rectificatif : sur son site, Nikon france himself, parle de 300 000 déclenchements possibles pour l’obturateur du ... D3, grâce entre autres, à l’emploi de kevlar, mais il ne s’agit pas de celui du D300. En consultant attentivement sa brochure pdf , on lit que l’obturateur du D300 est donné pour 150 000 cycles ( c’est d’ailleurs ce chiffre que reprend la presse papier spécialisée dans son ensemble), mais il est curieux de constater que Nikon n’en fait pas un argument marketing de 1er plan ( ça ne figure pas dans les "points forts" de la page de présentation du produit ) par comparaison aux 300 000 cycles de l’obturateur du D3, ainsi que ( je me souviens lors de son lancement ) les 100 000 cycles de celui du D200. L’avantage théorique du D300 par rapport au Canon 40D est encore avéré, mais moins large.
Ceci dit, je suis perplexe sur la com’ que font les grandes marques à propos de la longévité de leurs obturateurs. Il me semble que c’était un argument de poids qui valait pour les appareils argentiques, mais pour les réflexes numériques, le maillon faible n’est il pas plutôt le cher capteur ( oxydation due à l’humidité qui pénètre quand même malgré les progrès de fabrication, risque de vieillissement prématuré par la surchauffe si utilisé souvent en poses longues de nuit ...) ? Ne conviendrait il pas plutôt qu’elles nous causent de la durée de vie estimée de leurs CCD ou CMOS ?
Par ailleurs, quand on voit à la fréquence à laquelle les gammes des réflexes numériques se renouvellent, les grandes marques continuent à fabriquer les pièces détachées combien de temps après l’arrêt de fabrication d’un modèle ? On parlait de 10 ans pour les argentiques, qu’en est il pour les réflexes numériques ? Si j’ai une panne sérieuse sur mon D300 dans 5 ans, sur un autre organe que l’obturateur, pourrai je encore le faire réparer ? En tant qu’ "amateur expert", si je fais 3000 déclenchements par an, c’est déjà beaucoup. 150 000 / 3000 , ça fait 50 ans de marge. Il s’agit de comparer 50 ans et 5 ans ( dans 50 ans, je ne serai plus là pour témoigner de rien ). Le nombre maximum de cycles pour un obturateur de boîtier "expert", plus destiné à une clientèle d’amateur exigeant que pro, à bien y réfléchir, c’est un peu comme la vitesse maximum possible pour une berline sportive, ça fait un peu "gling gling" pour reprendre une expression à la mode.
Si mon D300 me plaît ( je veux dire, s’il a atteint mes critères de qualité personnels pour son rendu d’image ), je peux décider de le garder des décennies, sans rien changer non plus à ma suite informatique actuelle, pourvu qu’elle ne me trahisse pas, histoire de ne pas devenir "high tech dépendant", car ça devient vite une ruine pour l’amateur. Après tout, j’utilise toujours mon vieux FE avec plaisir quand j’ai l’opportunité d’ emprunter un coolscan. Je suis hélas tributaire de la politique de Nikon pour la fabrication de ses pièces détachées, à la première panne venue. Il en est de même pour mon parc d’objectifs. Ce qui m’inquiète, c’est qu’avec le virage du numérique, les grandes marques ont bien compris qu’elles avaient intérêt à nous pousser à acheter leurs nouveaux produits toujours meilleurs, sûres qu’elles sont de notre dépendance à vouloir faire des images toujours plus belles ; c’est là le piège.
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