la plage de sensibilités s’étend de 64 Iso à 25 600 Iso. Elle peut être étendue de 32 à 102 400 Iso. La définition des fichiers atteint 8 256 x 5 504 pixels. Il est toutefois possible d’accéder à des tailles inférieures. Ainsi, il existe des Nef ou Jpeg, M ou S, offrant respectivement 25,6 Mpxl et 11,4 Mpxl, mais avec une compression sans pertes sur 12 bits. Il est également possible d’opter pour une compression avec ou sans perte des fichiers bruts à pleine définition (14 bits), comme Nikon nous y a habitués sur ses reflex. Lorsqu’une optique DX est à l’œuvre, la définition passe à 19,5 Mpxl (5 408 x 3 600 pixels), soit peu ou prou celle du D500 (20 Mpxl). Le mode Crop 1,2x délivre des images de 31,5 Mpxl (6 880 x 4 584 pixels). Tandis qu’il sera possible de sélectionner les formats 5:4 (37,9 Mpxl, 6 880 x 5 504 pixels) et 1:1 (30,3 Mpxl, 5 504 x 5 504 pixels). L’enregistrement passe par deux compartiments pour cartes XQD et SD (UHS-II), à l’instar du D500.

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Il sera intéressant de mesurer les optiques Nikkor sur le nouveau capteur Cmos rétroéclairé de 45 Mpxl.

Construction pro, ergonomie du D500

Conçu en magnésium, le D850 est paré de nombreux joints d’étanchéité. S’il n’atteint pas la robustesse d’un D5, qui doit bien justifier son positionnement tarifaire himalayen, il inspire confiance pour braver des conditions climatiques difficiles. Nikon précise que l’obturateur a été testé pour 200 000 cycles. Le viseur couvre bien entendu 100 % du champ, mais il fait mieux que tous les précédents reflex Nikon plein format numériques, avec un grossissement de 0,75x (dégagement oculaire de 17 mm), contre 0,72x sur le D5 par exemple.

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On retrouve le LCD de 3,2 pouces et 2,36 Mpts, tactile et orientable, du D500.

Pour ce qui est de l’ergonomie, le creusement de la poignée rappelle le D500 et tranche complètement avec le grip bombé du D810. L’écran LCD de 3,2 pouces, désormais inclinable à 90° vers le bas et 90° vers le haut, tactile, comporte 2,36 Mpts. Exactement comme sur le D500. Autres points communs avec le reflex phare de la gamme APS-C Nikon, l’apparition d’un joystick pour déplacer les collimateurs AF, et la disparition du flash, présent sur les précédents D800.

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La disposition des touches est quasiment identique à celles du D500.

Le D850 sera en revanche compatible avec le contrôle radio (SB-5000). En fait, d’un point de vue ergonomique, le D850 reprend exactement la philosophie du D500 (à l’exception des touches PV et Fn1 sur la face avant, plus rapprochées que sur le D500). Les touches sont aussi rétroéclairées dans l’obscurité.

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Dans l’obscurité, les touches peuvent être rétroéclairées, comme le LCD supérieur.

Le poids est un peu à la hausse, soit 1 005 g, contre 860 g pour le D500. Bonne nouvelle pour les possesseurs de ce dernier ou d’un D750 ou D810 qui souhaiteraient s’offrir le nouveau venu, c’est toujours l’accu EN-EL15 qui alimente la machine. Avec une autonomie en progrès par rapport au D810 selon Nikon, puisqu’il serait possible d’engranger 1 840 vues, contre 1 200 sur le D810.

Autofocus des D5/D500

L’apparition du joystick au dos le laissait penser. C’est confirmé. Le D850 hérite du système autofocus à détection de phase sur 153 collimateurs, apparu sur les D500/D5. Parmi eux, 99 sont en croix. Le collimateur central est sensible à - 4 IL, tous les autres à - 3 IL. C’est une excellente nouvelle, quand on connaît le niveau de performance de ce système AF, dont la fiabilité nous a impressionnés lors de nos tests des D5/D500. On retrouve également le processeur Expeed 5 à la baguette. Différence majeure par rapport au D810 et autres D800/D800E, le D850 est tout à fait disposé à couvrir des événements sportifs.

