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[PHOTOKINA 2018] ProGrade Digital : entretien avec Wes Brewer

27/09/2018 | LAURENT KATZ

Vous vous souvenez, ProGrade Digital est cette entreprise fondée par des anciens de Lexar, racheté par le chinois Longsys quand Micron a décidé de se séparer de sa filiale Lexar, productrice de cartes mémoire et de clés USB. Nous avons rencontré son PDG Wes Brewer et son vice-président du marketing, Mark Lewis.

La première question a été de comprendre pourquoi Micron, qui produit aussi des mémoires pour ordinateurs et des SSD avait ressenti le besoin de se séparer de Lexar qui avait une bonne cote auprès des photographes et des vidéastes.

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Le boss de ProGrade Digital : Wes Brewer.
(photo LK)

Wes explique que « Micron fait beaucoup plus de profit en vendant de la mémoire flash et qu’elle a décidé de se recentrer vers cette activité. Elle s’intéresse plus à vendre des mémoires pour équiper les serveurs de Google, d’où la fermeture de Lexar ! Elle a donc cédé l’usage du nom Lexar ainsi que le stock de produits restant. Nous avons une autre optique sur le service à rendre et souhaitons prioritairement nous adresser au marché professionnel et aux prosumers (NDLR : des consommateurs experts ayant des exigences élevées). Nous avons d’ailleurs constaté que le cinéma hollywoodien utilise de plus en plus des mémoires amovibles. Pour toutes ces raisons nous n’avons pas cherché à reprendre la marque Lexar, parce que nous voulions que notre vision quant à la manière de proposer des cartes s’accompagne d’une nouvelle dénomination. ».

Face à un SanDisk qui vise des marchés très différents, le nouveau spécialiste de la carte mémoire cherche à offrir des services additionnels. Wes nous a montré une CFast comportant un numéro de série gravé dans le métal, donc ineffaçable, qui sert à enregistrer les modèles vendus, mais aussi à connaître la version du firmware de la carte. Un composant essentiel avec la mémoire et le contrôleur. Ainsi, comme la marque travaille avec les fabricants d’appareils et qu’elle teste sans arrêt les nouveaux modèles pour voir comment les cartes se comportent, elle sera capable de voir si une carte donnée risque de poser problème, en raison du microcode ou du contrôleur, et de proposer un échange aux clients enregistrés. Car contrairement à nombre d’équipements numériques, la mise à jour du firmware n’est pas une procédure prévue pour l’utilisateur.

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La gamme actuelles des cartes. La couleur dorée signale les cartes les plus haut de gamme.
(photo LK)

Le directeur de ProGrade Digital nous informe que « que 100 % des cartes sont testées à 100 %, et pas seulement quelques minutes pour voir si elles sont reconnues et si elles acceptent quelques cycles de lecture/écriture. Une procédure qui, au lieu de prendre 45 s, consomme environ 45 mn sur une CFast de 512 Go, car toutes les cellules de la mémoire sont testées. ». Cela nous amène à l’interroger sur le lieu de fabrication. Wes nous indique que du temps de Lexar, « les SD venaient de la Corée du Sud et que les CFast étaient fabriquées au Vietnam. Rien n’a changé. ». La vision du numéro de série gravé dans le métal a suscité une autre question. Pourquoi, alors que certains reprochent à la SD son manque de robustesse face au boîtier tout métal de la XQD actuelle et de la CFast Express qui arrive, le boîtier de la SD reste en plastique. Wes Brewer, sans apporter une certitude, précise : « Il ne me semble pas avoir vu dans les spécifications officielles de la SD que l’usage du plastique était obligatoire et le métal interdit. Reste qu’introduire une SD qui serait en métal dans un appareil pourrait en perturber le fonctionnement. ».

Une autre question nous est venue à l’esprit en lisant l’annonce d’une microSDXC UHS-II qui lit à 200 Mo/s et écrit à seulement 80 Mo/s. Pourquoi ? Parce que des économies sont faites sur les composants internes. Mais Il existe une SDXC chez le fabricant qui, offrant une capacité de 256 Go, lit à 250 Mo/s et écrit à 200 Mo/s. « La plus rapide du monde » indique Wes. Et quand on lui fait remarquer que Sony dit que sa SDXC est recordwoman de vitesse, il fait remarque que sa catégorie est celle des 128 Go, et non des 256 Go !
Les lecteurs de cartes.
À l’occasion de cette Photokina, outre les nouvelles microSDXC UHS II U3 respectivement vendues 49,99 $, 74,99 $ et 114,99 $ pour des capacités de 32 Go, 64 Go et 128 Go, ProGrade Digital propose deux doubles lecteurs, l’un CF et SD, l’autre pour traiter de indique Wes ux microSD. Tous deux sur fond d’interface USB-C et de compatibilité USB 3.1 Gen 2 (1,25 Go/s maxi). Tout cela distribué sur Amazon ou chez BH Photo & Video.

Nous avons aussi évoqué la CFexpress qui va remplacer à terme les XQD et CFast. Ce qui, selon Wes, devrait suffire pour la 8K prévue pour les Jeux Olympiques 2020. Au dernier salon Nab de Las Vegas, la marque a fait la démonstration que sa carte pouvait lire à 1 400 Mo/s et écrire à 1 000 Mo/s en mode Burst et 700/800 Mo/s en continu. Cette carte comporte deux lanes (circuits de données), ce qui explique ces hautes vitesses. Ce qui implique que pour en profiter pleinement, il faudra que le lecteur de XQD actuel, par exemple celui des Nikon Z6/Z7 et l’électronique qui va avec, devrait, après mise à jour du firmware, être capable de telles performances. À vérifier.

- Le site de ProGrade Digital

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