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Olivier Zolger, lauréat du VIF 2017 : « Depuis le prix, mes projets sont davantage pris au sérieux »

18/10/2018 | Sandrine Dippa

Il est d’ores et déjà possible de participer au Vincennes Images Festival. Cette troisième édition présidée par Lee Jeffries se déroulera du 24 au 26 mai 2019. Olivier Zolger, le dernier lauréat, évoque son parcours depuis l’obtention du prix en 2017 grâce à Course de pneus, une série prise à Mayotte.

Le Monde de la Photo : En 2017, vous avez remporté le Prix Vincennes Images Festival, quelles ont été les retombées ?
Olivier Zolger : Grâce au Monde de la Photo et aux journaux locaux, j’ai pu bénéficier d’une couverture médiatique. C’est valorisant. Depuis le prix, mes projets sont davantage pris au sérieux et j’ai acquis une certaine crédibilité. J’ai aussi participé à un autre concours organisé par l’association France Liberté 47. J’ai fini deuxième avec un portrait pris lors d’un voyage en Tanzanie.

MDLP : L’an dernier, vous nous avez confié votre préférence pour le noir et blanc. Avez-vous toujours la même approche ?
Olivier Zolger : Rien n’a changé à ce niveau. Je prends principalement des photos en noir et blanc encore aujourd’hui. Mais c’est surtout par défaut. J’essaie parfois de faire de la couleur, mais je ne suis pas satisfait du résultat. Je reviens donc souvent au noir et blanc que j’obtiens principalement en utilisant Photoshop ou Lightroom lorsque je dois traiter un grand nombre de photographies.


MDLP : L’Homme était aussi au cœur de vos projets…

Olivier Zolger : En effet. C’est toujours le cas. Les sujets sans humains ne m’attirent pas. Je trouve qu’un visage retranscrit parfaitement les sentiments et les émotions et c’est ce qui me plaît dans la photo. J’apprécie les autres genres tels que la photographie d’architecture, par exemple, mais je n’ai aucune envie d’en photographier. L’humain me tient à cœur. J’aime les regards et les gestes.

MDLP : Comment approchez-vous vos sujets ?
Olivier Zolger : Je fais la plupart de mes reportages durant des voyages, car je trouve que c’est plus facile d’aller vers les autres dans ce contexte. Je travaille principalement en Afrique, au Kenya, à Madagascar ou encore en Tanzanie, car j’y suis plus à l’aise qu’en Europe ou je ne fais que de la photo travaillée en studio. La plupart du temps, j’utilise des focales courtes qui nécessitent d’être près du sujet. Je dois donc montrer patte blanche avant de commencer les prises de vue. Je ne fais jamais de photos volées, je pense que c’est aussi pour cela que les gens acceptent d’être photographiés.

MDLP : Comment réalisez-vous vos reportages ?
Olivier Zolger : Ils sont principalement pris sur le vif. Je ne prévois rien en amont, car je suis très peu organisé. Lorsque je voyage, je pars en général plusieurs semaines ce qui me laisse assez de temps pour me familiariser avec les lieux et faire des rencontres. J’accorde une importance particulière aux gens avant de prendre les photos. Comme je l’évoquais, l’essentiel est d’être accepté avant d’envisager quoi que ce soit. Même lorsque je ne comprends pas la langue des autochtones, avec un regard j’essaie de montrer mon intérêt et du respect, car il ne s’agit pas de tomber dans le voyeurisme. Concernant les conditions, je privilégie les prises de vues le matin, très tôt, car les lumières sont belles et qu’en général en Afrique après une certaine heure, elles deviennent trop dures.

MDLP : Vous avez remporté le VIF avec Course de pneus, une série prise à Mayotte entre 2008 et 2012. Pensez-vous continuer cette série ?
Olivier Zolger : J’aurai adoré, mais non, je n’ai pas prévu d’aller à Mayotte pour le moment. J’aimerais y retourner pour y prendre des photos, mais aussi pour montrer ce travail qui est beaucoup plus complet que ce que j’avais pu montrer lorsque j’y vivais.

MDLP : Lors de notre dernier entretien, vous évoquiez aussi une série sur la danse classique. Où en est-elle ?
Olivier Zolger : Je travaille toujours sur deux axes qui consistent à prendre des danseurs classiques en studio puis dans un environnement plus dur comme des champs ou une usine désaffectée afin de jouer avec le contraste. Dans la première série, je travaille en studio avec des flashs. L’idée est d’éclairer les danseuses avec un éclairage en clair-obscur afin de ne dégager qu’une très fine silhouette. Je cherche vraiment la pureté dans ces images. Dans la deuxième, je joue davantage sur les contrastes de lieux. En effet, l’idée est de mettre des ballerines dans des univers où on ne les attend pas. Certes, je ne réinvente pas la poudre, mais je prends beaucoup de plaisir à travailler sur ce thème. À l’heure actuelle, j’ai réalisé une quinzaine de portraits. J’aimerais encore étoffer cette série. J’envisage aussi de réaliser des expositions et peut-être même un livre.


MDLP : Le prochain concours du VIF sur le thème « l’Homo Sapiens 2019 » vient d’ouvrir. En tant que membre du jury et ancien lauréat, que conseilleriez-vous aux photographes souhaitant y participer ?

Olivier Zolger : Je leur conseille d’avoir une série bien travaillée dans le sens ou il est par exemple important d’éliminer les photos qui se ressemblent même si elles sont toutes bien. Il faut privilégier une série qui raconte une histoire. En tant que membre du jury, je pense marcher au coup de cœur et je vais privilégier des images qui me procureront de l’émotion.

Propos recueillis par Sandrine Dippa

- Le site du Vincennes Images Festival

Photos : Olivier Zolger

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