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Panasonic Lumix GH5 : le boss est dans la place !

04/01/2017 | MARC MITRANI

L’hybride haut de gamme selon Panasonic est ultra-doué en vidéo et en photographie. De quoi définitivement ringardiser les reflex traditionnels ?

Présentation

Traditionnellement, les hybrides de la famille GH mettent en œuvre les dernières technologies de Panasonic en matière de photo et de vidéo. Ce fut le cas du GH4 qui séduisit les vidéastes professionnels. Le GH5, annoncé aujourd’hui au CES (Consumer Electronics Show) de Las Vegas, ne déroge pas à la règle et devrait contenter les pros de la vidéo, mais aussi les photographes exigeants.

Le GH5 embarque un capteur 4/3 Live MOS de 20 Mpxl dépourvu de filtre passe-bas. Il est accompagné d’un nouveau processeur Venus Engine annoncé comme 30 % plus rapide que celui du GH4. Il met en œuvre de nouveaux algorithmes (notamment une analyse multi-pixels de la luminance et un traitement des détails de l’image amélioré) afin de produire des images mieux définies et ne souffrant pas d’effet de moiré. Le traitement des couleurs a été amélioré afin d’être encore plus proche de la réalité. Il va sans dire que nous vérifierons toutes ces affirmations par un test approfondi.

La double stabilisation version 2 fait son apparition sur le GH5, tant en photo qu’en vidéo. Le capteur est stabilisé sur 5 axes et l’optique sur 2 axes, le tout devant en théorie assurer un gain de 5 IL du grand-angle au téléobjectif. Panasonic affirme par exemple que l’efficacité de la stabilisation est maintenue en basse luminosité au moins jusqu’à 280 mm au 1/8ème s. Petit bémol toutefois : la double stabilisation V2 ne sera pas disponible au lancement du GH5 : il faudra attendre une mise à jour du firmware « courant 2017 ». L’obturateur a été repensé et peut descendre — dans sa version électronique — jusqu’à 1/16 000 s. Garanti pour 200 000 déclenchements, il bénéficie d’une construction flottante afin de réduire les vibrations. L’autofocus DFD a été amélioré. Il effectue une mise au point en 0,05 s sur 225 collimateurs, dispose d’une technologie de prédiction des scènes afin de gagner en efficacité et offre un suivi continu du mouvement. La prise de vue en rafale monte à 12 i/s en AF-S et à 9 i/s en AF-C. Et si cela ne suffisait pas, on pourra opter pour le mode Photo 6K, évolution du Photo 4K qui autorise la prise de vue en 18 Mpxls à 30 i/s. Les autres fonctions Photo 4K bénéficient quand à elles d’une cadence doublée à 60 i/s.

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Le châssis est entièrement réalisé en alliage de magnésium.

Côté vidéo, on atteint presque le Nirvana : la prise de vue 4K et Ciné 4K en 60 i/s sans cropping (principal reproche adressé aux Lumix 4K) est enfin une réalité, dans un premier temps en 4:2:0 8 bits compressé en IPB, avec un débit variant de 100 à 150 Mbps. Pour bénéficier du 4:2:2 10 bits en All-Intra (soit l’équivalent du Raw en photographie) au débit de 400 Mpbs, il faudra attendre une mise à jour du firmware prévue pour juillet 2017 et disposer d’une carte SD de type Class 60 (60 Mo/s en usage vidéo), sachant que certaines SD de type UHS-II, lancées avant la mise en place de ce nouveau logo (V60) par la SD Association, devraient être capables de soutenir une telle cadence. La Full HD reste bien entendu d’actualité sur des débits de 17 à 200 Mbps, en IPB et All-Intra. Le codec IPB en 4:2:0 8 bits est déjà implémenté, deux mises à jour étant prévues pour le support du 4:2:2 10 bits en IPB à 100 Mbps (avril 2017) et du 4:2:2 10 bits en All-Intra (juillet 2017). Précisons au passage que les mises à jour sont gratuites, ce qui n’est pas le cas du déverrouillage du profil V-Log, toujours facturé. La captation en ralenti n’est pas oubliée, le GH5 pouvant monter jusqu’à 180 i/s.

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Le grip optionnel peut faire grimper l’autonomie du GH5 jusqu’à 2000 déclenchements.