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Avec le renfort de la poignée optionnelle et de l’accu du D5, le mode Rafale du D850 passe de 7 à 9 im/s.

Par défaut, la cadence atteint 7 im/s (contre 5 im/s sur le D810), tout en conservant la définition maximale de 45 Mpxl. Le Canon EOS 5D Mark IV photographie aussi à 7 im/s, mais à « seulement » 30 Mpxl. Le D850 peut même aller plus loin, puisqu’en ajoutant le grip optionnel MB-D18 et une batterie EN-EL18b (celle du D5), le mode Rafale culminerait à 9 im/s d’après Nikon, avec la possibilité d’engranger 51 vues, en Raw (avec compression sans pertes), avec une carte XQD ou SD de type UHS-II. Cela rappelle un peu ce qu’il était possible de faire avec le D700, dont la cadence atteignait 8 im/s avec le renfort de la poignée… sauf qu’un accu traditionnel suffisait. Là, il faudra mettre la main au portefeuille pour acquérir le grip MB-D18 (429 €), l’accu EN-EL18b (199 €) et le chargeur du coup, si vous ne possédez pas un D4, D4s ou D5.

Vidéo 4K sans recadrage

En toute logique, le D850 propose un mode vidéo 4K UHS à 30 im/s, comme les D7500, D5 et D500. Mais, à la différence de ces derniers, le passage à cette définition n’entraîne pas de recadrage sur la largeur de l’image au format 16/9. Parfait pour les aficionados de focales grand-angle. Autre bonne nouvelle, l’apparition du focus peaking (contours délimités en bleu, rouge, jaune ou blanc). Une première sur un reflex Nikon, qui devrait rendre bien des services en mise au point manuelle.

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Le volet connectique est identique à celui du D500 (à l’exception de la disposition).

Mais attention, il faudra vérifier lors du test si cette fonction est disponible en UHD. Il semblerait, d’après les documents fournis par Nikon, qu’on n’y accède qu’en 1080p (à 50 im/s), ce qui est le cas de la stabilisation VR électronique, uniquement disponible en HD et Full HD. Il sera bien sûr possible de tourner en 4:2:2 sur 10 bits sans compression via un enregistreur externe connecté en HDMI. Prises micro et casque figurent au volet connectique du D850. Il sera également possible de réaliser des timelapses vidéo en 4K. L’intervallomètre photo serait lui en définition 8K. En 1080p, un mode Slow motion est proposé.

Le monde du silence

Parmi les autres fonctions intégrées dans le D850, il faut signaler le mode de déclenchement silencieux en LiveView. Une fois activé, que l’on presse le déclencheur ou que l’on prenne la photo directement en appuyabr sur l’écran, c’est bien simple, on n’entend strictement aucun bruit. Une nouveauté fort bienvenue, qui permet au D850 d’être compétitif face aux hybrides, dans le domaine de la prise de vue de spectacles, notamment : même si la luminosité de l’écran LCD n’est pas des plus discrètes, celle-ci peut être ajustée dans les menus et être revue à la baisse. L’autofocus peut bien sûr être paramétré aux petits oignons, via le menu Réglage précis de l’AF, comme sur les autres reflex Nikon experts. Mais il sera également possible d’agir sur le mode « Décalage de mise au point », ce qui pourra s’avérer utile pour les adeptes du focus stacking. WiFi et Bluetooth sont présents, pour partager ses images ou piloter le boîtier à distance avec l’application Snapbridge, depuis un périphérique iOS ou Android.

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Le 24-70 mm VR ne figure pas parmi les kits proposés par Nikon.

La disponibilité du D850 est annoncée pour le 7 septembre. Nous devrions donc rapidement récupérer un exemplaire de test. Le prix du boîtier nu s’élève à 3 799 €. En kit avec l’AF-S 24-120 mm f/4 VR, il est de 4 599 €. Un duplicateur de film ES-2 voit également le jour, au prix de 149 €, le D850 autorisant une résolution d’environ 5 800 ppp.

