Publié le : 10/05/2013
Par : Franck Mée

Olympus E-P5 : il a tout d’un grand

Olympus présente enfin le remplaçant du vieillissant Pen E-P3. Le nouveau Pen E-P5 vise plus haut, avec une interface inspirée du l’hybride à viseur OM-D E-M5 et le dédoublement des fonctions des molettes. Au passage, un nouveau viseur optionnel est également proposé.

Présentation

L’Olympus Pen E-P3 a été présenté à l’automne 2011. Sur le papier, ça n’est pas très vieux ; mais en pratique, il s’agit du dernier Olympus doté du vieux capteur 12 Mpxl encore au catalogue. L’an passé, son grand frère à viseur, l’OM-D E-M5, lui a donné un petit coup de vieux : le nouveau 16 Mpxl a apporté une progression sensible en qualité d’image, en particulier en basse lumière ; et à l’automne, ses cadets plus grand public ont enfoncé le clou en adoptant la même électronique.

Le Pen E-P3 n’avait dès lors plus vraiment d’intérêt en-dehors des aspects ergonomiques et certains ont eu peur qu’il n’ait pas de successeur, laissant les experts choisir entre un appareil allégé avec une simple roue codeuse pour les réglages et un costaud renforcé mais encombrant. Olympus répond donc à cette inquiétude avec le nouveau Pen E-P5, qui s’intercale entre E-PL5 et E-M5 pour associer construction haut de gamme et compacité.

Le cœur de l’appareil est, sans surprise, très proche de ses aînés : le capteur reste à 16 Mpxl, avec des performances similaires (rafale à 9 im/s sans AF ni stabilisation, vidéo Full HD à 30 im/s...), et la stabilisation est celle de l’OM-D. Quelques évolutions méritent tout de même d’être notées, comme l’obturateur désormais capable d’atteindre 1/8 000 s et la synchro flash au 1/320 s.

La forme est plus novatrice : si l’E-P5 conserve le style typique des Pen, avec notamment le décrochement au milieu de la face supérieure, il se rapproche esthétiquement du vénérable Pen F (surtout en version grise/noire) tout en se modernisant sensiblement au niveau de l’interface. Exit le combiné roue codeuse / barillet sous le pouce : l’E-P5 adopte deux molettes, à l’arrière et à l’avant, comme l’E-M5. La construction est d’ailleurs proche de celui-ci : matériaux de qualité, absence de jeu, Olympus a mis les petits plats dans les grands — sans pour autant aller jusqu’à une protection tout-temps, qui reste l’apanage du modèle à viseur.

L’écran n’est plus l’Oled des précédents modèles, le constructeur expliquant avoir reçu trop de plaintes concernant la saturation excessive de cet écran. Il s’agit désormais d’un LCD, dont la définition atteint 1 037 kpts (soit 720x480 pxl). La surface est bien entendu tactile et le support est orientable vers le haut ou vers le bas, sans hélas aller jusqu’à l’auto-portrait comme sur l’E-PL5.

Plus inhabituel, mais bienvenu : l’E-P5 adopte l’interrupteur multifonctions du... XZ-2 ! Il est ainsi possible de dédoubler les fonctions des molettes : en mode 1, elles fonctionnent normalement en fonction du mode de prise de vue en cours ; en mode 2, celle sous l’index règle la sensibilité et celle sous le pouce intervient sur la balance des blancs. Il n’est pas possible de personnaliser ces deux fonctions, mais voilà une bonne façon d’ajouter deux accès directs à l’interface du boîtier... et pour ceux que sensibilité et balance des blancs n’intéressent pas, il est possible de recycler le levier pour qu’il intervienne sur le déclencheur vidéo, ajoutant un bouton Fn ou un réglage rapide de l’autofocus.

Parler aux smartphones

Si le logiciel de l’appareil propose moult personnalisations, un détail apprécié de l’E-P3 a disparu : la possibilité de changer la poignée. Celle de l’E-P5 est fixe, plutôt agréable, mais les photographes qui veulent une meilleure accroche ou un design plus lisse en seront pour leurs frais.

La raison est en fait technique : avec son boîtier entièrement métallique, l’E-P5 fait cage de Faraday. Or, les ingénieurs d’Olympus souhaitaient offrir à l’appareil une connexion Wi-Fi... La poignée cache donc l’antenne de communication !

