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Olympus Pen-F : nostalgie quand tu nous tiens…

27/01/2016 | Benjamin Favier

Clin d’œil au modèle argentique des années 60, ce modèle devient le premier de la gamme Pen à intégrer un viseur. Du coup, il hérite du petit flash externe de ses aînés dans la série OM-D, faute de place. Sa fiche technique reprend d’ailleurs l’essentiel des caractéristiques vues sur les E-M1 et E-M5 Mark II, à l’exception du capteur, dont la définition passe à 20 Mpxl, et de la protection contre les poussières et intempéries.

Présentation

En 2009, le premier Pen, également pionnier de l’ère des compacts à optiques interchangeables dénués de miroirs, célèbre les cinquante ans d’existence de la gamme de compacts argentiques du même nom. Cette année, Olympus fête les 80 ans de son premier appareil photo, le Semi-Olympus I construit en 1936, avec un nouveau Pen-F, descendant direct du Pen-F argentique, sorti en 1963. Il devient le premier Pen numérique avec un viseur et reprend l’essentiel des caractéristiques des OM-D haut de gamme.

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On note l’apparition d’une nouvelle molette, dédiée à la création de profils de rendus couleur ou noir et blanc.

Génération 20 Mpxl

La principale nouveauté vient du capteur. Le traditionnel Live Mos de 16 Mpxl cède sa place à un nouveau Live Mos de 20 Mpxl. Le Pen-F devient ainsi le second boîtier Micro 4/3 à proposer cette définition, après le Panasonic GX8. Les prochains modèles de la gamme OM-D devraient logiquement leur emboîter le pas. La plage de sensibilité s’étend de 80 à 25 600 Iso. Comme toujours chez Olympus, on peut compter sur la stabilisation du capteur, sur cinq axes, en photo et en vidéo. Il est important de noter que le Pen-F sera le seul boîtier Olympus, avec les E-M5 Mark II et E-M1, à être compatible avec la stabilisation optique du 300 mm f/4 IS récemment annoncé dans la gamme M.Zuiko Pro.

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Le Pen-F est fourni avec le flash FL-LM3, comme les OM-D E-M1 et E-M5 Mark II. Il est tropicalisé et pilote des flashs externes sans fil.

Viseur ok, flash ko ?

Sur les précédents Pen, notamment le Pen E-P5, dernier modèle expert de la série, viser à hauteur d’œil passait forcément par l’acquisition d’un accessoire externe, onéreux et encombrant. Le Pen-F hérite pour sa part d’un viseur Oled de 2,36 Mpts, dont le grossissement se situe, d’après Olympus, entre ceux des E-M10 Mark II et E-M5 Mark II. Son arrivée fait une victime, puisque le flash extractible, présent sur l’E-P5, disparaît. Cependant, tout n’est pas perdu : le Pen-F a droit au même petit flash externe FL-LM3 que l’E-M5 Mark II. Doté d’une tête pivotant sur les axes verticaux et horizontaux, c’est plus qu’un simple appendice, car il pilote des flashs externes sans fil et bénéficie de joints d’étanchéité…

Belle construction, mais…

Hélas, ce n’est pas le cas du boîtier. Le label tropicalisation reste la chasse gardée des OM-D experts. Dommage, car la construction made in Vietnam s’avère par ailleurs très soignée. Le châssis, qui repose sur du métal et du magnésium, dégage une sensation de robustesse lors de la prise en main. Une molette dédiée à la correction d’exposition trône sur le dessus, aux côtés du barillet de prise de vue, verrouillable. Les deux molettes de réglages rappellent celles des OM-D. En revanche, celle de la face avant matérialise une nouvelle fonction intéressante.



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Les nouveaux modes de création de films couleur ou noir et blanc du Pen-F.

Simulations de films

Il sera possible de créer ses propres profils couleurs et monochromes, en mettant l’accent sur une tonalité ou en jouant sur le grain, par exemple. Par défaut, quelques simulations de films argentiques sont proposées, proche d’un Kodachrome ou d’un Velvia notamment.

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Comme sur le Fujifilm X-Pro2 il est possible de contrôler l’intensité du grain.

