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Quand le 18-200mm se mesure aux plus grands (1er partie) ?

26/07/2008 | Camille Fresser

En partant pour l’Antarctique, j’emportais avec moi 3 optiques. l
- Le Nikkor AF-S VR DX 18-200 mm f/3,5-5,6G IF-ED pour le reportage.
- L’ultra grand-angle Sigma EX 10-20mm f/4-5,6 pour les larges paysages ou les intérieurs.
- Un téléobjectif professionnel Nikon AF-S VR 70-200mm f/2,8G pour les gros plans animaliers. Je vous propose donc un petit match comparatif pour les focales 18 mm et 200 mm qui caractérisent l’amplitude du zoom transstandard qui nous intéresse.

Match 1 - Grand-angle et phénomènes célestes

Une atmosphère cristalline, des températures très basses, la proximité du pôle sud magnétique et la nuit polaire : l’Antarctique possède tous les ingrédients propices à l’observation de phénomènes célestes rares et merveilleux. Aurores australes, halos de lune ou de soleil, parhélie*, mirages… Je pourrais vous en parler des heures. Plutôt que vous les décrire, je vous propose de comparer les performances grand-angle du Nikkor AF-S VR DX 18-200 mm, avec celles au Sigma EX 10-20 mm.
* Illusion de deux ou trois copies du soleil, due à la présence de cristaux de glace dans l’atmosphère.


[Nikon D200 + Nikon AF-S 18-200mm
18 mm (27 mm, équiv. 24 x 36), 25 s - f/3,5 – 800 Iso - Mode P (Normal).


Parfait pour les ciels nocturnes grâce à sa grande ouverture de F3,5, légèrement limité en largeur de champ par le 18 mm (équivalent 27 mm en 24x36), mais faibles aberrations optiques. Difficile de faire le point manuellement dans l’obscurité épaisse de l’hiver austral, encore moins quand il fait -30° avec du vent (froid ressenti -60°) et que vous vous êtes juste levé en pleine nuit pour l’occasion... Les bâtiments sont donc légèrement troubles. Le laser vert sert à détecter les nuages stratosphériques polaires (chargés de particules rejetées par les industries) responsable de la disparition de l’ozone (le fameux trou).

Ce zoom Nikkor est parfaitement adapté aux ciels nocturnes grâce à sa grande ouverture. Il a l’avantage de n’engendrer que de très faibles aberrations optiques et chromatiques. Avec une sensibilité variant entre 640 et 800 Iso, un temps de pose compris entre 25 et 30 s, et une correction d’exposition positive, les résultats sont rapidement très satisfaisants. Dans le froid, le vent et la nuit, à peine réveillé, il est parfois difficile de faire le point correctement, les bâtiments sont donc légèrement troubles… Le Sigma sur ce genre d’image déforme beaucoup trop la géométrie des bâtiments et le rectitude du faisceau laser.

Pour information, ce laser vert Yag, qui s’élève de la base, sert à détecter les nuages stratosphériques polaires (PSC) dus aux activités humaines et responsables de la disparition de l’ozone. Nous pouvions ainsi détecter les différents constituants atmosphériques et quantifier la présence ou l’absence d’ozone au-dessus du pôle.
ASTUCE : pour les photos de nuit, utilisez la fonction Miroir relevé, pour limiter le tremblement (une pression pour lever le miroir, une seconde pour déclencher). Si vous utilisez un D200 (D2Xs, D300, D3...) vous pouvez aussi employer la superbe option Tempo miroir relevé : l’appareil marque un temps de pause entre la levée du miroir et l’ouverture du rideau (exposition du capteur), ce qui limite énormément le bougé.



[Nikon D200 + Sigma EX 10-20mm f/4-5,6D DC-HSM
10 mm [15 mm, équiv. 24 x 36) - 7s - f/4 – 400 Iso - Mode P (Normal)]


Pour ce halo de lune dont le périmètre sortait du champ offert par le Nikon 18-200 mm, j’ai utilisé le super-grand angle Sigma équivalent à un 15-30 mm en 24 x 36. Les distorsions sont beaucoup plus marquées (en forme de coussinet), parfois inesthétiques, mais cette focale permet d’englober un très large panorama. Certains logiciels (ex : DxO Optics Pro) permettent néanmoins de rattraper ces aberrations.

Le halo étant presque éblouissant par rapport au décor, je préfères limiter le bruit numérique en bridant le capteur à 400 Iso, avec seulement 7 s de temps de pose. Fort heureusement, le sol gelé est aussi éclairé par les réverbères orangés de la base, ce qui donne ces douces lueurs orangées. Le piqué est bon, la distorsion visible mais l’effet reste agréable.

En revanche ce que j’ai toujours reproché à ce 10-20 mm, c’est son ouverture minimale de F4 à 10mm et de F5,6 à 20mm. A focale identique (18 mm), le Nikkor ouvre à 3,5, tandis que le Sigma passe à F5,6, un peu sombre tout de même. Avantage donc pour le 18-200 mm qui est deux fois plus lumineux au 18mm.

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