Les fonctions Wi-Fi sont assez habituelles : déport de la visée et du contrôle de l’appareil vers un smartphone ou une tablette, sauvegarde et transfert de photos et de vidéos, récupération des données GPS d’un smartphone...

Olympus a toutefois travaillé l’application iOS / Android. D’abord pour simplifier l’appairage : à la première connexion, l’E-P5 affiche un QR code, qu’il suffit de photographier sur le téléphone pour que la connexion soit automatiquement mise en place. Ensuite, l’application ne permet pas seulement de transférer les images, mais aussi d’appliquer des filtres créatifs a posteriori et d’ajouter des annotations manuscrites.

L’E-P5 est donc un compact à objectifs interchangeables ambitieux, et l’ambition a un prix : à environ 1000 € nu, il sera en concurrence frontale avec le Fujifilm X-E1, le Sony NEX-7 et même... l’Olympus OM-D E-M5, désormais proposé sous les 1000 € en ligne !

Premier avis

La prise en main de l’Olympus Pen E-P5 est flatteuse : le boîtier est une nette amélioration, non seulement face aux modèles du segment inférieur, mais aussi par rapport au précédent Pen haut de gamme. L’interface est globalement réussie et profite de quelques innovations intéressantes, même si nous regrettons de ne pas pouvoir personnaliser les rôles des molettes en "mode 2" (en particulier, les adeptes de Raw n’ont guère l’utilité du réglage de balance des blancs).

L’appareil pris en main étant un prototype, nous ne pouvons juger de la qualité d’image. Cependant, il serait très étonnant qu’elle diffère beaucoup de celle des OM-D et Pen actuels, équipés de la même base technique : nous n’avons donc guère d’inquiétude.

Le E-P5 est donc un appareil avancé agréable à l’emploi et plutôt réussi esthétiquement, et ses images ne devraient pas occasionner de mauvaise surprise ; seul son prix, quasiment identique à celui de l’OM-D E-M5 malgré l’absence de viseur et de protection tout-temps, pourrait surprendre les utilisateurs.

Fiche technique E-P5

  • Capteur : Live Mos 4/3, 17,3 x 13 mm, 16 Mpxl, format 4/3
  • Définitions : [4/3] 4 608 x 3 456 [16/9] 4 608 x 2 592 [3/2] 4 608 x 3 456 [1/1] 3 456 x 3 456 pixels
  • Vidéo : 1080p (30 im/s, H.264), son stéréo
  • Stabilisateur : Mécanique sur 5 axes
  • Nettoyage du capteur : Oui
  • Monture : Micro 4/3
  • Protection du boîtier : -
  • Wi-Fi : partage de fichiers, pilotage de l’appareil, données GPS
  • GPS : -
  • Sensibilité : 100-25 600 Iso
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raw (ORF, 12 bits), MOV et AVI (vidéo), MPO (3D)
  • Espace de couleurs : AdobeRGB, sRVB
  • Coefficient multiplicateur : 2x
  • Mise au point : Autofocus par détection de contraste sur 35 zones, locale, spot, mise au point manuelle
  • Mode d’exposition : iAuto, PASM, modes scènes (20), filtres artistiques, vidéo
  • Mesure de l’exposition : Évaluative multizone (324), pondérée centrale, ponctuelle, ponctuelle avec contrôle des ombres ou des hautes lumières ; correction sur +/- 3 IL par 1/3 IL
  • Bracketing d’exposition : 2, 3, 5 vues sur +/- 2 IL
  • Vitesse : 1/8 000 à 60 s, B, T, synchro au 1/320 s
  • Rafale : 9 im/s (stabilisateur désactivé et mise au point fixe) sur 17 Raw
  • Balance des blancs : Auto, préréglée (7), manuelle (2), K, correction +/-7 sur axes rouge/bleu et vert/magenta
  • Bracketing avancé  : Iso, balance des blancs, flash, filtre artistique, HDR
  • Prise flash : Griffe
  • Contrôle du flash : Auto, anti-yeux rouges, contre-jour, synchro lente premier ou second rideau, manuel, pilotage de flashs sans fil ; correction sur +/-3 IL par 1/3 IL
  • Viseur : -
  • Moniteur : LCD tactile inclinable (3 pouces / 1 037 kpts)
  • Stockage : SD, SDHC, SDXC
  • Interfaces : Hi-speed USB/AV, micro-HDMI, WiFi
  • Accessoires fournis : Accu et chargeur, bandoulière, câble USB, CD-ROM, manuel
  • Alimentation : Accu Li-Ion
  • Dimensions : 122,3 x 68,9 x 37,2 mm
  • Poids : 420 g (SD et accu)

Viseur VF-4

La sortie du Pen E-P5 est également l’occasion pour Olympus de mettre à jour son viseur électronique. Le VF-2, apparu avec le E-P2, a donc fait son temps.

