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Retour à l’état de nature avec Éric Valli

30/12/2011 | Benjamin Favier

Conte ? Récit documentaire ? Si les images laissent imaginer un monde parallèle, le texte détaillé s’apparente à une étude ethnologique. Avec la fraîcheur et l’enthousiasme d’Éric Valli en plus…


Rencontres hors du temps fait partie de ces livres qu’on ne repose qu’une fois la dernière page dévorée. Au même titre qu’Olivier Föllmi, Éric Valli excelle dans l’art du récit de voyage. Il sait transmettre le virus de la découverte de nouveaux horizons, souvent lointains. Aussi bien par les images que par les mots. Le photographe, rendu célèbre par ses reportages sur les chasseurs de miel au Népal et son long-métrage, Himalaya, l’enfance d’un chef, a cette fois exploré un territoire pour le moins inattendu, quand on connaît son œuvre : les États-Unis. Loin des barres d’immeubles new-yorkaises ou des bancs de sable californiens, il est parti à la rencontre des « off the grid ». Ces hommes et femmes qui ont choisi de vivre en marge de la société de consommation, en renouant contact avec la nature. Sans carte de crédit, téléphone ou téléviseur. À mille lieues des affres de la crise économique.

Simplicité

Lynx, John, Mason, Tod… Ce ne sont pas leur vrai nom. Peu importe. Éric Valli a vécu auprès de chacun des protagonistes de l’ouvrage, pour comprendre comment ils en étaient arrivés là. Comment un ancien col blanc, à qui tout souriait, a fini par devenir trappeur. Comment une magnifique femme blonde, au physique élancé, a décidé de revenir à l’âge de pierre. Les quatre récits qu’il nous propose s’apparentent à des fables. De la réalité, il est pourtant souvent question, au détour de divers réflexions sur la société de consommation. Constats naïfs ? Le discours de Mason, empreint de références religieuses, peut faire sourire. Tout comme l’accoutrement « guerre du feu » de Lynx, lorsqu’elle joue de l’arc égyptien pour faire jaillir quelques flammes. Ou les stratégies burlesques de Tod pour récupérer de la nourriture dans les bennes à l’arrière des supermarchés.

Il n’en est rien. Grâce à ses superbes clichés en couleur, effectués avec ses Leica argentiques, le photographe montre au contraire des gens authentiques, persuadés du bien-fondé de leur choix. À commencer par Mason, robuste gaillard à la longue barbe grisonnante. Avec son chapeau de cow-boy et son Smith & Wesson, il semble tout droit sorti du plateau de tournage d’un western. À ses côtés, Éric Valli admire la sérénité que dégage cet homme. Sans tomber dans la fascination. Il livre un portrait juste, tout en nuances. On repense au livre Into the wild, de John Krakauer, formidablement adapté à l’écran par Sean Penn. Le poème de Robert W.Service qui introduit le film est d’ailleurs cité dans l’ouvrage. Éric Valli parvient à nous faire vivre son périple dans les contrées les plus reculées des USA avec la même intensité, la même euphorie. Une superbe épopée à savourer, de préférence, au coin du feu…

- Photos : Éric Valli


- Rencontres hors du temps
- Par Éric Valli
- Éditions de la Martinière
- 19,5 x 26 cm
- 208 pages
- 25 €

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  • Retour à la nature ? Sans carte de crédit, ni téléphone portable ? Mais avec un bon vieux Smith & Wesson ! Taillé dans une racine de sequoia sans doute ? il fait -peut-être- de bonnes photos, mais il nous prend pour des gogos, à coup sur :-(

  • J’admire leur démarche : vivre en consommant 10x moins que leurs semblables tout en se sentant plus vivant... me parait moins absurde que de s’endetter pour se payer une TV et s’abrutir devant (et en forêt, le couteau ou le fusil me parait plus utile que la carte de crédit).

    Je consomme et possède relativement peu de choses, ce qui me donne une liberté que j’apprécie (par rapport à des amis qui gagnent 2 fois plus et n’arrivent pas à joindre les deux bouts).

    J’ai également noté que beaucoup de photographes consommaient à outrance (un boîtier et des objectifs pro... pour des photos souvent banales). Je me demande s’il n’y a pas là aussi un problème : se donner l’impression d’exister à travers le matériel...