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Panasonic Lumix LX100 II : un élève bien sage

22/08/2018 | Benjamin Favier

À la veille de la rentrée des classes, et un mois avant la Photokina, Panasonic annonce le successeur de son très apprécié compact expert pourvu d’un capteur 4/3, sorti il y a quatre ans. En dépit d’attentes élevées, au regard des appareils sortis récemment dans la gamme Lumix, les évolutions s’avèrent (trop) mesurées.

Présentation

Certains appareils suscitent plus d’attente et d’engouement que d’autres. Le LX100 en fait partie. Lors de sa sortie, il y a quatre ans, il n’est pas passé inaperçu, combinant capteur 4/3, viseur électronique et zoom x3,1 lumineux dans un boîtier compact, pesant moins de 400 grammes. Il aura fallu attendre quatre ans, pour que Panasonic achève le règne du porte-étendard de sa gamme de compacts experts.

Il suffit d’observer le LX100 II pour constater que le nouveau venu ne rompt pas avec la philosophie de son prédécesseur. En dehors de la mention II, en rouge sur le dessus, le positionnement des touches et molettes est d’ailleurs strictement identique par rapport au LX100. Idem pour ce qui est du design de l’optique x3,1, reconduite ici (équivalent à 24-75 mm f/1,7-2,8 stabilisé). On retrouve la bague de diaphragme graduée à l’avant et le curseur pour basculer d’un format à l’autre (3/2, 16/9, 1/1, 4/3) à l’embase.

Seule différence notable, le revêtement du grip, désormais granuleux sur le LX100 II. Hélas, toujours pas de joints d’étanchéité. En fait, les principales évolutions sont nichées en interne. La plus sensible se situe au niveau du capteur. Toujours nativement au format 4/3, l’imageur Mos passe de 12 Mpxl à 17 Mpxl, sans filtre passe-bas. Une définition inédite, quand un GX80 adopte un capteur de 16 Mpxl, et les GH5/G9 et GX9 ont droit à 20 Mpxl.

Au niveau de la structure même du capteur, la marque indique qu’elle serait inspirée des Mos à l’œuvre dans les G9 et GX9. En toute logique, on a donc accès aux modes L. Monochrome, L. Monochrome D et Effet de grain, dont nous avons apprécié le rendu lors de notre test du GX9 (lire MDLP 105). Un mot sur le processeur, il s’agit de celui du LX100.

En plus des fonctions Post Focus et Focus Stacking, absentes sur le LX100. On trouvait par contre déjà la Photo 4K sur ce dernier, mais elle s’enrichit ici de plusieurs attributs (marquage auto, séquence photo, sauvegarde brute). La plage de sensibilité Iso est comprise, par défaut, entre 200 et 12 800 Iso ; elle peut être étendue à 100 et 25 600 Iso. Bien que limitée à +/- 3 IL sur la roue dédiée, la compensation d’exposition passe à +/- 5 IL sur le LX100 II, en passant par les menus.

Le capteur n’est pas stabilisé, mais le zoom DC Vario-Summilux 24-75 mm f/1,7-2,8 (équivalent 24 x 36) griffé Leica s’appuie sur la technologie Power OIS (stabilisation optique). Il comprend onze éléments, dont cinq lentilles asphériques et deux verres ED, répartis en huit groupes. Le mode macro à 3 cm en grand-angle (30 cm en position téléobjectif) est toujours aussi séduisant. Par défaut, la distance minimale de mise au point est de 50 cm à toutes les focales. Le diaphragme comporte neuf lamelles.

Toujours pas de flash intégré. Le petit appendice externe fourni (NG 7 pour 100 Iso) avec le LX100 figure bel et bien dans la boîte du LX100 II. Dommage que la tête ne puisse être orientée, ni repliée à plat pour une meilleure compacité. Il n’est également pas possible de l’utiliser en tant qu’unité maîtresse pour piloter des flashs sans fil en TTL…

Autre regret, plus important, l’écran LCD demeure fixe. En revanche, la définition de la dalle progresse, passant de 920 Kpts à 1,24 Mpts. Et surtout, elle est désormais tactile, ce qui est devenu la norme en 2018, toutes marques confondues. La déception vient du viseur.

De type LCD, il offre une définition de 2,76 Mpts avec un grossissement 0,73x : c’est le même que celui du LX100. La comparaison avec les Oled de 3,68 Mpts des GH5 et G9 (dont le grossissement est exemplaire) s’annonce délicate…

Du côté de la rafale, la cadence demeure identique, malgré la hausse de la définition. Soit 5,5 im/s en mode AFC, et 11 im/s en AFS. La mémoire-tampon engrangerait même plus de fichiers : Panasonic annonce 33 Raw contre 9 sur le LX100. En revanche, le compartiment pour cartes SD n’est pas compatible avec la norme UHS-II. L’autofocus demeure identique à celui du LX100 : il repose sur 49 collimateurs à détection de contraste.

L’obturateur mécanique culmine toujours à 1/4000s, en atteste la roue dédiée sur le dessus ; tandis que le mode électronique permet de grimper à 1/16 000s. Le mode Bulb passe de 120 secondes seulement sur le LX100 à 30 minutes.

En vidéo, le LX100 II marche sur les traces de son aîné. Il tourne à 25 im/s en 4K UHD sur 8 bits, avec un débit de 100 Mbps ; et 50 im/s en 1080p. Les amateurs de slow motion seront déçus de ne pas avoir accès à une cadence plus rapide. En outre, il y aura toujours un recadrage en 4K UHD, comme sur le LX100. Le micro interne capte le son en stéréo, et il ne sera pas possible d’utiliser de micro externe. Les amateurs de vidéos regretteront également l’absence d’un filtre ND, précieux pour les tournages dans des conditions de forte luminosité.