Le réglage s’avère assez intuitif en jouant des molettes et du poussoir situé sous le barillet principal. Il sera possible d’enregistrer des Raw en complément des Jpeg auxquels ces profils sont affectés. Cela vient en complément des nombreux filtres et effets disponibles. Parmi la pléthore de fonctions du Pen-F, on retrouve toutes celles figurant au menu de l’E-M5 Mark II. À l’instar de ce dernier, il est possible de générer des images de grande taille en combinant huit images prises à la suite, via le mode HS, pour atteindre 50 Mpxl. Et de solliciter l’intervallomètre 4 K. Par contre, toujours pas de panorama par balayage au programme. Et l’enregistrement vidéo demeure en 1080p…

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L’écran LCD du Pen-F est tactile et orientable.

Vidéaste qui s’ignore

On pouvait pourtant espérer que le Pen-F franchisse le pas en matière de définition dans ce domaine. D’autant que le GX8, doté du même capteur, filme en Ultra HD. Néanmoins, Olympus pointe les limites du processeur TruePic VII, qui reprend du service. C’est bien dommage, car avec son superbe écran (3 pouces et 1,037 Mpts), tactile et orientable dans toutes les directions, le Pen-F sera à n’en pas douter aussi redoutable que les OM-D en matière de tournage. Il est toujours possible de configurer le mode vidéo (exposition, AF notamment) indépendamment du mode photo et d’accéder à des fonctions précieuses comme le time code, le focus peaking, le zébra et des vumètres. Mais il faudra se contenter d’un enregistrement en 1080p à 50 im/s (compression ALL-I à 77 Mbps, IPB à 52 Mbps). On pourra confier la captation du son au micro stéréo interne, en revanche, pas de prise pour brancher un accessoire externe.

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Les menus du Pen-F sont aussi pléthoriques que ceux des OM-D E-M1 et E-M5 Mark II…

Le reste des caractéristiques nous amène en terrain connu. Il convient toutefois de souligner l’obturateur mécanique à 1/8 000s, dont l’E-M1 avait jusque-là le monopole, avec la possibilité qu’il atteigne 1/16 000s en mode électronique. La cadence est de 10 im/s (5 im/s avec suivi de l’AF) et permettrait, selon Olympus, une fois la stabilisation désactivée, de prendre 39 Raw ou 45 Jpeg en qualité maximale.

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L’accu est identique à celui des OM-D E-M1 et E-M5 Mark II.

Le système AF à 81 collimateurs de l’E-M5 Mark II officie, et il sera toujours possible de choisir les points directement sur l’écran en gardant l’œil au viseur en l’activant via une double pression sur le LCD. La fonction WiFi permet de prendre le contrôle du boîtier à distance en photo et en vidéo. Enfin, bonne nouvelle pour les possesseurs d’OM-D désireux de s’offrir le Pen-F : l’accu BLN-1 est identique.

Le boîtier devrait être commercialisé la première semaine de mars. Les tarifs seront de 1 199 € (nu), 1399 € en kit avec le zoom 14-42 mm f/3,5-5,6 EZ Pancake et 1 499 € avec le 17 mm f/1,8 (livré sans pare-soleil).

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La poignée optionnelle améliore la prise en main du Pen-F.

Des accessoires seront proposés en option, notamment un grip compatible Arca (129 €), qui améliore sensiblement la prise en main, déjà satisfaisante.

- Le site d’Olympus

Premier avis

Le dernier Pen en date se situait relativement loin du petit nouveau dans l’esprit : avec le Pen E-PL7, Olympus visait un public plutôt féminin (on se pose encore la question à l’issue de nos tests) et amateur de selfies. Et on pouvait se demander si cette gamme avait de l’avenir, du moins sur le segment expert, largement fourni avec les OM-D. C’est pourtant un boîtier haut de gamme qui voit le jour, surfant sur la tendance à l’expertise et au vintage, qu’Olympus a initié en 2009 avec le premier Pen. Avec le Pen-F, réminiscence de l’appareil éponyme de l’ère argentique, elle en offre plus que l’E-P5, déjà fort bien loti en matière de richesse fonctionnelle. Symbole le plus évident, le viseur Oled intégré, jusque-là manquant sur les Pen.