- Le site de Nikon

Premier avis

Nikon célèbre son centenaire avec la manière. Ce D850 promet un degré de polyvalence rare, avec une très haute définition, un système autofocus très performant, un mode Rafale compétitif, et un mode vidéo 4K UHD sans recadrage. Sur le papier, il semble supérieur au Canon EOS 5D Mark IV sur presque tous les plans. Il faudra voir comment se comporte l’autofocus en LiveView et en vidéo, le Dual Pixel AF de Canon restant un atout majeur dans ces domaines. Les premiers essais effectués avec un modèle de présérie se sont révélés fort encourageants et attestent en tout cas d’importants progrès par rapport au D810. Les habitués de ce dernier devront rapidement changer leurs habitudes. Nikon s’est clairement inspirée de l’ergonomie du D500, assurément l’un des meilleurs reflex à l’heure actuelle, et en tout cas maître incontesté de la sphère APS-C.

Avec son mode silencieux en LiveView, le D850 pourra rivaliser avec les hybrides, réputés pour leur discrétion. Là encore, il faudra vérifier les performances de l’AF en visée par l’écran. Comme nous l’avions signalé lors de notre test du D500, nous regrettons la disparition du flash, apprécié jusqu’ici sur la série D800, ne serait-ce que pour piloter des flashs cobras sans fil. Mais au regard des fonctionnalités, on se dit que Nikon pouvait difficilement faire mieux à l’heure actuelle. On pourra toujours déplorer l’absence de stabilisation au niveau du capteur, très appréciée sur les hybrides Sony plein format. Peut-être Nikon le proposera-t-elle sur un appareil à optique interchangeable dénué de miroir et dénué d’un capteur 24 x 36, dans un avenir proche ? Nous l’espérons en tout cas. Il est temps pour la marque – comme pour Canon du reste – de repartir de l’avant et de redorer son blason, terni par l’abandon des compacts DL et une incursion en demi-teinte dans l’univers des action cams. En attendant, ce D850 a fière allure, même si son tarif (tout de même moins élevé que les EOS 5D Mark IV et A9 à leur sortie) ne le met pas à la portée de tous et qu’il faudra refaire un point sur les tests optiques, avec les modèles Nikkor et compatibles, étant donné la singulière hausse de la définition…

Fiche technique

  • Capteur : Cmos 23,9 x 35,9 mm rétro-éclairé de 45,7 Mpxl
  • Définition maximale : 8 256 x 5 504 pixels (3/2)
  • Montures/Coefficient : F/1x
  • Sensibilités : 64-25 600 Iso (extension à 32-102 400 Iso)
  • Vidéo : 4K UHD à 30 im/s
  • Formats de fichiers : Raw (Nef) 12 à 14 bits, Jpeg, Mov, MP4
  • Protection du boîtier : oui
  • Stabilisateur : -
  • Visée : Reflex 0,75x, 100 %, dégagement oculaire 17 mm
  • Moniteur : LCD 3,2 pouces, 2,36 Mpts, orientable et tactile
  • Flash intégré : -
  • WiFi/Bluetooth/GPS : Oui/Oui/-
  • Autofocus : Corrélation de phase sur 153 points (99 en croix), sélection individuelle, groupée ou automatique ; sensibilité du collimateur central à -4 IL ; à -3 IL sur tous les autres
  • Vitesses : 1/8000s à 30s ; Synchro X au 1/250s
  • Rafales : 7 im/s ; 9 im/s avec grip MB-D18 et accu EN-EL18b sur 51 Raw (compression sans perte) avec carte XQD ou SD UHS-II
  • Réglages divers photo et vidéo : timelapse vidéo et photo, stabilisation électronique en vidéo (en Full HD), focus peaking, zébra, D-Lighting
  • Stockage : 1 SD (UHS-II) et 1 XQD
  • Interfaces : USB 3, HDMI non compressée, accessoires, micro, casque, griffe flash
  • Alimentation : accu Li-Ion EN-EL15
  • Dimensions/Poids : 146 x 124 x 78,5 mm/1 005 g

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