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Objectif crime

vendredi 19 octobre 2007, par Benjamin Favier


« Le meurtre était mon métier. » On imagine une scène d’ouverture d’un film de Scorsese, introduit par une voix off. New York, dans les années 40. Période de prohibition, d’apartheid. Une guerre civile permanente règne dans les rues de la ville qui ne connaît pas le sommeil. En toile de fond, la Seconde Guerre Mondiale. Parmi les insomniaques, une silhouette courte sur patte, les épaules rentrées, toujours suivie d’une épaisse fumée de cigare sillonne les avenues new-yorkaises à toute allure au volant d’une Chevrolet noire. L’appareil photo toujours prêt à faire feu avant tout le monde.

Un regard brut

L’univers de Weegee est résolument noir. La misère des quartiers pauvres, la ségrégation envers les noirs, les cadavres ensanglantés… La violence sociale jaillit à tous les coins de rues. Cette proximité avec la mort peut choquer. Aussi faut-il rappeler que Weegee a toujours vécu auprès des plus démunis. Après ses tournées nocturnes, il n’hésitait pas à dormir sur un banc ou dans des squats. Souvent taxé de voyeurisme, il essayait surtout de coller le plus possible à la réalité. Non sans humour, parfois. En témoignent le sourire d’un rescapé d’un incendie, tout heureux d’avoir pu sauver quelques objets, ou encore le regard amusé d’une femme fixant l’objectif, pendant que des sauveteurs tentent de ranimer un noyé.

Avant-gardiste

« Ses photos finiront par nourrir l’esthétique des artistes du Pop Art et de l’école de New York », déclare Hendrik Berinson, détenteur des images originales de Weegee. Au premier rang desquels, figure bien sûr Andy Warhol. L’influence de Weegee éclabousse également les écrans. Dans les années 70, le cinéma d’auteur new-yorkais s’inspire de ses clichés les plus sombres : De Palma (Hi Mom !), Scorsese (Mean Streets), Coppola (The Godfather), Lumet (Serpico) ou Cassavetes (Shadows) embrassent cette vision d’une vie nocturne bouillonnante et imprévisible. Le chaos est toujours latent. Seul Weegee savait le prévoir.

Weegee

Éditions Gallimard

224 pages, 35 €.

Chez tous les libraires et Fnac.

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Déclencheur est le lien entre la passion pour la photo de Benoît Marchal et son enthousiasme pour le Web 2.0. MDLP*(Monde De La Photo) est heureux d’accueillir Benoît, l’auteur de ce podcast très réussi et plein de bon sens.

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