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Prise en main : Yuneec Typhoon H

04/07/2016 | MARC MITRANI

Peu connu en France, où DJI truste les ventes de drones haut de gamme, le chinois Yuneec commercialise depuis quelques jours le Typhoon H, produit étonnant qui devrait intéresser les vidéastes semi-pros.

Prise en main

Le premier contact avec le Typhoon H réserve une bonne surprise puisqu’il est équipé de six moteurs au lieu de quatre. En cas de panne de l’un d’eux, il est encore capable de voler (même s’il devient un peu plus dur à piloter) et l’on pourra le faire atterrir en toute sécurité. Ce n’est pas le cas des quadricoptères concurrents qui ont une fâcheuse tendance à tomber comme des pierres en cas de panne.

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Conçue par Yuneec, la caméra du Typhoon H est stabilisée sur trois axes.

L’appareil est doté d’une caméra CGO 3+ amovible. Pas de zoom — trop compliqué à intégrer sur un produit de ce prix et de cette taille —, mais un stabilisateur sur trois axes très efficace. Le capteur embarqué est un Sony 12,4 Mpxl 1/2,3’’ accompagné d’une lentille 14 mm f/2,8 (en équivalent plein format). La CGO 3+ filme en « vraie » 4K (4096 x 2160 pxl) et en Ultra HD (3840 x 2160 pxl) à 30 im/s. La Full HD est supportée à 24, 25, 30, 48, 50, 60 et 120 im/s. La prise d’images fixes est prévue en 12 Mpxl (Jpeg ou DNG), celles-ci ne pouvant pas être réalisées pendant la captation vidéo. La caméra est motorisée et peut pivoter verticalement sur 90° (afin de filmer vers le sol) et horizontalement sur 360°. On pourra donc réaliser des vidéos panoramiques, le train d’atterrissage pouvant être relevé pendant le vol. Les images et clips sont enregistrés sur une carte microSD à insérer dans l’appareil.

Mise en route simplifiée
La mise en route du Typhoon H ne pose aucun problème : ses six bras se déplient facilement et les hélices se clipsent instantanément. Lors de la première utilisation, il faudra calibrer le GPS de l’appareil. L’opération n’est guère complexe et est détaillée dans l’une des vidéos que le constructeur a la délicatesse de fournir sur une carte microSD.

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La radiocommande est équipée d’un écran 7’’ tactile et fonctionne sous Android.

Le pilotage s’effectue avec une imposante radiocommande équipée d’un écran tactile 7’’ et d’Android. L’interface, uniquement disponible en anglais et en chinois au moment de cette prise en main, nécessite la lecture du manuel d’utilisation pour en appréhender toutes les subtilités. Celui-ci est bien fait et disponible en français. Un retour d’image en 720p est affiché en permanence sur l’écran tactile. Celui-ci n’apparait pas immédiatement à la mise en route du drone et il faudra patienter près de 3 minutes pour en bénéficier. Espérons qu’une prochaine mise à jour du logiciel de pilotage réduira ce délai. Les commandes mécaniques de la radiocommande, dont le fonctionnement est détaillé dans le manuel, sont agréables à utiliser. Toutes ne sont pas encore actives, car réservées à de futures fonctions en développement.

Trois modes de pilotage
Le Typhoon H dispose de trois modes de pilotage. Angle permet de piloter le drone comme si l’on se trouvait à bord (pousser les gaz vers la gauche fera tourner le drone à sa gauche). En mode Smart, le drone se déplace toujours dans la direction où l’on pousse le levier de commande, quelle que soit son orientation. Enfin, le mode Retour ramène le drone vers la télécommande et le fait atterrir automatiquement.
Le mode Smart donne accès aux fonctions « follow me » et « watch me » où le drone suit et tourne autour de la télécommande (et donc du pilote, si tout se passe normalement). On pourra aussi activer la fonction anti-collision grâce au sonar intégré. Celui-ci offre une détection correcte des gros obstacles, mais sera impuissant face aux objets plus petits ou en mouvement (oiseaux, branches d’arbres, etc). Afin d’améliorer les choses, Yuneec propose une version « Pro » du Thyphoon H. Il est équipé d’un module de détection nettement plus sophistiqué, basé sur la technologie RealSense d’Intel. À noter que ce module sera aussi vendu en option afin d’en équiper un Typhoon H qui en serait dépourvu. Nous n’avons malheureusement pas pu le tester, aucun exemplaire n’étant disponible lors de cette prise en main. Enfin, le mode Home En plus de ces fonctions de pilotage classique, le Typhoon H dispose de trois modes avancés, plus spécialement dédiés à la prise de vue. Journey est dédié à la création de selfies aériens (oui…), le drone montant selon les désirs du pilote, prenant une photo et revenant ensuite au point de départ. Un cran au-dessus en matière d’intérêt, Orbit et POI (pour Point Of Interest, soit Point d’Intérêt ) permettent de faire tourner le drone autour d’un objet, la caméra restant fixée sur lui. Avec Orbit, le sujet filmé sera le pilote. Avec POI, le pilote déterminera lui-même le sujet à filmer, le drone étant alors guidé par son GPS.