Quant au reste, on se rend compte que le Pen-F n’a plus grand-chose à envier aux E-M1 et E-M5 Mark II… mis à part une construction jointoyée, qui aurait été la bienvenue, le tarif de 1 199 € le situant dans les mêmes eaux qu’un Fujifilm X-T1. Mais avec la stabilisation intégrée, une réactivité qui devrait être du niveau des OM-D, un écran orientable dans toutes les directions et tactile, un mode vidéo très complet (malgré la limitation à la HD en 1080p et l’absence de prises micro et casque), un petit flash externe très costaud et une gamme optique diablement séduisante, le Pen-F ne manque pas d’atouts. Reste la qualité d’image. Le capteur de 20 Mpxl nous a convaincus sur le GX8. Gageons qu’il en sera de même sur le Pen-F. Mais le choix du Micro 4/3 demeure une affaire de compromis dans ce domaine. Dès lors que l’on souhaite jouer sur la profondeur de champ, sauf à investir dans des optiques lumineuses, l’APS-C et le plein format gardent une longueur d’avance.

Fiche technique

  • Capteur : Live Mos 4/3, 17,3 x 13 mm, 20 Mpxl, format 4/3
  • Définition : [4/3] 5 184 x 3 888
  • Vidéo : HD 1080p, 24 à 60 im/s, H.264 (compression ALL-I à 77 Mbps), son stéréo
  • Stabilisateur : capteur stabilisé sur 5 axes
  • Nettoyage du capteur : Oui
  • Monture : Micro 4/3
  • Protection du boîtier : -
  • Wi-Fi : partage de fichiers, pilotage de l’appareil, données GPS
  • GPS : -
  • Sensibilité : 80-25 600 Iso
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raw (ORF, 12 bits), MOV et AVI (vidéo), MPO (3D)
  • Espace de couleurs : AdobeRGB, sRVB
  • Coefficient multiplicateur : 2x
  • Mise au point : Détection de contraste multizone ou ponctuelle (81 zones), détection des visages
  • Mode d’exposition : iAuto, PASM, modes scènes (20), filtres artistiques, vidéo
  • Mesure de l’exposition : Évaluative multizone (324), pondérée centrale, ponctuelle, ponctuelle avec contrôle des ombres ou des hautes lumières ; correction sur +/- 3 IL par 1/3 IL
  • Bracketing d’exposition : 2, 3, 5 vues sur +/- 2 IL
  • Vitesse : 1/16 000 (obturateur électronique) ou 1/8 000 à 60 s, B, T, synchro au 1/320 s
  • Rafale : 10 im/s (stabilisateur désactivé et verrouillage AF sur première vue) ; 39 Raw ou 45 Jpeg. 5 im/s sinon.
  • Balance des blancs : Auto, préréglée (7), manuelle (2), K, correction +/-7 sur axes rouge/bleu et vert/magenta
  • Bracketing avancé  : Iso, balance des blancs, flash, filtre artistique, HDR
  • Prise flash : Griffe
  • Contrôle du flash externe FL-LM3 : NG9 pour 100 Iso ; auto, anti-yeux rouges, contre-jour, synchro lente premier ou second rideau, manuel, pilotage de flashs sans fil ; correction sur +/-3 IL par 1/3 IL
  • Viseur : Oled 2,36 Mpts ; dégagement oculaire 20 mm
  • Moniteur : LCD tactile orientable (3 pouces/1, 037 mpts)
  • Stockage : SD, SDHC, SDXC
  • Interfaces : Hi-speed USB/AV, micro-HDMI
  • Accessoires fournis : Accu et chargeur, bandoulière, câble USB, CD-ROM, manuel
  • Alimentation : Accu Li-Ion BLN-1
  • Dimensions : 124,8 x 72,1 x 37,3 mm
  • Poids : 427 g (SD et accu)

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  • Avis mitigé face à une nouveauté dont on attendait,beaucoup. En effet, pourquoi avoir mis une poignée en option ? Poiur faire comme Fuji ? Le responsable du marketing d’olympus USA présente le pen F comme un appareil destiné à la photo de rue : pourquoi alors ne pas lui avoir donné une protection tout temps ?
    À prix similaire, l’em 5 II reste une meilleure affaire : le viseur est mieux, la préhension également, et surtout il est protégé contre les intempéries. Je m’attendais à voir arriver un super gx8, je ne vois lâ qu’en ep5 habillé vintage

  • Et toujours la connexion usb-6 au format propriétaire Olympus !
    Et le menu est-il toujours aussi "complexe", pour rester poli ?
    Un essai, mais pas transformé...