Aux côtés de la prise micro HDMI, on note que le LX100 II reste cantonné à l’USB 2.0, mais avec la possibilité de recharger l’accu par ce biais, en plus du bloc d’alimentation fourni. La batterie du LX100 est reconduite, avec une autonomie annoncée par Panasonic de 340 images avec l’écran LCD ; 270 avec le viseur (320 en mode économique). Cela semble bien peu pour un appareil à vocation experte. Pour communiquer avec Image App sous iOS et Android, il sera possible de solliciter le WiFi (pas de NFC), comme sur le LX100), mais aussi le Bluetooth. Toujours pas de GPS.

Le LX100 II sortira courant octobre au prix de 949 €. Soit 100 € de plus que le LX100 lors de sa commercialisation…

- Le site de Panasonic

Premier avis

En dévoilant le LX100, en amont de la Photokina 2014, Panasonic avait marqué les esprits, sur le segment des compacts experts à grand capteur. Alors que Fujifilm (série X100), Nikon (Coolpix A) ou Ricoh (GR) misait sur des modèles à focale fixe et un capteur APS-C, la firme d’Osaka pariait quant à elle sur un boîtier doté d’un capteur 4/3 et d’un zoom transstandard ultra lumineux, tout en faisant la part belle aux molettes et boutons en surface. Résultat, un mélange réussi entre ergonomie à l’ancienne et technologies dernier cri (vidéo 4K, WiFi, viseur électronique). Nous nourrissions ainsi de grands espoirs concernant un éventuel successeur…

Ce n’est que quatre ans plus tard que le LX100 II voit le jour. En apparence, peu de choses ont changé. La disposition des touches et molettes est identique, tout comme les bagues qui entourent le zoom, équivalent à un 24-75 mm en 24 x 36. Et en regardant de plus près, on constate que les améliorations ne sont pas légion. Bien sûr, la définition du capteur Mos passe de 12 à 17 Mpxl, et ce n’est pas négligeable. Idem pour ce qui est de l’écran LCD, désormais tactile. Mais pour le reste, les changements relèvent de la pure logique, étant donné le temps écoulé depuis l’apparition du LX100. Pourquoi ne pas avoir amélioré le viseur ? Pourquoi ne pas avoir opté pour un LCD inclinable ? Pourquoi n’y a-t-il pas de joints anti-ruissellement ? Des améliorations qui n’auraient pas été de trop, d’autant plus que le prix est revu à la hausse : 100 € de plus par rapport à la première version…

Entre-temps, la concurrence s’est accrue sur le marché des compacts experts, mais plutôt sur le front des capteurs 1 pouce, où Panasonic joue d’ailleurs les premiers rôles avec ses TZ. Il y a donc une belle carte à jouer sur le segment des appareils à objectif fixe pourvus d’un grand capteur, alors que le Ricoh GR II poursuit sa route, que le Fujifilm X100F n’a pas apporté de révolution majeure, que Nikon a tout simplement déserté, et que le Canon G1 X Mark III est encore perfectible, notamment au niveau de l’AF ; quant aux Leica Q et Sigma DP Quattro, ils font figure de modèles hors norme, le premier en raison de son tarif, les autres de par leurs caractéristiques. Nous attendrons de procéder à un test complet pour tirer des conclusions. Mais le premier sentiment sur ce LX100 II est mitigé, quand on voit ce que Panasonic est capable d’offrir par ailleurs…

Fiche technique

  • Capteur : Mos 4/3", 17 Mpxl sans filtre passe-bas
  • Définition maximale : [4/3] 4 736 x 3 552 [3/2] 4 928 x 3 288 [16/9] 5 152 x 2 904 pxl
  • Vidéo : 4K UHD à 24 ou 25 im/s ou 1080p à 24, 25 ou 50 im/s, son stéréo
  • Formats de fichier : Jpeg, Raw, MP4, AVCHD
  • Zoom : 24-75 mm (éq. 24 x 36) f/1,7-2,8, diaphragme à 9 lamelles
  • WiFi/Bluetooth/GPS : Oui/Oui/-
  • Mode macro : 3 cm (grand-angle) - 30 cm (télé)
  • Autofocus : Détection de contraste sur 49 zones
  • Mise au point : AF simple, flexible ou continu, multizone, ponctuel, détection de visages ; manuelle avec peaking
  • Stabilisation : Optique (Power OIS)
  • Écran : LCD 3", 1,22 Mpts, tactile
  • Viseur : Électronique, 2,76 Mpts, 0,73x
  • Modes d’exposition : iAuto, PASM
  • Sensibilités : 200 - 12 800 Iso (extension à 100-25 600 Iso)
  • Balance des blancs : auto, prédéfinies (5), manuelle (4), kelvin
  • Vitesses : 60 s - 1/4 000 s (mécanique) ; 1/16 000s (électronique)
  • Rafale : 11 im/s en AFS et 5,5 im/s en AFC (33 Raw maximum)
  • Flash : - (Flash externe fourni, NG = 7 à 100 Iso)
  • Stockage : SD - SDXC(UHS-I)
  • Connectique : USB 2 (recherche de l’accu autorisée), micro HDMI, griffe flash
  • Alimentation : Batterie Li-Ion 7,2 V, 1 025 mAh, 340 photos (LCD) ; 270 photos (viseur) ou 320 en mode éco (viseur)
  • Dimensions / poids : 115 x 66,2 x 64,2 mm / 392 g (avec accu et SD)

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