Curved Cable Camera, mon amour !
Le mode de prise de vue le plus intéressant est sans conteste CCC (Curved Cable Camera, traduit par Yuneec en "Caméra à Trajectoire Courbée"). Celui-ci fonctionne en deux étapes. Vous commencez tout d’abord à faire parcourir au drone un trajet « à blanc », c’est-à-dire en ne vous souciant que de l’emmener aux points-clés du parcours. Lorsque le drone se trouve à l’un de ces points essentiels, effleurez une touche de l’écran afin de le sauvegarder, un trajet CCC pouvant comprendre jusqu’à sept points maximum. Une fois cette sorte de répétition effectuée, le drone effectuera automatiquement le parcours et vous pourrez vous consacrer uniquement au cadrage et à la captation de la vidéo. Les trajets ainsi créés peuvent être sauvegardés et réutilisés à volonté. Pas mal, non ?
Dans la pratique, le CCC fait exactement le boulot demandé et facilite véritablement la vie d’un vidéaste solitaire. Signalons aussi l’existence d’un mode « équipe » où deux opérateurs peuvent contrôler le Typhoon H : le premier le pilote grâce à une mini télécommande optionnelle tandis que le second s’occupe de la captation vidéo.

De belles images
Utiliser le Typhoon H est un véritable plaisir : l’appareil est stable et ne nécessite pas de connaissances approfondies pour être piloté. La caméra produit des images vidéo d’excellente qualité, y compris lorsque la luminosité est moins bonne. La nacelle stabilisée du drone annule efficacement toute vibration et l’on apprécie de pouvoir relever le train d’atterrissage pendant la prise de vue. Les images fixes sont elles aussi remarquables, même si un peu de bruit numérique apparait sous certaines conditions. On tirera alors avantage du format DNG qui permettra d’améliorer le rendu sous Photoshop.
Yuneec indique une autonomie de vol de 25 minutes maxi avec la batterie fournie, ce qui s’avère être absolument exact. On investira de préférence dans une batterie supplémentaire (voire deux) afin de rentabiliser au mieux une sortie.
Malgré ses airs de gros jouet, le Typhoon H — comme tout drone — est loin d’être inoffensif. Ses puissantes hélices peuvent facilement couper un doigt si l’on y prend pas garde. L’appareil en lui-même peut blesser grièvement ou infliger des dégâts matériels conséquents en cas de perte de contrôle, le risque étant heureusement limité par les dispositifs de sécurité intégrés. La prudence reste donc de mise et le respect des règles édictées par la DGAC en matière de pilotage de drone de loisirs est impératif.
Nous ne saurions trop vous conseiller de vous entrainer avec l’excellent logiciel de simulation disponible en option. Celui-ci nécessite afin de fonctionner l’acquisition d’un dongle radio vendu une trentaine d’euros. En le connectant à un PC sous Windows (le logiciel ne fonctionne pas sous OS X), vous pourrez appairer la télécommande du Thyphoon H et vous exercer sur ce simulateur très convaincant.

Typhoon H de Yuneec, 1399 €
Plus d’infos (en anglais) ici.

Fiche technique

  • Drone :
    • Durée de vol : Jusqu’à 25 min
    • Dimension : 520x457x310 mm
    • Poids au décollage : 1950 g
    • Batterie : Batterie Lipo 4S 14,8 V (POWER 4)
    • Capacité/voltage de la batterie : 5400mAh 4S/14.8V(79.9Wh)
    • Chargeur : SC4000-4
    • Transmetteur : Poste personnel au sol ST16
    • Altitude de vol maximale : 122m réglable par GUI
    • Vitesse de rotation maximale : 85°/s
    • Angle de roulis maximum : 35°
    • Vitesse d’ascension maximale : 5 m/s
    • Vitesse maximale en mode Angle : 13,5 m/s
    • Vitesse de descente maximale : 3 m/s
    • Empattement en diagonale : 480 mm
    • Longueur du bras du cadre : 187 mm
    • Dimension du train d’atterrissage : 265x185 mm
  • Caméra :
    • Poids  : 255 g
    • Pixels effectifs : 12,4 Mpxl
    • Objectif de la caméra : 14 mm f/2,8 (équiv 35 mm)
    • Champ de vision : 115°
    • Obturateur électronique : 1/30 à 1/8000 s
    • Distance maxi de transmission vidéo : 1,6 km
    • Système de transmission : 5.2Ghz — 5.8Ghz
    • Vidéo UHD : 4K 30 im/s
  • Télécommande :
    • Système d’exploitation : Android
    • Nombre de canaux  : 16
    • Distance de transmission des commandes : 1,6 km maxi
    • Bande de fréquence de la liaison vidéo : 5.8GHz WiFi
    • Distance de transmission vidéo  : Conformité CE (1,6 km maxi)
    • Dimension de l’écran LCD : 7’’
    • Voltage/capacité de la batterie Li-ion intégrée  : 3,6V 8700 mAh 31,32 Wh Li-ion

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