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Panasonic GX8, la série de l’été (4) : le grand plongeon

18/08/2016 | LAURENT KATZ

Un saut depuis une hauteur de 27 m dans l’eau, cela vous dirait ? C’est en tout cas ce qui plait aux quatorze athlètes qui participent à une compétition de plongeon qui se déroule cette saison en neuf étapes de par le monde, la quatrième située à La Rochelle. Le GX8 était là.

Vous avez sans doute déjà vu une image spectaculaire montrant un plongeur les bras écartés, dans les airs, sur fond d’une foule que l’on imagine admirative. Une photo emblématique, dont la composition rappelle des clichés de saut à ski. Le Red Bull Cliff Diving est spectaculaire et séduisant. Tant par la performance des plongeurs qui entrent dans l’eau à 85-90 km/h, que par l’attrait des sites. Par exemple le Stari Most, le « vieux » pont, réunissant les quartiers croates et bosniaques de Mostar. Bombardé pendant la guerre de Bosnie, il est reconstruit en 2004 avec des blocs originels de calcaire, récupérés dans la Neretva, la rivière coulant une vingtaine de mètres en contrebas.

L’étape rochelaise a ceci de particulier qu’elle se déroule devant des dizaines de milliers de spectateurs, 70 000 pour l’édition 2016 indique son sponsor et organisateur, Red Bull. Qui réserve les lieux les plus intéressants de prise de vue à sa propre équipe média et à des photographes ambassadeurs. Le journaliste de base, moi en l’occurrence, n’a donc pas accès à la Tour Saint-Nicolas, d’où s’élancent les plongeurs d’une hauteur de 27 m, mais doit s’installer presque au sommet de la tour de La Chaîne, située en face, de l’autre côté de l’entrée du vieux port. Voire où bon lui semble au milieu de la foule. Sauf que cette année un petit bogue a grippé quelques heures le logiciel établi entre l’organisateur et le service de sécurité. Et je me suis trouvé dans la tour interdite pour photographier, non pas au même niveau que le plongeoir, mais sur la terrasse supérieure, durant les essais précédant la compétition officielle. Toujours avec le GX8, secondé de l’Olympus 12-40 mm f/2,8, du Panasonic G Vario X 45-175 mm f/4-5,6 et du tout récent Leica DG Vario-Elmar 100-400 mm f/4-6,3.

Ce zoom qui offre l’angle de champ d’un 200-800 mm en 24 x 36 réjouira ceux qui envisagent la photo animalière ou sportive sans avoir à se coltiner un zoom deux fois plus lourd et ouvrant à f/5 à leur focale minimale, si l’on opte pour le plein format ou l’APS-C et que l’on jette son dévolu sur les gammes Sigma et Tamron. Le zoom Leica pèse 985 g pour 171,5 x 83 mm. Il intègre un stabilisateur qui agit de concert avec celui du GX8, ce qu’indique une mention dans le viseur. Sa relative compacité rend son emploi avec le GX8 dénué de grip encore agréable, à l’exception de la rotation trop rugueuse de la bague de zooming.

Les hybrides et les rafales, ce n’est pas encore une histoire d’amour. Après des débuts placés sous le signe d’une incompatibilité notoire, une progressive amélioration aboutit en 2016 à des avancées réelles avec le Sony A6300, prometteuses avec le Fujifilm X-T2 et attendues avec le successeur de l’Olympus OM-D E-M1. Pas encore la folle passion qui reste l’apanage des reflex quant aux critères de la visée, de la vitesse et de l’autofocus. Mais la camaraderie amoureuse s’est installée et la Photokina pourrait voir des flirts poussés s’engager. On oublie la triste histoire de Samsung et de son prometteur NX.

Avec le GX8, les rafales à 8 im/s sont sans la visée continue. Pour en disposer - même si le terme de continu décrit avec optimisme ce qui est une vision saccadée - il faut se rabattre sur les 5 im/s. Et encore, car si dans le paramétrage on indique qu’il faut privilégier l’autofocus sur la prise de vue, ces cadences sont à la baisse. Et 5 im/s, c’est insuffisant pour obtenir des séries de photos restituant la progressivité des mouvements du plongeur. L’autofocus continu a fonctionné correctement, la gravité interdisant au plongeur tout changement erratique de direction, seules des rotations et des mouvements corporels étant permis. Voici, comme pour l’épisode précédent consacré aux Francofolies, une galerie commentée. Et pour la suite, quelques photos de volatiles et des prises de vues plus ou moins macros seront au programme. D’ici deux ou trois semaines. Ah oui, vous vous demandez ce que donne la photo 4K à 30 im/s. Je ne m’en suis pas servi bien qu’au départ j’en avais l’intention, pour voir ce que cela donne. Mais dans le feu de l’action photographique et le plaisir du spectacle des corps tournoyant dans les airs, je n’y ai plus pensé. C’est dans ce genre de situation que l’on se rend compte qu’en prise de vue, l’esprit est déjà bien occupé par le cadrage, la mise au point, l’exposition pour ne pas chercher en plus à picorer des réglages annexes. Les fabricants devraient y penser quand ils ne songent qu’à survitaminer les menus et multiplier les fonctions.
Au-dessus de la foule
Voici une photo typique de la compétition, prise avec une focale large (28 mm), montrant à la fois la foule (moindre que le jour de la confrontation), le Vieux Port, le plongeoir et un concurrent en pleine vrille. Pas de problème technique particulier, l’exposition est bonne sans intervention du correcteur.

