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Panasonic GM1 : l’ultra-compact à objectifs interchangeables

17/10/2013 | Franck Mée

Prendre la base technique d’un GX7 et la faire tenir dans un boîtier de la taille d’un RX100 : c’est la gageure relevée par Panasonic. Son nouveau GM1 réussit à être plus compact que le Pentax Q7, tout en conservant un capteur 4/3"…

Présentation

Il y a des cas où nous hésitons à utiliser certains mots. Par exemple, le Canon G1 X est-il vraiment "compact" ? Et dans "compact à objectifs interchangeables", quelle est la limite de "compact" ? Un Olympus E-M1, plus gros que certains reflex, est-il un vrai COI ? Et que penser du Leica M ? Au fond, ne devrions-nous pas qualifier le Canon EOS 100D de COI ?

Heureusement, il y a des cas où nous n’hésitons pas. Le Pentax Q était le premier vrai compact à objectifs interchangeables, avec son boîtier de la taille d’un compact numérique grand public (environ 98 x 58 mm).

C’est également le cas du nouveau Panasonic GM1, dernier bébé de la gamme Micro 4/3. 99 mm de largeur, 55 mm de hauteur et 204 g batterie comprise : c’est un petit exploit que les ingénieurs d’Ōsaka ont réalisé.

Car au contraire des Pentax, nous n’avons pas ici affaire à une électronique de compact. La base technique est la même que sur le Lumix GX7 : capteur 16 Mpxl au format 4/3", processeur permettant l’analyse du point 240 fois par seconde — d’où une amélioration de l’autofocus et des rafales à 4 im/s avec suivi de sujet… Le GM1 conserve même la liaison Wi-Fi, le micro stéréo, le flash intégré et l’écran tactile de ses frères, Panasonic ayant, pour tout intégrer, fait preuve d’une astuce certaine : par exemple, le capteur n’est plus fixé sur la carte-mère, mais sur la plaque avant du châssis, permettant d’échancrer la carte-mère pour la placer autour du bloc capteur-monture, économisant quelques millimètres d’épaisseur.


Panasonic GX7, Panasonic GM1 et... compact Sony RX100 II !

Concessions inévitables

Il y a tout de même quelques sacrifices sur l’autel de la compacité. Les touches d’accès direct aux fonctions sont bien entendues allégées : ne restent que le trèfle, la vidéo, le mode de mise au point et le barillet des modes de prise de vue. Par ailleurs, viseur et griffe flash sont portés disparus et le flash intégré est extrêmement peu puissant. Plus gênant, l’écran est fixe et la batterie, nouvelle, est limitée à 4,9 Wh, soit une capacité environ 25 % inférieure à celle du GF6. L’autonomie est du coup presque spectaculaire, à sa façon : 230 images, alors que les COI nous ont habitués à des valeurs minimales de l’ordre de 340 images !

Les plus techniciens noteront également l’obturateur mécanique limité au 1/500 s avec synchro-X au 1/50 s — l’obturateur du GF6, lui, monte au 1/4 000 s et le GX7 atteint le 1/8 000 s, avec des synchro au 1/160 s et au 1/320 s respectivement. Au-delà de cette vitesse, le GM1 passe en obturation électronique, totalement silencieuse mais potentiellement moins efficace dans certaines circonstances.

L’objectif adapté

Et puis, si le boîtier du GM1 est vraiment compact, qu’en est-il une fois équipé d’un objectif ? Même le pancake 20 mm est plus gros que l’appareil, Panasonic proposant une poignée supplémentaire pour rehausser la semelle avec une telle optique ! Le GM1 est en fait calculé pour être employé avec son nouveau 12-32 mm, dont le diamètre correspond précisément à la hauteur du boîtier et qui ne fait qu’un peu plus de 2 cm d’épaisseur en position de transport. L’ensemble reste alors plus épais qu’un RX100 II, mais il est plus petit qu’un LX7 : belle performance !

Globalement, le GM1 est un appareil assez atypique, bien construit, étonnamment compact surtout avec son 12-32 mm, qui vise clairement un positionnement "bijou" plus valorisant que le "grand public" du GF6.

Du coup, le tarif de 700 € en kit (1000 € en double kit avec 12-32 mm, 20 mm et poignée) est plutôt justifié, même s’il laisse la place au GF6 de poursuivre une belle carrière.

