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Panasonic GX8 : premières images

23/07/2015 | Benjamin Favier

Nous avons pris en mains le dernier hybride de la gamme Lumix, le temps d’une journée. Bien qu’il faille encore patienter pour tester une version définitive, nous avons pu nous familiariser avec cet appareil résolument expert et polyvalent. C’est en tout cas la promesse affichée sur le papier.

Pour un test complet, il faudra encore attendre. Nous espérons mettre la main sur un exemplaire finalisé pour l’intégrer dans notre numéro de rentrée, qui sortira le 15 septembre. Nous profitons néanmoins de cette trêve estivale (notre édition actuelle reste comme chaque année pendant deux mois en kiosque) pour compléter notre récente présentation du Panasonic GX8 : nous avons pu effectuer quelques prises de vue avec un boîtier de présérie. S’il faut garder une certaine réserve quant aux performances de l’appareil dans certains domaines (réactivité et qualité d’image en tête), le temps que les ingénieurs peaufinent le logiciel final de l’appareil, l’expérience s’avère tout de même instructive. De nombreuses évolutions sont louables, par rapport au GX7, tandis que certains détails sont venus tempérer notre enthousiasme. État des lieux en images, ainsi qu’au travers d’un petit tour dans les méandres des menus, pléthoriques.

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Panasonic DMC-GX8 avec Lumix 7-14 mm f/4 – 7 mm – 1/800s – f/8 – 200 Iso
Photo : Benjamin Favier

Prise en main

La poignée du GX8 est protubérante. Bien plus bombée que celle d’un Fujifilm X-T1, qui fait figure de principal rival, avec l’OM-D E-M1. La prise en mains est rassurante. L’appareil dégage une impression de solidité et en le tenant d’une seule main, pour cadrer au ras du sol ou en l’air, par exemple, on ne craint pas de le faire tomber, les doigts trouvant facilement prise sur la poignée.

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Panasonic DMC-GX8 avec Lumix 7-14 mm f/4 – 14 mm – 1/60s – f/8 – 250 Iso
Photo : Benjamin Favier

Les touches

L’emplacement des touches et molettes est du grand classique chez Panasonic. Toutefois, celle située sur le devant, sous le majeur (exactement comme sur le X-T1) aurait mérité d’être plus affleurante, car on a vite fait de l’oublier. Il existe tant de possibilités de personnalisation qu’on en vient à se demander si ce n’est pas trop…


Nous sommes plutôt favorables à l’adage « qui peut le plus peut le moins ». Mais il est sûr qu’il faudra un certain temps aux utilisateurs qui découvriraient l’univers Lumix pour trouver leurs marques. Notez qu’il est possible de personnaliser les touches en passant directement par le menu rapide (Quick menu) : on y sélectionne tactilement Fn, accolé au symbole de la clé à molette.

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Panasonic DMC-GX8 avec Lumix 7-14 mm f/4 – 7 mm – 1/800s – f/8 – 200 Iso
Photo : Benjamin Favier

LCD multidirectionnel

Les Panasonic G7 et GH4 y ont droit. Il est finalement logique que Panasonic procède de la sorte sur le GX8, quand le GX7 ne propose que l’inclinaison verticale). Monté sur charnière, le LCD du GX8 est tactile, ce qui permet de choisir son collimateur du bout du doigt, en le déportant si on le souhaite, tout en gardant l’œil au viseur.

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Panasonic DMC-GX8 avec Lumix 7-14 mm f/4 – 13 mm – 1/100s – f/7,1 – 200 Iso
Photo : Benjamin Favier

Le LCD peut aussi être rabattu contre le boîtier pour mettre la dalle à l’abri de rayures. Le fait de pouvoir l’orienter dans toutes les directions décuple les possibilités en matière de cadrage, d’autant que l’autofocus se révèle très tranchant, même s’il s’agit là d’un modèle de présérie, et que la plupart des photos de test ont été réalisées avec des optiques grand-angles, dans de bonnes conditions de luminosité.

