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RawTherapee 5 : le raw libéré

14/03/2017 | Laurent Katz

Tournant sous Linux, macOS et Windows, ce pur développeur de fichiers Raw habite dans l’univers du logiciel libre. Il est donc gratuit, ce qui n’empêche pas sa constante évolution, la récente version 5 le prouve. Pas forcément conçu pour être mis dans toutes les mains, il offre une pléthore de réglages, certains inhabituels et très techniques. Avec la prise en charge des fichiers Raf émanant des capteurs X-Trans de Fujifilm, pas faciles à dématricer correctement.

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La visionneuse dispose, panneau de droite, d’un outil de filtrage selon certaines données Exif (cliquer pour agrandir).

RawTherapee n’est pas un concurrent des produits commerciaux, qu’ils soient destinés au grand public, aux amateurs avertis ou aux professionnels. Même s’il gère les étoiles et les notes de couleurs, il ne s’inscrit pas dans la famille des catalogueurs et des gestionnaires de flux de travail. Et sa technicité n’en fait pas un logiciel que l’on aborde les mains dans les poches. Son champ d’action n’est pas celui des retouches locales, de la gestion des calques ou de l’exploitation des photos pour les partager dans un nuage, sous la forme de galeries web ou de diaporamas. Alors, que fait-il ? Du développement Raw, même s’il mouline les Tiff et les Jpeg. Dans ce domaine, il offre les réglages de tonalité, d’accentuation, de couleur, de réduction de bruit et de recadrage avec une abondance inhabituelle d’options et de méthodes, qui demande, pour beaucoup, de se plonger sérieusement dans les ressources du web pour en comprendre la teneur.

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Paramètres de conversion des Raw de type X-Trans.

Si je vous dis « Traitement par ondelettes » (une technique de représentation mathématique de l’image, employée par la compression Jpeg 2000) ou « Retinex » (une méthode utilisée par Hewlett-Packard du temps où elle concevait des compacts numérique), cela risque de vous décontenancer. Ce sont deux importantes nouveautés de la version 5. La première apporte des gestions de la tonalité, des couleurs, de l’accentuation et du bruit, différentes de celles existantes et s’appliquant aux représentations RVB ou Lab de l’image, la seconde amène des améliorations de contraste. Et je dois avouer que les explications du manuel en ligne restent parfois en dehors de mon niveau de compréhension immédiate. Tout comme l’étendue du paramétrage et des courbes servant à affiner les traitements. Et quand il s’agit de reconstituer les données RVB à partir du Raw, ce ne sont pas moins de neuf méthodes qui cohabitent pour les capteurs classiques à matrice de Bayer. Il y en a cinq pour celles qui sortent d’un Fujifilm à capteur X-Trans, avec des résultats intéressants qui demandent là aussi, d’être expérimentés en liaison avec les méthodes d’accentuation, de gestion du bruit et d’ajustement du microcontraste, pour parfaire le rendu.

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Dématriçage des Raw Fujifilm X-Trans : élimination miniimale des fausses couleurs.
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Dématriçage des Raw Fujifilm X-Trans : élimination maximale des fausses couleurs.
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Dématriçage des Raw Fujifilm X-Trans : Jpeg émanant d’un X-100s.

Il est sûr que le logiciel n’est pas fait pour tout le monde et qu’il vise un public bidouilleur qui aime la technologie et se sent l’âme expérimentatrice. Il propose plusieurs réducteurs de bruit, des gestions de la netteté à foison et des ajustements en tous genres à ne plus savoir où donner de la souris, il importe de prendre la mesure des réglages, à la fois pour en appréhender la liste et pour mesurer leur influence sur le rendu. Ce qui risque de prendre pas mal d’heures, sinon de jours. Heureusement, on trouve ici un site de type Wikipedia dédié à la compréhension des fonctions. En français (la version anglaise est plus à jour) et relatif à la version 4.2 lors de l’écriture de ces lignes.

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Section de développement : quelques-uns des nombreux ajustements de tonalité (cliquer pour agrandir).
(photo LK)

Cependant, même si vous préférez la relative simplicité d’un Lightroom ou d’un Camera Raw, voire celle d’un DxO Optics Pro ou d’un Capture One Pro, un peu plus complexe, je ne saurais vous conseiller de jeter un œil au logiciel et de jouer avec ses réglages, ne serait que pour découvrir ce que n’offrent pas les ténors du genre ou mesurer l’impact d’un ajustement sur le rendu. Et peut-être que vous trouverez des réponses pour certaines images « difficiles ». Notamment celles sorties du capteur X-Trans de Fujifilm qui sont les moins aisées à traiter.

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Section de développement : réduction du bruit (cliquer pour agrandir).

Le logiciel tourne dans les principaux environnements informatiques. Faute d’avoir Linux d’installé, mon expérience sous macOS avec un MacBook Pro ayant deux ans d’âge, a été pénible, voire impossible, le logiciel refusant de détecter mes photos après quelques plantages et une réinstallation à la hussarde. Sous Windows 8.1, avec une machine de bureau Asus ayant supporté depuis quatre ans des centaines d’installations, ans, je n’ai rencontré qu’un plantage, sans conséquence pour la suite des opérations. Précision d’importance, RawTherapee est francisé et téléchargeable ici.

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