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Panasonic GX8, des commandes en plus et un flash en moins

16/07/2015 | Franck Mée

Deux ans après un très réussi GX7, Panasonic renouvelle son hybride expert compact. Le GX8 perd le flash, mais apporte un nouveau capteur, un design et une ergonomie revus, un viseur plus généreux, la vidéo 4K et une innovation majeure : la combinaison de la stabilisation optique et de la stabilisation mécanique sur tous les axes !

Présentation

Avec sa construction soignée, son écran et son viseur orientables, son ergonomie avancée et ses performances appréciables, le Panasonic GX7 était un appareil très réussi. Lui donner un successeur supposait donc de placer la barre encore plus haut, et c’est ce qu’a souhaité faire la marque en concevant le nouveau GX8.

Le premier point que noteront les utilisateurs est l’ergonomie révisée. La molette des modes passe au centre du boîtier et prend place sur une couronne de correction d’exposition, dans un montage qui n’est pas sans rappeler les habitudes Canon (voir le G7 X par exemple). Ce choix a hélas éradiqué le flash intégré du GX7, et Panasonic ne fournira a priori aucun flash externe avec le GX8 : dommage, la quasi-totalité des concurrents ayant pris cette bonne habitude ! Autre nouveauté : sur la molette arrière, rehaussée et plus accessible, vous trouverez un bouton de permutation permettant d’ajouter un duo de fonctions aux molettes (par exemple, passer des réglages vitesse et ouverture aux réglages sensibilité et balance des blancs). Une solution qui n’est pas sans rappeler le basculeur utilisé par les Olympus récents…

La construction a été améliorée pour devenir plus flatteuse et intégrer des joints de protection contre les intempéries, désormais courants à ce niveau de gamme notamment chez le cousin Olympus. La double charnière de l’écran laisse la place à une rotule latérale offrant une liberté d’orientation accrue et côté viseur, c’est une révolution : exit le modèle à affichage séquentiel du GX7, place à un beau viseur Oled au grossissement généreux – à 0,77x, il égale ou frôle les ténors des hybrides comme le Fujifilm X-T1 et le Sony α7R II. Et bien entendu, il est toujours orientable vers le haut à 90°.

Multi-stabilisé

La grande nouveauté du GX7, c’était la stabilisation mécanique du capteur, une première chez Panasonic. Il pouvait ainsi contrer les vibrations du photographe avec les focales fixes ou les objectifs tiers (dont les Micro 4/3 d’autres marques) dépourvus de stabilisation optique. Le fonctionnement était cependant « tout ou rien » : soit l’appareil utilisait le stabilisateur mécanique, soit il le neutralisait et demandait à l’objectif d’activer le sien.

Depuis, Sony a montré avec les Alpha 7 II et Alpha 7R II qu’il était possible de combiner deux stabilisateurs, en utilisant le stabilisateur optique (lorsqu’il existe) pour contrer les rotations en tangage et en lacet ainsi que les accélérations verticale et horizontale, tout en employant le stabilisateur mécanique pour éliminer les rotations en roulis.

Panasonic a repris le flambeau et va plus loin : lorsqu’un objectif stabilisé est employé, le stabilsateur mécanique et le stabilisateur optique travaillent de concert pour accroître l’efficacité sur tous les axes. Il conviendra bien entendu de vérifier l’efficacité réelle de ce système de « double stabilisation », mais il devrait permettre d’accroître l’efficacité de l’ensemble sur les mouvements nécessitant une grande amplitude de correction, comme avec des gros téléobjectifs ou lors de poses particulièrement longues.

Cette fonction nécessitera toutefois une mise à jour du firmware des objectifs. Panasonic annonce que les nouveaux micrologiciels auront été publiés d’ici novembre pour 80 % des modèles d’optiques.