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Panasonic DMC-GX8 avec Lumix 14-140 mm f/3,5-6,6 OIS – 15 mm – 1/800s – f/10 – 200 Iso
Photo : Benjamin Favier

Viseur intégré

Pouvoir orienter le viseur à 90° n’a rien de nouveau : c’était déjà la cas sur le GX7. Panasonic persiste et signe, et on ne saurait lui donner tort. En plein soleil, il est fort appréciable de pouvoir photographier en contre-plongée à travers cet appendice, qui offre alors une meilleure lisibilité que le LCD. Et que dire du nouveau viseur Oled. C’est assurément l’un des meilleurs du marché à l’heure actuelle, avec une définition et un grossissement équivalents à ceux du Fujifilm X-T1 (2,36 Mpts et 0,77x). C’est simple. Il suffit d’alterner entre le viseur du FZ300 - bridge dévoilé en même temps que l’hybride expert – et celui du GX8, pour mesurer qu’il y a un monde entre ces deux afficheurs. Panasonic martèle qu’elle souhaite avant tout s’adresser aux photographes avec le GX8, le GH4 étant plus conçu pour les vidéastes : côté visée, les plus exigeants devraient être comblés.

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Panasonic DMC-GX8 avec Lumix 7-14 mm f/4 – 7 mm – 1/10s – f/6,3 – 3200 Iso
Photo : Benjamin Favier
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Portion agrandie à 100 % (Jpeg).

Hauts Iso

Fini le temps des 16 Mpxl. Contrairement aux G7 et GH4, le GX8 franchit un échelon et porte la définition à 20 Mpxl. Pour le meilleur ? Nous espérons que les progrès importants observés ces dernières années sur les boîtiers Micro 4/3 (voir ici avec l’OM-D E-M1, en termes de gestion du bruit en hautes sensibilités, porteront leur fruit. En mode Iso Auto, la sensibilité maximale autorisée est de 3 200 Iso. Les Jpeg issus du boîtier montrent un lissage prononcé, il semblerait raisonnable de se cantonner à ce plafond ou de travailler en Raw pour plus de latitude sur l’équilibre entre réduction du bruit et lissage. Mais nous attendrons une version définitive pour nous exprimer sur ce point.

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Menu du système de stabilisation.

L’apport de la stabilisation mécanique, déjà à l’œuvre sur le GX7, unique dans la gamme Lumix et désormais capable de fonctionner en même temps que le système OIS embarqué dans les optiques, est prometteur. Nous avons pu en bénéficier sur le 14-140 mm lors de nos essais. Panasonic nous a cependant informés qu’il faudra attendre la fin d’année pour que toutes les optiques soient compatibles avec ce système « Dual IS », via des mises à jour de firmware. Dans un premier temps, seules quelques-unes le seront, comme le 12-35 mm ou le 14-140 mm, qui seront proposés en kit avec le GX8.

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Un flash aurait permis de déboucher les sujets au premier plan…
Panasonic DMC-GX8 avec Lumix 7-14 mm f/4 – 14 mm – 1/500s – f/9 – 200 Iso
Photo : Benjamin Favier

La vie sans flash

Le GX8 cible avant tout les photographes. Soit. Le fait que le GX8 n’intègre pas de flash n’a rien de choquant. Les X-T1 et OM-D E-M1, cités plus haut en tant que principaux concurrents, sont logés à la même enseigne. Mais là où Fujifilm et Olympus fournissent un petit modèle d’appoint, Panasonic n’a rien prévu ! Un brin mesquin, car la marque a prouvé qu’elle pouvait adhérer à ce procédé avec le LX100, livré avec un flash externe… Or, dans bien des situations, un éclairage d’appoint — sans parler de la possibilité de déclencher des groupes de flashs sans fil – est indispensable (voir photo ci-dessus).


Vidéo

Panasonic a beau arguer que le GX8 est le pendant « photo » du GH4, il n’en demeure pas moins un excellent choix pour les férus de tournage. À l’instar des précédents Lumix, il n’est pas avare en réglages chers aux amateurs de vidéo (focus peaking, zébra, vu-mètres). Et il se paie le luxe d’exploiter toute la largeur du capteur lorsqu’on tourne en 4K. Ce qui n’est pas le cas des GH4 et G7. En revanche, si le micro intégré est de type stéréo, il faudra un adaptateur pour brancher un micro externe au format 3,5 mm. La prise casque a, elle, été sacrifiée sur l’autel de la compacité. Tout comme l’USB 3, puisque le GX8 est resté à la norme USB 2.Ne pas pouvoir filmer en 4K DCI ne sera pas bien grave aux yeux de la plupart des utilisateurs potentiels. Mais avoir la mainmise sur tous les réglages pendant le tournage, avec un AF performant, fait du GX8 un boîtier hautement recommandable en vidéo.

