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Prise en main

30/07/2010 | Jean-Marie Sépulchre

Me voilà dans la rue avec un petit sac photo (un Leica S2 est un peu plus lourd mais plus compact que mon Nikon D3 habituel : 160 × 120 × 81 mm, contre 160 × 157 × 88 mm) qui pèse 30 000 € quand même. Pour ne pas trop attirer l’attention ce soir, dans une ville connue pour quelques problèmes de quartiers « sensibles », j’ai juste collé un peu de gaffer sur la marque et le rond rouge, mais personne ne prête attention à un gros reflex qui ne porte même pas de zoom blanc.

Le déclenchement est doux et silencieux, sans vibration, personne ne se retourne quand je photographie. J’ai eu les mêmes absences d’attention dans des rues passantes de Paris, il n’y a qu’au Mans Classic qu’un possesseur de la bête s’est précipité pour me serrer la main et me congratuler pour mon choix.

Il est étonnant comme cet appareil est discret quoique lourd et dense, surtout quand on met l’œil au très grand viseur (et pourtant, il ne couvre pas 100% mais 96 % de chaque axe) alors que son capteur offre 56 % de surface de plus qu’un 24 × 36…et autant de pixels en plus que le plus défini des petits formats actuels.

Caractéristiques

 

Le Leica S2 est un reflex autofocus taillé comme un boîtier 24 × 36 pro, avec une prise en main identique…mais équipé d’un capteur CCD Kodak de 30 × 45 mm de 37,5 Mpix. Cette taille est intermédiaire entre les petits formats et les moyens formats équipés de capteurs 36 × 48 mm, mais les derniers modèles 40 Mpxl d’Hasselblad ou Pentax sont équipés d’un capteur de 33 × 44 mm offrant au final une taille de photosite très proche.

Surface du capteur 

- APS Canon 18 Mpxl  : 332 mm²
- 24 × 36 24,5 Mpxl : 864 mm²
- Leica S2 37,5 Mpxl : 1.350 mm²
- Pentax 645D 40 Mpxl : 1.452 mm²
- Hasselblad dos 39 Mpxl : 1.728 mm²

Bien sûr, les nouveaux dos 60 Mpxl vont jouer encore dans une autre cour avec une surface de capteur de 2 177 m², le choix intermédiaire de Leica de créer un nouveau format homothétique au 24 × 36…comme au 6 × 9… est un défi quand tout le monde attendait une nouvelle version de reflex succédant au R9 DMR.

Gros reflex

Ce défi offre une maniabilité de gros reflex 24 × 36 allié à des optiques offrant des caractéristiques plus proches du moyen format, notamment en matière de gestion de la profondeur de champ, et la nouvelle gamme est par nature optimisée à 100 % pour le numérique. Le capteur est en prise directe avec l’objectif, sans filtre anti-aliasing, et il offre une résolution optique de 83 paires de lignes au millimètre, comme un Nikon D3x, mais sa sensibilité est limitée à 1 250 Iso seulement. Appareil et optiques sont protégés contre la poussière et l’humidité, on peut prévoir une utilisation de baroudeur dès lors que les focales conviennent au sujet souhaité.

Les fonctions de base sont celles d’un reflex argentique high-end, avec mesure spot, centrée ou matricielle, obturateur jusqu’au 4 000ème de seconde et pilotage de obturateurs centraux de certains objectifs. L’autofocus est seulement mono-point avec un collimateur central en croix, on regrette que le l’on ne puisse pas décentrer un peu la mise au point facilement, même si l’abondance des pixels facilitera un petit recadrage : à moyenne distance, aucun problème pour mémoriser la mise au point et décentrer, mais à courte distance et grande ouverture le moindre décadrage peut amener un décalage de mise au point !

La gamme optique est pour l’instant restreinte, mais on devrait voir rapidement annoncer un zoom et une focale plus longue que 180 mm, sachant que le coefficient à appliquer aux optiques fait que le 35 mm cadre à peu près comme un 28 mm de 24 × 36, et le 70 mm comme un 55 mm. À F2,5 enfin la profondeur de champ équivaut à un F2 sur petit format… et un F1,2 sur APS Canon !


Leica S2 vue d’arrière, on note la sobriété monacale des commandes.

Sobriété

Si vous avez connu la Hi-Fi des années 1980, on trouvait dans les meilleures marques soit les modèles experts hérissés de boutons, commandes et potentiomètres, soit les modèles « ésotériques », dépouillés au point d’en paraître monacaux… le Leica S2 appartient à cette seconde catégorie, avec un dos équipé d’un interrupteur, de quatre poussoirs sans aucune inscription, d’une molette et d’un (trop) petit bouton situé près du viseur… pour piloter toutes les fonctions complexes d’un reflex numérique. En fait chaque poussoir encadrant l’écran arrière (460 000 pixels seulement, 920 000 seraient mieux pour zoomer dans l’image) commande un volet du menu, mais ceux-ci défilent en permanence si on tourne la molette. Cette dernière est unique, mais elle présente une fonction cachée : quand on la presse on peut soit choisir une fonction, soit activer des commandes supplémentaires.

Ainsi, le gros sélecteur rotatif laisse à penser que l’appareil épouse la même logique que le M9, c’est-à-dire mode A automatique à priorité ouverture ou vitesses manuelles. Eh bien non, quand on pousse la molette vers l’avant on peut basculer du mode A au mode P programme intégral, ou du mode M quand on a choisi une vitesse au mode T priorité automatique à cette même vitesse ! Très astucieux mais déroutant au début…

On ne saurait assez conseiller à l’heureux possesseur de l’appareil de commencer par étudier un peu le manuel, qui explique bien l’usage de certains réglages.


Leica S2 vu de dessus avec le barillet de commande des vitesses et des modes.

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