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Olympus E-M1 : grand E-M5 et nouvel E-5

10/09/2013 | Franck Mée

Concurrent, alternative ou complément du reflex ? La relation entre compacts à objectifs interchangeables et reflex varie d’une marque à l’autre… Chez Olympus, c’est carrément "remplaçant" : le nouvel OM-D E-M1 se pose en successeur du E-5.

Présentation

Lorsque Panasonic a présenté le premier compact à objectifs interchangeables, le G1, en 2008, la marque ne prétendait pas lancer l’équivalent d’un reflex. Les COI étaient présentés comme des appareils plus simples (les automatismes des compacts étaient conservés) et plus légers, des alternatives aux reflex d’entrée de gamme mais pas des concurrents frontaux ; la visée électronique et l’autofocus limité sur les sujets mobiles justifiaient l’existence des classiques reflex. Et puis, les gammes se sont élargies et des appareils différents, d’un volume et d’un coût comparables aux reflex, sont apparus, et l’évolution des performances a amené de plus en plus d’utilisateurs à envisager le COI en concurrent direct des reflex experts.

Avec le nouvel OM-D E-M1, Olympus confirme ce que tout le monde pressentait : son chemin passe par le COI, quitte à faire une croix sur le reflex. Grand frère du OM-D E-M5 de l’an passé, il est tout autant le remplaçant officiel du E-5 (au passage, vous noterez l’évolution des désignations, tout de même bien plus simples sur feu la gamme reflex).

Le grand bond en avant

Pour succéder à un reflex estampillé "professionnel", le E-M1 devait forcément hausser son jeu. Sur le plan ergonomique, le E-M5 ne disposait en effet que de deux touches Fn et deux molettes de réglages ; pour le reste, il fallait passer par le menu rapide. Le E-M1 reçoit des accès directs à la motorisation, la mise au point et l’exposition, ainsi que deux touches personnalisables supplémentaires sur la face avant, accessibles avec le majeur et l’annulaire.

Il adopte également l’astucieux basculeur du E-P5, permettant de dédoubler certaines commandes (par exemple, en réglage d’origine, les molettes règlent l’exposition en mode 1 et balance des blancs et sensibilité en mode 2). Le barillet de modes reçoit un verrouillage et le viseur progresse, son oculaire grossissant plus : il est désormais aussi grand que celui des Sony, dépassant la taille de certains reflex Full frame — en revanche, la définition et la dynamique restent évidemment inférieures.

La prise en mains est également revue, la généreuse poignée venant rappeler les reflex experts ; le E-M1 offrira ainsi un meilleur équilibre avec les gros objectifs, notamment les téléobjectifs prévus pour les reflex 4/3 montés avec une bague d’adaptation. L’appareil n’est pas pour autant plus costaud physiquement : le E-M5 était déjà tropicalisé, et le nouveau modèle reprend le même système de joints antiruissellement.

Si l’électronique reste proche du E-M5 (le capteur est toujours un 4/3" de 16 Mpxl), Olympus annonce au passage avoir amélioré l’autofocus, en particulier avec des optiques des reflex 4/3 : des détecteurs de phase intégrés au capteur permettront de fonctionner bien plus fluidement qu’auparavant. La rafale est également poussée, atteignant 6,5 im/s avec autofocus continu (10 im/s avec la mise au point bloquée), et les amateurs de réglages colorimétriques apprécieront le "créateur de couleur" pour gérer saturation et dominante colorée. Enfin, les fonctions WiFi du E-P5 sont logiquement présentes.

Améliorations possibles

Cela n’empêche pas l’appareil de conserver quelques limites, comme l’absence de flash intégré. Les menus mériteraient toujours une refonte et surtout un équilibrage : de nouvelles options ont encore allongé le menu personnalisé, qui compte désormais onze onglets et près de 80 options. Un conseil : ne vous aventurez pas dans cette jungle sans guide !

En outre, si une entrée micro fait son apparition, le mode vidéo reste toujours limité avec une cadence qui ne dépasse pas 30 im/s, et l’écran n’est orientable que verticalement, au contraire de celui du E-5.

Il faut citer une dernière limite : le prix. Lancé à 1500 € nu, l’OM-D E-M5 sera sensiblement plus cher que les sommets des gammes de COI concurrents et s’il dispose d’avantages uniques (écran tactile, tropicalisation...), les autres ne manquent pas non plus d’atouts : le Panasonic GH3 et le Sony NEX-7 peuvent opposer des fonctions vidéo plus poussées, le Fujifilm X-Pro1 va plus loin du côté du viseur et probablement de la gestion de la sensibilité...