  • Décu.
    Perte d’élégance par rapport à l’EP-6 qu’il remplace et moins élégant que le Pen d’origine.
    Look plutôt qu’ergonomie avec la perte de la poignée (une version vissable directe aurait été la solution).
    Articulation de l’écran par rotule, mauvais choix sur ce type de boitier.
    Pas de finition tout temps.
    Choix ergonomiques (commandes) ?
    Taille trop importante, foutue mode.

  • C’est marrant ces critiques, alors que personne n’a eu l’appareil en main...
    Une des particularité d’Olympus, est de fabriquer des appareils bien construits. Ce qui m’intéresse en premier lieu, c’est la qualité d’image.
    Le 1er regret, c’est le prix vraiment trop élevé par rapport à un APSC de très bonne qualité, et même d’un FX. Ce n’est pas réaliste, d’autant que les optiques Olympus ne sont pas données non plus.

  • Bien plus que du Pen-F construit par Maitani Yoshihisa, dont il n’a que le gabarit et la légère pente du côté gauche, ce modèle puise l’inspiration du look de ses éléments de contrôle dans les Leica III, surtout le Leica IIIc :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Leica_III

    Le sélecteur ON/OFF placé comme le bouton de rebobinage d’un Leica III, fallait y penser.
    Ou plutôt non, il fallait justement ne pas y penser, car cela n’a rien d’inévitable.
    À première vue, ce Pen-F rétro a du charme ; après deux secondes de réflexion, on se rend compte que c’est un exercice de style futile, plein de références historiques creuses. L’illustration parfaite de la différence entre le design (« Design is how it works ! », Steve Jobs) et la stylique : du simple rhabillage. Dommage : l’héritage spirituel de Maitani aurait mérité mieux, Olympus est en train de le galvauder.

  • ce qui serait intéressant de savoir :
    - l’efficacité de la stabilisation par rapport au nouveau capteur plus défini (même si la différence ne doit pas être énorme)
    - le traitement direct sur le boitier à partir de l’écran arrière alors que celui-ci est loin de répondre aux qualités des écrans destinés au post traitement (gamut, etc)
    - la tenue en main avec des optiques plus imposantes : 12-40, 40-150 etc

  • Au point de vue ergonomique, deux petites remarques :
    - quand on garde le doigt appuyé sur le déclencheur, le majeur se retrouve en position d’appui sur la roue de devant qui est crantée, ceci est inconfortable
    - j’ai un em1 pour la simple raison que c’est le seul qui me permet de ne pas avoir de crampe avec le doigt qui doit déclencher. Sur les autres boîtiers - trop "petits" - la distance est trop courte et donc le doigt se retrouve recroquevillé.
    - la poignée optionnelle permet elle un accès facile à la trappe batterie lorsqu’il faut en changer ? Je lirai donc avec impatience le numéro de février....

  • 7 suite : je pose la question pour la poignée car d’après les infos que j’ai cette poignée serait à fixer (et a demonter evidemment) via une clé Allen, ce qui , vous en conviendrez, n’est pas une solution de facilité.. .

  • Le pen F vient de passer devant dans les chiffres de vente sur amazon qui,constate que c’est le noir qui se vend le plus aux USA et le chromé en Allemagne, logique puisque comme l’a très bien remarqué @5 ce Leica IIIc like qu’est le pen F remplace le leica que beaucoup ne pourront pas s’acheter faute de budget. Le pen F devance ainsi maintenant le xpro2. J’ignore si la sortie du pen F juste après le xpro2 était préméditée mais c’est bien joué de la part d’olympus !

  • Le flash FL-LM3 n’est pas livré avec l’E-M1 contrairement à ce qui est indiqué dans l’article. C’est le FL-LM2 qui est livré avec l’E-M1.