Le nouveau VF-4 (Olympus n’a curieusement pas sauté ce chiffre cette fois-ci) reprend l’allure du VF-2 : le volume est sensiblement le même et il est lui aussi orientable à 90° vers le haut. Cela cache une profonde évolution technique : il s’offre un nouvel écran de 2,36 Mpts, sans doute le récent Epson Ultimicron, et un oculaire plus large. Le grossissement atteint ainsi 1,48x, ce qui devrait offrir une visée un peu plus large que sur le viseur Oled des Sony Nex et Alpha !

Par ailleurs, un détecteur d’œil permettra de basculer automatiquement du viseur à l’écran.

Le VF-4 sera compatible avec les précédents Nex équipés d’un port de communication (E-P2 et suivants), moyennant une mise à jour de leur micrologiciel. En revanche, le détecteur d’œil ne fonctionnera qu’avec le Pen E-P5.

Caractéristiques

  • Type : Viseur LCD
  • Définition : 2,36 Mpts (1 024 x 768 pxl)
  • Grossissement : 1,48x (équiv. 24x36 : 0,74x)
  • Dégagement oculaire : 21 mm
  • Correction dioptrique : -4 / +2 δ
  • Dimensions / poids : 30,4 x 48,2 x 47,3 mm / 41,8 g

Commenter cet article

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Les commentaires liés à cet article

Commenter cet article

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Messages

  • Hé bé, ça coûte cher de passer à 1/8000s et de rajouter du wifi et des petites tambouilles surtout logiciels (focus peaking, iso 100...)
    Il va falloir être patient et attendre une baisse des prix, car à ce tarif là, je m’attends à avoir un AF-C utilisable, hors il ne semble pas y avoir d ’amélioration par rapport à un E-M5 ou un E-PL5

    L’ergonomie extérieure est attirante. Plus qu’à attendre les tests.

  • En concurrence avec l’omd5, d’accord car il est vrai qu’on trouve l ’om5 en kit à 999 euros.... la cible de ce boitier semble principalement etre ceux qui veulent remplacer un EP vieillissant et qui sont déjà équipés en optiques. Mille euros, c’est beaucoup d’argent pour un boitier sans viseur, non tropicalisé. Il eut été plus raisonnable de le positionner à 750 euros mais il y a déjà l’EPL5 qui l a l’avantage d’avoir un écran orientable....
    Ceux qui veulent se lancer dans l’achat d’une alternative à leur gros reflex réfléchiront à deux fois, c’est sur, car c’est vrai, le seul vrai concurrent, c’est le Fuji xe1 mais il n’apas (encore ?) tous les atouts des olympus : stabilisation très efficace, tropicalisation et AF d’une efficacité redoutable. Pour moi, le Sony est hors course etant donne que sa gamme optique anorexique et largement critiquée pour ses faiblesses ne peut concurrencer les optiques olympus. Le Sony a en plus un très gros défaut : le bruit deson obturateur qui empêche del’utiliser dans des situations critiques (theatre, etc).

  • En fait, si on lui ajoute le viseur, il sera plus cher que l’om 5 qui lui est tropicalisé. L’annonce des optiques chromées désormais disponibles en noir me fait dire : pourquoi ils ne l’ont pas fait tout de suite ces idiots ? Reste que ce boitier a l’air bien tentant de par les fonctionnalités qu’il offre....

  • Il est annoncé a 1450 euros avec le 17 mm et le viseur. Sacré budget.

  • Chose étrange et assez interpellante, dpreview nous apprend aujourd’hui que olympus va sortir un EPL 6 mais, car il y a un mais, destiné uniquement au marché japonais ! C’est d’autant plus frustrant, et je retiens mon indignation, que cet epl6 dans ses caractéristiques est plus interessant que l’ep5 : il descend à 100 iso, il ale meme système de stabilisation que l’om5 et il devrait etre moins cher que l’ep5.....

[
0
]