JPEG - 181.6 ko
(200 Iso, f/4,5, 1/2000s, 28 mm eq. 24 x36, Olympus M Zuiko Digital 12-40 mm f/2,8, photo LK)

Les quenottes à l’abri
La discipline est risquée et depuis cette hauteur, pas question d’une réception la tête la première ou les bras tendus vers le bas. Ce sont les pieds qui entrent les premiers dans l’eau, des éclaboussures minimales étant le signe d’une réception réussie. Il arrive que des dommages corporels interviennent, notamment lors des tentatives pour battre le record de hauteur. Qui, depuis le 18 août 2015, est de 58,8 m, établi par le brésilien Laso Schaller, spécialiste du canyoning vivant en Suisse. Il n’est donc pas étonnant de constater la présence d’un protège-dent dans la bouche du plongeur, car il arrive que le corps ne soit pas dans le prolongement des jambes, avec un risque que le menton touche l’eau à une vitesse excessive. On remarque aussi la tension musculaire du visage et du cou.

JPEG - 285.5 ko
Notez, en incrustation, la présence d’une protection dentaire.
(640 Iso, f/7,1, 1/160s, 200 mm eq. 24 x36, Panasonic Leica DG 100-400 mm f/4-6,3, photo LK)

Apesanteur
En examinant une rafale, cette photo a attiré mon regard par le placement inattendu du plongeur en bordure inférieure. Outre son aspect bizarre, cette image suscite une réflexion sur la virginité d’une photo. Imaginez que le plongeur, avec la même attitude, fût placé au milieu du ciel, comme pour les autres clichés de la rafale et que j’eusse recadré pour obtenir une image identique. Dans un cas, le résultat est dû au hasard, sans intervention, dans l’autre, cela aurait été une matière première tordue par l’imaginaire pour procurer l’effet de surprise. L’une vaut-elle plus que l’autre ? Toutes les deux proposent la même vision décalée de la réalité et la même impression. D’ailleurs, la juxtaposition de plusieurs images similaires dans leur composition, faisant ressortir différentes attitudes aériennes du plongeur, sans référentiel matériel dans le cadre, constitue la base d’une série… dont l’intention dépendra l’imaginaire de chacun. L’image est passée au travers de Lightroom pour un assombrissement de la plage bleue constituant le ciel et un fort éclaircissement de Tons foncés, pour faire ressortir le plongeur, fortement sous-exposé. Merci le Raw !

JPEG - 53.1 ko
(640 Iso, f/6,3, 1/8000s, +0,66 IL, 200 mm eq. 24 x36, Panasonic Leica DG 100-400 mm f/4-6,3, photo LK)

Portraits inattendus
Du coup, pour prolonger la photo précédente, mais avec des interventions assumées, plusieurs photos sont passées en transit dans Lightroom. Pour une conversion en noir et blanc avec un travail sur la transcription des différentes plages de couleurs en niveaux de gris, l’application de la clarté, parfois localisée au seul visage grâce à une brosse de retouche locale. Au final, le recadrage est intervenu et même la rotation sur 180° de sorte que l’image, vue hors contexte, suscite une interrogation sur les circonstances de la prise de vue.

JPEG - 109.1 ko
(400 Iso, f/7,1, 1/1600s, -0,3 IL, 130 mm eq. 24 x36, Panasonic Lumix G Vario 45-175 mm f/4-5,6, photo LK)
JPEG - 153.5 ko
(200 Iso, f/5, 1/1600s, -0,3 IL, 200 mm eq. 24 x 36, Panasonic Lumix G Vario 45-175 mm f/4-5,6, photo LK)
JPEG - 135.8 ko
(200 Iso, f/5, 1/1250s, -0,3 IL, 200 mm eq. 24 x36, Panasonic Lumix G Vario 45-175 mm f/4-5,6, photo LK)

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