- Le site de Panasonic

Panasonic 12-32 mm f/3,5-5,6

Le nouveau 12-32 mm est aussi étonnant que l’appareil qu’il accompagne. Comme beaucoup de zooms compacts, il est téléscopique dans la base de son fût lorsqu’on ne l’utilise pas. Mais outre qu’il est beaucoup plus petit que le Panasonic 14-42 mm X, il n’est pas motorisé : le zoom est bien mécanique, de même que l’extension de la position de transport à la position de prise de vue. En revanche, il n’a pas de bague de mise au point, ce qui suppose que celle-ci soit gérée au niveau du boîtier — mais il paraît probable que ces objectifs restent toute leur vie en autofocus : la mise au point manuelle n’est pas essentielle quand il est possible de pointer le sujet précisément sur l’écran.

Le 12-32 mm conserve tout de même la stabilisation optique et son ouverture reste identique aux autres objectifs de kit grand public : f/3,5 au grand-angle et f/5,6 au télé. Sa plage équivalente à un 24-64 mm couvre une bonne partie des besoins quotidiens et il pourrait même tenter ceux que le grand-angle à 28 mm des 14-42 mm rebute…

Le principal reproche que nous ferons, finalement, est à chercher du côté de la communication boîtier-objectif : au contraire des Nikon 1 par exemple, le GM1 ne démarre pas automatiquement lorsqu’on déverrouille son optique. Il faut donc démarrer l’appareil et déployer l’objectif, deux manipulations un peu redondantes avant la prise de vue.

Fiches techniques

Panasonic Lumix GM1

  • Capteur : Live MOS 16 Mpxl, 13 x 17,3 mm
  • Monture : Micro 4/3
  • Stabilisateur  : -
  • Viseur électronique : -
  • Ecran : LCD 7,6 cm, 1 036 kpts, tactile
  • Autofocus : Détection de contraste
  • Mise au point : AF simple, AF continu, manuelle
  • Exposition : TTL
  • Balance des blancs : NC
  • Rafale : 5 im/s, 4 im/s avec suivi AF
  • Sensibilité : 200 à 25 600 Iso, 125 Iso en mode étendu
  • Vitesse : 1/16 000 s (électronique) ou 1/500 s (mécanique) à 60 s, pose B
  • Synchro-flash : 1/50 s
  • Flash : Pop-up intégré, NG=4 pour 100 Iso
  • Vidéo : AVCHD 1920 x 1080 60i/50i, son stéréo
  • Wi-Fi : Transfert d’images, commande à distance
  • GPS : Non
  • Interfaces : USB, mini-HDMI, télécommande
  • Alimentation : Batterie (7,2 V, 680 mAh), autonomie : 230 images
  • Taille : 98,5 x 54,9 x 30,4 mm
  • Poids : 204 g

Panasonic 12-32 mm f/3,5-5,6 Mega OIS

  • Formule : 8 lentilles dont 3 asphériques et 1 ED, en 7 groupes
  • Monture : Micro 4/3
  • Stabilisation : Oui
  • Focale : 12-32 mm
  • Ouverture maximale : f/3,5-5,6
  • Ouverture minimale : f/22
  • Diaphragme : Circulaire à 7 lamelles
  • Mise au point : Moteur pas à pas
  • Distance minimale : 20 cm (grand-angle), 30 cm (télé)
  • Rapport de reproduction maximal : 0,26x
  • Porte-filtre : 37 mm
  • Dimensions (L x Φ : 24 mm x 55,5 mm
  • Poids : 70 g

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  • Bigre, le meme gros défaut qui m’a fait revendre mon Sony : cet appareil glisse des mains, on ne sait par où le prendre : où est le petit bossage de préhension ????
    a force de miniaturiser, on finit par faire des slim Line qui sont des slip Line (slip en anglais veut dire : glisser) !!!!

  • Je ne comprends pas bien en quoi fabriquer un appareil plus,compact (afin de concurrencer le Sony rx100 ?) doit etre interprèté comme une demarche visant a positionner cet appareil comme un "bijou" ? A-t-on dit cela du rx100 ? Non, jamais entendu. Or ce Panasonic a le meme gabarit. Je ne comprends pas non plus pourquoi une marque comme Casio arrive a faire des petits accus qui tiennent 500 vues alors que des ténors comme Panasonic n’y arrivent pas ?