Mise à jour à 10h : Nous avons reçu les tarifs de l’objectif et du kit. Un OM-D E-M1 accompagné d’un 12-40 mm f/2,8 atteint donc 2300 €, un tarif comparable au prix de la rue d’un X-Pro1 avec ses trois objectifs, ou même d’un kit Nikon D600 + 24-85 mm ou Canon EOS 6D + 24-105 mm f/4, dont la taille du capteur devrait compenser la luminosité moindre...

Premier avis E-M1

Panasonic et Fujifilm ont arrêté de faire des reflex avant de lancer leur premier compact à objectifs interchangeables. L’OM-D E-M1 est donc le premier COI à remplacer officiellement un reflex, le E-5 lancé en 2010. La prise en mains va clairement dans ce sens : l’appareil n’est pas plus compact et à peine plus léger qu’un reflex expert, mais sera du coup aussi à l’aise avec un gros téléobjectif, et les nombreux accès directs personnalisables permettent de l’adapter à sa logique et à ses besoins.

Le prototype pris en main s’est révélé sensiblement plus réactif que les précédents Micro 4/3 avec les optiques 4/3, ce qui est plutôt de bon augure pour les photographes qui attendaient un remplaçant efficace aux E-3 et E-5. Il faudra bien entendu attendre un test complet pour juger de la qualité d’image, mais ce modèle de pré-série nous a également fourni des photos tout à fait comparables à celles du E-5.

Globalement, le E-M1 pourrait être le plus ambitieux, mais aussi l’un des plus complets COI du moments. Dommage qu’il faille le payer au prix fort...

M.Zuiko 12-40 mm f/2,8

La gamme d’objectifs Olympus manquait d’optiques professionnelles en Micro 4/3. Pour accompagner l’OM-D E-M1, Olympus présente donc un M.Zuiko 12-40 mm f/2,8. Sa plage de focales est un peu moins généreuse côté téléobjectif que le 12-50 mm qui accompagnait le E-M5, mais il sera plus lumineux de 0,6 IL au grand-angle et... 2,3 IL au télé ! Il devrait être accompagné en 2014 d’un 40-150 mm, également à ouverture constante f/2,8, ajoutant ainsi une gamme pro aux gammes grand public et experts.

La construction du 12-40 mm sera évidemment soignée (tropicalisation, baïonnette en métal...), justifiant un tarif annoncé à 1000 € — comparable à un Canon 17-55 mm f/2,8, par exemple.

Fiche technique


Olympus OM-D E-M1

  • Capteur : Live Mos 4/3, 17,3 x 13 mm, 16 Mpxl, format 4/3
  • Définitions : [4/3] 4 608 x 3 456
  • Vidéo : 1080p (30 im/s, H.264), son stéréo
  • Stabilisateur : Mécanique sur 5 axes
  • Nettoyage du capteur : Oui
  • Monture : Micro 4/3
  • -* Coefficient multiplicateur : 2x
  • Protection du boîtier : Anti-poussière, anti-ruissellement, -10 °C
  • Wi-Fi : partage de fichiers, pilotage de l’appareil
  • GPS : -
  • Sensibilité : 100 - 25 600 Iso
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raw (ORF, 12 bits), MOV et AVI (vidéo), MPO (3D)
  • Espace de couleurs : AdobeRGB, sRGB
  • Mise au point : Autofocus par détection de contraste et corrélation de phase ; multizone, locale, spot, mise au point manuelle
  • Mode d’exposition : iAuto, PASM, bulb, time, modes scènes (24), filtres artistiques (12), Photo story, personnalisé (4)
  • Mesure de l’exposition : Évaluative multizone (324), pondérée centrale, ponctuelle, ponctuelle avec contrôle des ombres ou des hautes lumières ; correction sur +/- 5 IL par 1/3 IL
  • Bracketing d’exposition : 2, 3, 5 ou 7 vues sur +/- 2 IL
  • Vitesse : 1/8 000 à 60 s, B, T, synchro au 1/250 s
  • Rafale : 10 im/s (stabilisateur désactivé et mise au point fixe) sur 50 Raw
  • Balance des blancs : Auto, préréglée (7), manuelle (2), Kelvin, correction +/-7 sur axes rouge/bleu et vert/magenta
  • Prise flash : Griffe et prise synchro
  • Contrôle du flash : Auto, anti-yeux rouges, contre-jour, synchro lente premier ou second rideau, manuel, pilotage de flashs sans fil ; correction sur +/-3 IL par 1/3 IL
  • Viseur : 2,36 Mpts, 1,48x, correction de la luminosité et de la température de couleur
  • Moniteur : LCD tactile inclinable (3 pouces / 1 037 kpts)
  • Stockage : SD, SDHC, SDXC
  • Interfaces : Hi-speed USB/AV, micro-HDMI, WiFi, entrée micro, prise synchro X
  • Alimentation : Accu Li-Ion
  • Dimensions : 130,4 x 93,5 x 63,1 mm
  • Poids : 497 g (SD et accu)

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