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Panasonic DMC-GX8 avec Lumix 14-140 mm f/3,5-6,6 OIS – 26 mm – 1/60s – f/5,6 – 500 Iso
Photo : Benjamin Favier

En attendant un test définitif…

Bien construit, riche en réglages et boutons configurables, doté d’un viseur haut de gamme, le GX8 séduit sur de nombreux plans. Il procure un réel plaisir à l’usage et le viseur orientable rend de fiers services. L’exemplaire confié par Panasonic n’étant pas finalisé, nous attendrons avant de jauger les images produites par le capteur Micro 4/3 de 20 Mpxl, mais aussi d’autres points comme le mode Rafale 4K, la technologie Postfocus ou la réactivité. Sur ce dernier point, soulignons que le GX8 s’est montré très à son aise, même s’il convient de rappeler que les conditions de luminosité étaient le plus souvent favorables. Pouvoir s’appuyer sur la stabilisation du capteur – ce que tous les Olympus hybrides permettent – fait, comme le GX7 avant lui, de ce boîtier un membre à part dans la famille Lumix : le 7-14 mm, dénué de système OIS, en bénéficie par ce biais.

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Panasonic DMC-GX8 avec Lumix 7-14 mm – 7 mm – 1/60s – f/9 – 320 Iso
Photo : Benjamin Favier
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Panasonic DMC-GX8 avec Lumix 14-140 mm f/3,5-6,6 OIS – 140 mm – 1/320s – f/5,6 – 1000 Iso
Photo : Benjamin Favier

Pour autant, le tableau n’est pas parfait. La batterie nous a semblé un peu juste pour une journée intense d’utilisation, quand le viseur et la vidéo sont beaucoup mis à contribution. Le volet connectique est clairement décevant : l’USB 3 et une prise micro de 3,5 mm auraient dû figurer au menu. Ce ne sont pas des détails rédhibitoires. Et pour un usage vidéo plus évolué, il y a toujours le GH4. Plus incompréhensible est l’absence totale de flash, d’autant que la concurrence a montré la voie dans ce domaine. Reste que la gamme optique Lumix a fière allure et la compatibilité avec les modèles Zuiko Micro 4/3 élargit encore un peu plus le spectre. Nous attendons également de pied ferme le 100-400 mm f/4-6,3 signé Leica. Ce sera après le test complet du GX8. Rendez-vous à la rentrée…

- Le site de Panasonic

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  • J’avoue ne pas trouver que l’écran multi-orientable soit un avantage par rapport à l’orientation juste verticale. Je sais bien que c’est la tendance actuelle, Olympus a fait de même, mais pour moi, le fait de pouvoir juste basculer l’écran verticalement et prendre ainsi des photos de rue via l’écran tactile tout en marchant est bien supérieur à l’option rotule. Avec la rotule, en position horizontale, l’écran se trouve déporté à gauche, ce qui est beaucoup moins pratique.
    J’avais déjà cette rotule sur mon Pana GH1 mais trouve l’écran à basculement de mon OMD EM1 bien mieux pour ça.

  • Un flash aurait permis de déboucher les sujets au premier plan…


    Négatif : cette photo a été prise au 1/500s – f/9 ; si la vitesse maxi de synchro flash du GX8 est de 1/250s, le diaph aurait été à f/13 (on ne peut pas l’ouvrir plus ni monter en ISO sinon on crame le ciel etc.).
    Vu que c’est pris au 28 mm (equivalent 24x36), le sujet était à plus de 3 mètres : avec un flash integré ou d’appoint comme celui du Fuji X-T1, très peu puissant, le sujet ne sera pas assez éclairé.
    Un flash comme celui fourni avec le X-T1 ça permet de déboucher un sujet jusqu’à 1,5 m maximum (je possède un X-T1, mais j’ai un gros flash pour déboucher les sujets genre cloître à contre jour etc.).

  • On peut régler les iso du gx8 sur 100 iso. Filtre ND ?
    Ce qui m’interpelle davantage, c’est le.lissage (et c’est peu de le dire) de la portion agrandie de l’église prise avec le 7-14. C’est ce genre de photo qui m’a fait revendre mes m4/3 pour acheter du Fuji : le jour et la nuit, croyez moi ! Et je ne suis pas le seul à avoir migré de panolympus vers Fuji. Une gifle quand on compare les deux à même réglage iso à partir de 800 iso.

  • Revendre du m4/3 pour passer sur Fuji pour du lissage ? Heu c’est pas plutôt l’inverse.. Car Fuji lisse beaucoup plus que mon em-5 ou Ep-5
    D’où cette impression que les Fuji ont une meilleure montée en Iso. J’ai testé Fuji et Olympus et entre les 2 les détails étaient plus présents chez Olympus. Le rendu Fuji est plus flatteur aussi et moins neutre. Un peu à la manière de Canon vs Nikon.