Électronique flambant neuve

À l’intérieur de l’appareil aussi, tout change. Le processeur est nouveau, le capteur est un inédit Cmos de 20 Mpxl dont nous sommes curieux de voir l’efficacité notamment en basse lumière : avec des photosites de 3,4 µm, il est plus dense que le Cmos BSI des Samsung NX1 et NX500… Panasonic annonce une amélioration sensible de la plage dynamique ; là encore, nous sommes curieux de vérifier.

Contrairement à la mode du moment, ce capteur conserve un filtre passe-bas pour limiter les risques de moiré. Un nouveau traitement d’image a été développé, intégrant un « filtre d’ouverture » pour rehausser spécifiquement les signaux proches de la fréquence de Nyquist, qui commencent à être atténués par le filtre passe-bas mais ne causent pas d’artefacts. Cela devrait donc permettre d’obtenir un très haut piqué jusqu’à la « coupure », sans pour autant craindre le moiré ; mais là encore, nous conjuguerons au conditionnel jusqu’à ce que nous puissions vérifier nous-mêmes la qualité d’image.

La vidéo 4K est bien entendu du voyage, dans sa variante UHD uniquement – filmer en 4K DCI reste donc l’apanage du GH4. Le GX8 apporte pourtant une nouveauté intéressante : c’est le premier Panasonic capable de filmer en 4K en utilisant toute la largeur du capteur, plutôt que de recadrer les 3 840 x 2 160 pxl du centre. La prise de son est bien entendu en stéréo et il est possible de brancher un micro externe, mais attention : la prise est un jack 2,5 mm, au lieu du classique 3,5 mm ! Il faudra donc un adaptateur pour brancher un micro standard, situation d’autant plus étonnante que le bridge Panasonic FZ300, annoncé lui aussi ce jour, dispose lui d’un jack 3,5 mm…

Le mode 4K photo est logiquement présent, avec une nouveauté : une fonction de focus bracketing permet d’empiler une rafale rapide de photos avec une mise au point différente, permettant ensuite de modifier la mise au point directement sur l’écran de l’appareil. Panasonic ne propose en revanche pas pour l’heure de vrai focus stacking (l’assemblage des zones nettes des différentes images pour obtenir une profondeur de champ infinie) et l’opération demande la prise de plusieurs photos : on reste donc loin des possibilités d’un vrai appareil plénoptique comme le Lytro Illum.

L’obturateur au 1/8000s est toujours là, ainsi que le désormais classique mode électronique au 1/16000s. L’obturateur électronique permet également d’atteindre 10 im/s en rafale, l’obturateur mécanique étant limité à 8 im/s.

Le GX8 devrait coûter 1199 € nu, 1600 € avec 14-140 mm et 1999 € avec le 12-35 mm f/2,8.

- Le site de Panasonic

Premier avis

Avec le GX8, Panasonic va bien au delà de la simple mise à jour du GX7 : construction, ergonomie, électronique, fonctionnalités, tout est revu. Beaucoup d’interrogations subsistent, à commencer par la qualité d’image sur un capteur aussi dense et totalement inédit, ou encore l’efficacité de la double stabilisation.

L’évolution ergonomique va en tout cas dans le bon sens, avec un meilleur viseur, une plus grande liberté d’orientation de l’écran, plus de commandes et plus de personnalisations. Nous regrettons évidemment la suppression du flash intégré, d’autant plus frustrante que Panasonic ne fournit même pas un module externe : sensiblement moins cher, l’Olympus OM-D E-M5 II propose également la tropicalisation, une ergonomie personnalisable, des fonctions originales, et il est pour sa part accompagné systématiquement d’un mini-flash orientable ! Dommage également que Panasonic n’ait toujours pas adopté une prise micro standard : sur son premier appareil capable de filmer en 4K sur toute la largeur du capteur, cela aurait été une avancée cohérente…

