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Objectif crimevendredi 19 octobre 2007, par
Un regard brut L’univers de Weegee est résolument noir. La misère des quartiers pauvres, la ségrégation envers les noirs, les cadavres ensanglantés… La violence sociale jaillit à tous les coins de rues. Cette proximité avec la mort peut choquer. Aussi faut-il rappeler que Weegee a toujours vécu auprès des plus démunis. Après ses tournées nocturnes, il n’hésitait pas à dormir sur un banc ou dans des squats. Souvent taxé de voyeurisme, il essayait surtout de coller le plus possible à la réalité. Non sans humour, parfois. En témoignent le sourire d’un rescapé d’un incendie, tout heureux d’avoir pu sauver quelques objets, ou encore le regard amusé d’une femme fixant l’objectif, pendant que des sauveteurs tentent de ranimer un noyé. Avant-gardiste « Ses photos finiront par nourrir l’esthétique des artistes du Pop Art et de l’école de New York », déclare Hendrik Berinson, détenteur des images originales de Weegee. Au premier rang desquels, figure bien sûr Andy Warhol. L’influence de Weegee éclabousse également les écrans. Dans les années 70, le cinéma d’auteur new-yorkais s’inspire de ses clichés les plus sombres : De Palma (Hi Mom !), Scorsese (Mean Streets), Coppola (The Godfather), Lumet (Serpico) ou Cassavetes (Shadows) embrassent cette vision d’une vie nocturne bouillonnante et imprévisible. Le chaos est toujours latent. Seul Weegee savait le prévoir.
Éditions Gallimard 224 pages, 35 €. Chez tous les libraires et Fnac.
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