Au-delà des formats et codecs, le GH5 offre de nombreuses possibilités comme la captation en 4K HDR, (après une mise à jour intervenant lors du second semestre 2017), la gestion automatisé des transitions de profondeur de champ en vidéo, la compatibilité avec des objectifs anamorphiques, la sortie Time Code via l’HDMI ou le contrôle de l’enregistrement par la sortie HDMI (même sans carte SD dans l’appareil).
Côté matériel, on appréciera à sa juste valeur la présence d’un port HDMI A ainsi qu’un mécanisme de verrouillage du câble afin d’éviter tout arrachement accidentel. Le châssis du boitier, entièrement fait d’un alliage de magnésium, est tropicalisé et fonctionnera jusqu’à -10 °C. Le viseur est quant à lui équipé d’une dalle Oled de 3,68 Mpts avec un rapport de grossissement de 1,52 x/0,76 x en 35 mm. Un mode Eco désactivant le viseur et les composants gourmands en énergie lorsqu’ils ne sont pas utilisés, permet d’atteindre de 800 à 900 déclenchements avec une batterie. Ça n’est pas assez ? Un grip optionnel à 2 batteries permet de monter jusqu’à 2 000 déclenchements. Les vidéastes pourront bénéficier d’un son haute résolution grâce au module XLR optionnel compact et alimenté par la griffe porte-accessoires du GH5.
Le GH5 devrait être disponible à partir de la mi-mars à 1 999 € (boitier nu) ou à 2 599 € (avec une optique Leica 12-60 mm f/2,8-4). Le grip sera, quant à lui, vendu 349 € et le module XLR 399 €.

Plus d’infos sur le site de Panasonic.

Notre avis

Avec le GH5, Panasonic démontre son savoir-faire en matière de captation vidéo et photo. Contrairement au GH4, le nouveau venu s’adresse aussi aux photographes chevronnés qui apprécieront l’autofocus performant, l’apparition des fonctions photographiques 6K, le traitement d’image et la gestion de la colorimétrie améliorés. La tropicalisation et l’adoption d’un châssis en alliage de magnésium confirment l’aspect polyvalent de ce boitier. Ses performances annoncées pourraient faire réfléchir plus d’un photographe fatigué de transporter un reflex et des objectifs lourds et bien sûr séduire les vidéastes professionnels. Car à bien examiner la fiche technique, il ne reste pas grand-chose aux caméras professionnelles, si ce n’est l’ergonomie.
Le GH5 semble donc plus qu’intéressant, même s’il laisse pour l’instant un petit goût d’inachevé, la plupart des fonctions vidéos les plus intéressantes devant être disponibles au gré des mises à jour promises par le constructeur. Espérons que Panasonic sera effectivement capable de délivrer toutes ces fonctions sans anicroche, ce qui serait pour le moins regrettable pour sa réputation.

Fiche technique

  • Capteur : Live MOS Micro 4/3 20,3 Mpxls
  • Résolution photo maxi : 5184 x 3888 pxls
  • Résolution vidéo maxi : C4K 3840 x 2160 pxls / 400 Mbps (màJ firmware à venir)
  • Stabilisation : Dual IS 2 (stabilisation capteur 5 axes + optique 2 axes en simultané)
  • Mise au point  : Autofocus a détection de contraste DFD
  • Contrôle de l’exposition : Multiple / Centrale pondérée / Spot sur 1728 zones
  • Sensibilité : Auto, 100-25600 Iso (max 128000 iso en vidéo)
  • Compensation d’exposition : +/- 5 EV par paliers de 1/3 EV
  • Balance des blancs : AWB / AWBc / Jour / Nuageux / Ombragé / Incandescent / Flash / Réglage des blancs1, 2, 3, 4 / Température personnalisable 1, 2, 3, 4
  • Vitesse d’obturation photo : 1/2000 - 60 s (mécanique) ; 1/8000 - 60 s (électronique) ; Bulb
  • Viseur : Electronique OLED (3680 kpts)
Ecran : 3,2’’ tactile orientable 1620 kpts
  • Rafale : de 2 à 12 im/s ; 60 images RAW, 600 images Jpeg (dépend des caractéristiques de la carte SD)
  • Connectivité sans-fil : Wifi a/b/g/n/ac 5Ghz ; Bluetooth 4.2
  • Connectique : USB type C, HDMI type A, entrée télécommande, entrée micro, sortie casque.
  • Stockage : 2 emplacements SD UHS-II
  • Dimensions : 138,5 x 98,1 x 87,4 mm / 725 g (boitier + carte SD + batterie)

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