    • Pour concurrencer le RX100, il faudrait que l’objectif soit rentrant afin de tenir dans une poche de chemise ou de jean.
      Par contre, les performances du capteur plus grand laissent augurer une meilleure sensibilité pour les scènes de faible éclairage.

      J’ai des doutes que Casio ait mis au point une nouvelle technologie de batteries ? Ne s’agirait-il pas d’une batterie Lithium-ion exploitée dans un compact dont les moteurs et autre processeur limités technologiquement par rapport à certains concurrents serait moins gourmande ? Et puis, une batterie supplémentaire dans l’autre poche est il une contrainte insurmontable ? Si c’est pour le prix ; il y a les compatibles qui sont souvent aussi performantes et coûtent des queues de cerises.

      Embarquer un tel concentré de technologie dans un espace aussi réduit (avec quelques restrictions par rapport aux copains plus volumineux quand même) et lui adjoindre un nouveau zoom très compact, est une prouesse que je salue. D’autant plus qu’il devrait rentrer sans difficulté, non pas dans une poche de chemise...,mais dans une poche de blouson ?

    • Non, c’est pas une nouvelle technologie, c’est effectivement du lithium-ion. Les batteries Casio sont un poil plus épaisses que celles des compacts classiques et sensiblement plus denses, Casio ayant apparemment des techniques de construction qui lui sont propres sur ces modèles. Du coup, avec des batteries deux ou trois millimètres plus épaisses, un Casio série ZR a une capacité électrique quasiment doublée par rapport à ses équivalents (Canon SX, Nikon S9x00, Sony HX...) : environ 7 Wh contre maximum 4,5 Wh.
      Sur les appareils ultra-fins, qui imposent des batteries d’environ 5 mm d’épaisseur maximale, la différence est beaucoup moins flagrante et les capacités très proches.

    • Les compatibles sont rarement aussi performantes : il suffit de lire sur l’emballage combien de milliampères elles proposent et on s’aperçoit qu’on fait une TRES mauvaise affaire en les achetant, quant aux accus made in. China, mieux vaut oublier : je n’ai pas envie d’exploser mon boitier.

    • Je peux témoigner au sujet de Casio car ma femme possède un Casio avec un accu qui tient au minimum 500 a 600 vues contre a peine 250 vues pour le rx100. Raison d’ailleurs pour laquelle je l’avais acheté. Je dois vous dire que l’accu n’est pas enorme. On est donc largement au dessus de deux fois la longévité. N’oublions pas que Sony avait mis sur le marché les fameux accus Stamina à longue durée. Je me demande dans quelle mesure les fabricants ne le font pas exprès pour pouvoir vendre leurs accus en plus comme accessoires car chacun sait que sur les accessoires, les fabricants font une marge énorme (et aussi les revendeurs). Ce qui m’échappe, c’est que si je dois payer 75 euros pour un accu peu performant, commment Casio fait il pour proposer un appareil à 200 euros avec un accu super performant qui dure de deux à trois fois plus longtemps qu’un accu d’origine Sony vendu séparément entre minimum 50 à 75 euros ????

  • "quelques sacrifices sur l’hôtel de la compacité", sans doute avez vous voulu écrire : " sur l’autel ......" , les sacrifices se pratiquant normalement sur un autel et non pas dans une chambre d’hotel !

  • Alors que de nombreux sites annoncent la sortie pas très lointaine d’un 35-100 et d’un leica 15 F1,7 adaptés à ce nouveau modèle, vous avez zappé l’info ?

  • Alors que tout le monde criait au miracle et s’extasiait devant le nouveau Sony rx100 et son capteur de un pouce logé dans un si petit boitier, ici, personne n’a l’air de voir que Panasonic a réussi à fabriquer un appareil de la meme taille que le rx100 mais avec un capteur presque deux fois plus grand que celui du Sony !! Avec le rx100, les termes élogieux ne tarissaient pas, ici, la sobriété et pourtant il me semble que cet appareil est bien plus interessant que le Sony. En plus, silence complet sur le nouveau Leica dg 15 mm F1.7 et le 35-100 en préparation qui est dédié au format de cet appareil car Panasonic, ce n’est pas Sony, eux moins ils ont l’intelligence d’accorder leurs optiques avec leurs boitiers ! Ils ont meme prévu des le depart - ce que Sony n’a pas fait - une poignée de maintien.