Fiche technique

  • Capteur : Live Mos 20 Mpxl, 13 x 17,3 mm
  • Monture : Micro 4/3
  • Protection : Boîtier jointoyé
  • WiFi : Transfert de fichiers, contrôle à distance ; configuration par NFC
  • GPS : Non
  • Stabilisateur  : Mécanique, compatible avec les stabilisations optiques Panasonic
  • Viseur électronique : Oled, orientable, 2 360 kpts, 0,77x (équiv. 24x36 mm)
  • Ecran : Oled 7,6 cm orientable et tactile, 1 040 kpts
  • Autofocus : Détection de contraste et DFD sur 49 zones, détection des visages, sélection tactile de la zone
  • Modes de mise au point : AF simple avec retouche du point, flexible, continu ; manuel
  • Exposition : Multizone, pondérée centrale, spot
  • Bracketing : 3, 5 ou 7 im sur +/- 3 IL
  • Balance des blancs : Préréglée (5), perso (4), température
  • Rafale : 10 im/s (obturateur électronique), 8 im/s (mécanique), 6 im/s (AF continu) sur 30 Raw
  • Sensibilité : 100 à 25 600 Iso
  • Vitesse : 1/8 000s à 60s (1/16 000s en obturation électronique), pose B
  • Flash : -
  • Vidéo : 4K UHD 24 ou 25 im/s, Full HD 24 à 50 im/s
  • Interfaces : USB 2, HDMI, télécommande / entrée micro 2,5 mm, griffe flash
  • Carte mémoire : SD-SDXC (compatible UHS-II)
  • Alimentation : Li-ion (7,2 V, 1 200 mAh), 340 photos
  • Taille : 133,2 x 77,9 x 63,1 mm
  • Poids : 487 g

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  • Enfin, osera-t-on dire, panasonic stabilise de manière efficace ses boîtiers à la façon olympus. On pourra donc y placer les fabuleuses focales fixes et ultra compactes. Voilà une firme qui va de l’avant et canonikon feraient bien de s’en inspirer car ce ne sont ni les V3 ni les eos m3 qui vont nous détourner de ces machines à faire des photos. Bizarrement, LMDLP ne parle de de la nouvelle technologie développée par Panasonic pour ses optiques bientôt équipées d’un système de mise au, point révolutionnaire à ce qu’il,paraît ?

  • Très belle évolution en effet mais :
    - Il faudra juger sur place pour voir mais j’ai bien peur que sur le plan de la prise en main et de l’ergonomie le boiter a plutôt régressé.
    - La commande du correcteur d’expo n’apporte rien bien au contraire, il faudra peut être deux doigts pour l’actionner donc quasiment la main droite !
    A quoi sert un correcteur avec inscription physique quant on le manipule en visant avec un EVF ou un écran arrière sur lequel on regarde la valeur selectionnée !
    - Je ne suis pas convaincu que la molette arrière soit mieux placé pour le pouce, pire on doit perdre la possibilité de la cliquer, pourtant une molette arrière cliquable offrent enormément d’avantages.
    Et l’on perd le flash.

    Les Japonais avec leurs services marketing portés sur la mode rétro obligent à un retour en arrière de l’ergonomie, hélas suivie par certains médias.

    - Toujours au niveau de la prise en main, l’écran arrière est plus petit que celui du GX7 (il a bien fallut laisser de la place à l’EVF plus gros), mais à cause de son articulation par rotule il se retrouve déporté sur la droite ce qui a retiré de l’espace pour la prise en main, pas sur donc que l’on a une amélioration dans ce domaine malgré la poignée avant redessinée.
    Sur ce type de boitier un écran orientable verticalement est préférable.

  • Je viens de regarder les dimensions du boitier il est plus grand 133,2 x 77,9 x 63,1 au lieu de 112,6 x 70 ;7 x 54 ;6 pour le GX7.
    Donc j’ai peut être dit une bêtise sur la diminution de la taille du LCD, ça rend la diminution de l’espace arrière dédié au maintient d’autant plus dommageable.

  • "La grande nouveauté du GX7, c’était la stabilisation mécanique du capteur, une première chez Panasonic. "

    Faites vos devoirs ! Panasonic à stabilisé le capteur du GX7 il y a deux ans...